Mensonges...

Petit bisous, le couple Balkany affiche son bonheur. Celui d'être sous le soleil financièrement selon LIBéRATION ce matin. Le journal a eu accès a de nouveaux éléments de l'enquête qui relie le couple d'élus des Hauts-de-Seine à deux villas de Marrakech et de Saint Martin. En sont-ils propriétaires ? Lors de sa première garde à vue, Isabelle Balkany a nié jusqu'à l'absurde. Le contrat multirisque habitation au nom de Patrick Balkany ? Je ne reconnais pas la signature de mon mari. Les paiements en liquide des employés de maison ? L'Urssaf s'est trompé. Jusqu'à ce qu'elle avoue. La villa avec piscine de Saint Martin ? C'est une vieille histoire d'héritage en provenance de son père.

Isabelle Balkany gênée d'avoir un compte en Suisse a transformé cet argent en achat immobilier. Patrick n'a rien à voir là-dedans. Le riad de Marrakech maintenant. Plus complexe. Une société panaméenne qui a un compte bancaire à Singapour et au bout de la chaîne, Jean-Pierre Aubry, bras droit de Patrick Balkany. Mais il nie en être propriétaire. C'est Isabelle Balkany qui a été la plus loquace, à son insu en fait, via une écoute téléphonique au printemps 2013.

  • Viens au moins une semaine à Marrakech j'ai les enfants, dit-elle à une amie. J'ai invité ma belle-soeur. Je vais lui demander quelle semaine elle prend.

  • Ok chérie. Mais ça commence à devenir un peu honteux de venir systématiquement.

  • Honteux de quoi ? demande Isabelle Balkany//

  • De venir chez toi... répond l'amie//

D'où vient tout cet argent dont dispose le couple Balkany ?

Emmanuel Fansten et Renaud Lecadre de LIBé évoquent la piste des commissions africaines. Patrick Balkany a été le monsieur Françafrique de Nicolas Sarkozy.

Extrait du numéro de Libération du 24 février 2015
Extrait du numéro de Libération du 24 février 2015 © Radio France

La Françafrique au coeur aussi du bombardement de Bouaké en Côte d'ivoire en 2002.

Rien à voir avec le couple Balkany. L'HUMA révèle ce matin, les documents qui accusent. Plus de doutes sur la préméditation de l'attaque qui a coûté la vie à 9 militaires français. Les pilotes et les mercenaires détenus par les militaires français en Côte d'Ivoire n'ont jamais été interrogés. Ils ont tous été relâchés sur ordre de Paris. Trois canaux différents sont intervenus. Dominique de Villepin pour le ministère de l'Intérieur, le ministère de la Défense et celui des affaires étrangères. On comprend juste qu'il fallait finir la guerre entre Gbagbo et la rébellion. A l'origine, la cible était une réunion de rebelles qui se tenait prétendument près du lycée Descartes où étaient stationnés les militaires français. 13 ans après, Michel Bonnecorse, le conseiller Afrique de l'Elysée de l'époque contacté par L'HUMA, dénonce une fable invraisemblable.

13 ans après, la Côté d'Ivoire a changé de visage.

Il a pris celui de Simone Gbagbo qui comparaît depuis hier, à Abidjan, pour atteinte à la sûreté de l'Etat après les évènements post-électoraux de 2010-2011. Elle n'a pas été volcanique. Mais toujours à cheval entre cordialité et colère écrit Solène Chalvon de LIBé. Elle dénonce la communauté internationale. Incendie Nicolas Sarkozy au passage. Mais de quoi se mêlait-il ? Nous menions des débats entre Ivoiriens. Ce procès est une grande blague pour l'avocate de Simone Gbagbo. Il n'y a ni preuves, ni faits matériels. Et ses propos reflète le sentiment général. On s'attendait à un manque de sérieux, mais pas de cette amplitude se désole un cadre de l'ONU présent.

Pourtant il y a des choses à reprocher à Simone Gbagbo selon le site JEUNE AFRIQUE. Une image de la femme puissante. Octobre 2000, elle entre au bras de Laurent son mari, dans le Palais présidentiel sous les applaudissements. Dehors, l'air est encore chargé de poudre et de l'odeur des cadavres. C'est un de ces instants qui renforce la certitude que l'Eternel existe dit-elle. Un autre vie commence écrit François Soudan, au goût de nectar empoisonné qu'elle boira comme le vin du calice dans le psaume 75, verset 9 de la Bible. Jusqu'à la lie.

Guerre de religion au dîner du CRIF hier.

Qu'il semble loin l'esprit du 11 janvier écrit Bruno Dive dans SUD-OUEST. Un mois après la manifestation qui a vu les dirigeants et les les dignitaires défiler main dans la main, pour défendre les valeurs de la République. Voici que les musulmans boycottent les dîner annuel du Crif. Il aura suffi d'une déclaration, certes maladroite du président du Conseil représentatif des institutions juives de France, pour mettre le feu au poudre. Comme si l'interminable conflit du Proche Orient s'était directement transposé chez nous.

Au-delà de ce qu'il s'est passé hier soir, se pose une question ce matin, à longueur de pages. On n'est pas dans le "peut-on rire de tout" ici. Mais dans le peut-on tout dire ?

La réflexion est menée par Florence Couret dans LA CROIX.

Le gouvernement s'apprête à renforcer la lutte contre le racisme et l'antisémitisme; Nul plan, nulle mesure ne parviendront dit-elle, à endiguer la haine, si chacun, dans l'exercice de son droit à exprimer une idée, ne cherche pas dans le même élan... à s'automodérer.

Peut-on y voir alors une forme d'auto-censure ?

Catherine Sinet cofondatrice de SINé MENSUEL répond au MONDE. On ne peut pas dessiner la tête du Prophète sans risquer la mort comme à CHARLIE. Il faut être précautionneux avec la réligion juive et ne pas insulter les cathos. Analyse de Raphaëlle Bacqué toujours dans LE MONDE. On est sous influence américaine. Les croyances religieuses s'imposent de façon bien plus stricte. La liberté d'expression s'arrête à ce qui peut être jugé provocant.

On ne peut donc pas tout dire ?

C'est selon. Prenons le cas du bonus d'arrivée du nouveau patron de Sanofi. Nicolas Beytout dans L'OPINION se demande où est le curseur de l'indécence. Le patron de Sanofi est à un niveau de responsabilité et de risque qui le met dans une toute petite population, très bien payée parce que rare et révocable d'un claquement de doigts.

Plutôt que de parler risque et rareté. L'acceptation de ces montants dépend plusse de nos rêves et de nos frustrations pour Didier Rose des DERNIèRES NOUVELLES D'ALSACE. Et puis d'ailleurs, on n'a pas perçu d'indignation dans la récente loi Macron avec les allègements fiscaux accordés aux actions gratuites des patrons.

Peut-on tout dire ?

Peut-on par exemple, engager le Charles de Gaulle aux avants postes de la guerre contre le groupe état islamique sans oser dire que le budget des Opex, les opérations extérieures est systématiquement sous-évalué. Et que comme le souligne Guillaume Guichard dans LE FIGARO, c'est au final, l'ensemble des ministères qui par solidarité comble les trous de la Défense.

Après l'épisode 49-3, va-t-on tout se dire ce soir, au bureau national du PS ? Et qu'en saura-t-on à la sortie ? François Hollande versera t-il une larme comme on peut le voir avec ce dessin de Kak qui parodie la dernière Une de CHARLIE HEBDO. Un casque sur la tête, un panneau dans les mains : Je suis frondeur. Et au-dessus tout est pardonné.

Finalement ce matin encore, c'est bien la future Une de CHARLIE HEBDO qui sort demain, qui résume tout. CHARLIE HEBDO repart avec une meute d'emmerdeurs aux trousses. Allez c'est reparti !

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.