Salon de l'agriculture, les ageekculteurs, les députés one shot qui en ont gros sur la patate, les candidats...et les média pingouins

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La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Les vaches à l’honneur ce matin…

Oui, parce qu’une fois par an les Parisiens peuvent rencontrer des vaches, des vraies je veux dire ! Celle qui illustre cette année l’affiche du 54ème salon de l’agriculture s’appelle Fine, elle a 6 ans, elle mesure 1 mètre 17 au garot, et vient de Plessé près de Nantes nous révèle le Figaro ce matin. Alors, beaucoup d’interrogations dans vos journaux sur l’agriculture française en crise, sur les nouvelles filières agricoles plus sociales et responsables plébiscitées par les consommateurs qui veulent dans leur assiette, des produits avec un « supplément d’âme » comme nous le raconte Emmanuelle Ducros dans l’Opinion, sur les ravages aussi de l’agriculture intensive « qui coûte finalement beaucoup plus cher qu’elle ne rapporte », détaille l’Humanité, facture à la clef en matière environnemental et sanitaire notamment.

Pour trouver une vision plus heureuse du monde agricole, lisez le magazine WE (oui) demain. On y découvre les « a geek culteurs », ceux qui pratiquent déjà l’agriculture 3.0. « 8 heures du matin, près de verdun. Pascal Kardarch élève 30 vaches et taurillons, mais il peut rester encore un peu au chaud. « prochain vélage attendu dans 48h » le prévient un sms envoyé par les colliers électroniques qui mesurent en continu les températures de ses vaches. Quand la mise à bas commence, toujours à distance via son téléphone, Pascal peut diriger la caméra de surveillance de l’étable et zoomer sur l’animal avec une netteté cinématographique parait il. L’idée dit il, est de veiller sur les bêtes sans sortir de son lit à 3H du mat, et alléger un peu le travail des éleveurs ». Alice Pouyat dans son article recense toutes les innovations futuristes qui transforment peu à peu le quotidien des agriculteurs, des lunettes pour détecter les maladies sur les cultures, des drones qui survolent les parcelles pour mesurer le besoin en eau, des applications qui donnent des conseils de fertilisation. « Meilleur rendement » témoigne Thierry cultivateur dans le Pas de Calais, mais aussi moindre utilisation de produits chimiques se réjouit celui qui se dit sensible aux questions écologiques. Reste que l’utilisation de cette nouvelle intelligence dite « agri-ficielle » est pour l’instant un luxe souvent réservé aux grands céréaliers, pas au petit producteur de lait de brebis à Roquefort. Et pourtant, même les petits parfois, ceux notamment qui plaident pour la permaculture et le biomimétisme jouent au geek, l’un d’eux a développé un site de financement participatif qui a déjà collecté 2 millions d’euros pour soutenir une centaine de projets agricoles écologiques. Produire davantage, plus propre ou plus solidaire, dans l’agriculture comme ailleurs, la révolution numérique ouvre le champ des possibles. Pour le pire, ou le meilleur. Dans l’agriculture donc comme ailleurs !

On poursuit dans un autre champ…politique cette fois. Fin de la session parlementaire avec la présidentielle qui s’approche. Et un renouvellement assuré.

« Monsieur propre raccroche » titre en Une le Courrier Picard pour annoncer que René Dosière, député de l’Aisne, connu pour traquer le gaspillage de l’argent public ne se représente pas. Il y en a bien d’autres, Claude Bartolone, on l’a appris mercredi, 11 députés sur 33 de la région Hauts de France annonçait cette semaine La voix du Nord, une véritable hémorragie… Le Parisien magazine s’intéresse ce matin à ceux qui ont choisi de quitter l’assemblée nationale au terme de leur premier mandat. Il y a certes la loi sur l’interdiction du cumul des mandats qui en a poussé une partie à préférer leur commune au parlement, mais pas que. 12 autres ont choisi, de leur plein gré de s’éloigner de la vie politique, tous de gauche. « Preuve du mal être de ces députés one shot, certains raccrochent avant même leurs 40 ans » écrit Mathieu Deprieck. Pourquoi ? « mandat éprouvant, climat de suspicion général, les citoyens se laissent gagner par l’air du « tous pourris » ; un reproche insupportable pour ceux qui travaillent d’arrache-pied sur des sujets peu médiatisés comme l’orientation professionnelle par exemple. « on se tue, raconte l’un à écrire des rapports très documentés qui sont moins lus qu’un tweet », quand d’autres pointent avec amertume les députés-bfm, ceux qui versent dans la politicaillerie en délaissant la grande politique. Il y a bien sûr, le climat particulier du mandat de François Hollande, qui a fait découvrir aux frondeurs, comme Pouria Amirshahi, un « monde aux rites désuets », où si on n’est pas d’accord, on est privé de parole en séance publique. Il y a l’engagement chronophage d’un tel mandat. Entre 50 et 80 heures de boulot par semaine, les vacances, les soirées, les week end où on ne peut pas éteindre son portable. La sensation aussi de ne plus être en phase avec la politique telle que la concevait leurs ainés, multiplier les mandats ad vitam aeternam. Ils ont donc choisi de s’appliquer immédiatement le principe de non confiscation du pouvoir. Les professionnels de la politique ont du mal à comprendre parait il, mais les électeurs aussi parfois s’amuse l’un des partants « lors de ma tournée d’adieux dans ma circonscription, j’ai eu l’impression d’assister à mon enterrement, les gens ont cru que je souffrais d’une maladie grave ou que je traversais une grave crise conjugale ». Non, ça s’appelle juste le renouvellement démocratique

Il y a ceux qui raccrochent et ceux qui sont pleinement investis dans la campagne

Interview aux Echos ce matin du candidat Emmanuel Macron pour détailler son « programme économique ». Dominique Seux vous en a parlé.« Ni purge à la Fillon dit il, ni défaite quant au travail à la Hamon, je pense plutôt au changement en responsabilisant chacun des acteurs » plaide t il. Et au-delà des chiffres égrenés depuis ce matin, 60 milliards d'économies, 50 d'investissement publics, on retiendra en effet de cet entretien, la prudence stratégique de certaines formulations. Suppression du nombre de fonctionnaires sur le quinquennat ? « Il est possible de ne pas renouveler 120 000 postes avance Macron, mais ce n’est pas un objectif précise t il, c’est un référentiel, ce sera aux ministres de faire des choix ». Possible donc, mais pas sûr. Forme de promesse électorale assez novatrice

« La petite union de la gauche », c’est ainsi sur Libération qualifie le ralliement du candidat écolo Yannick Jadot à Benoit Hamon. Sur le site de l’Obs, Cécile Amar raconte les coulisses autour de la corbeille des mariés. Bien sûr, les grandes promesses écolos, mais aussi des postes de députés. Avec une petite crise autour de cécile Duflot, Anne Hidalgo n’en voulait plus à Paris, mais finalement Hamon a du céder.Dans la corbeille, une petite place aussi, pas prévue pour l’un des mariés, Jadot en personne. Mais ce matin, l’intéressé dément. Je suis un député européen heureux et n’ai pas l’intention d’être élu ailleurs vient il de dire. Y en a encore à découvrir visiblement dans la corbeille des mariés

Et puis « Mains sales, tête haute » titre Libération ce matin en détournant un vieux slogan Fn, qui vantait les « Mains propres » du parti… avant de crouler sous les affaires judiciaires. Pour autant, « c’est intriguant, relève Guillaume Goubert à la Une de la Croix, toutes ces affaires continuent de glisser sur les intéressés comme sur les plumes d’un canard. Ce sont bien des affaires pourtant, et pas une cabale politique » plaide t il. oui, on n’a pas fini de s’interroger sur cette intrigue de l’eau qui ruisselle sur les plumes de certains canards

On termine par des medias en lutte

Courrier International accueille ce matin dans ses colonnes Cumhurryet, le principal quotidien d’opposition turc, l’un des symboles de la lutte contre la répression menée par le président Erdogan. L’un des grands éditorialistes du journal, nous raconte la tentative de mise au pas de toute l’information dans ce pays, comment ça fonctionne. Durant le mouvement de protestation de Gezi en 2013, une chaine télé d’info a préféré diffuser un documentaire animalier sur les pingouins plutôt que de couvrir les événements. Depuis dit il, nous appelons ces media obéissants les média pingouins…Mais ne pas être un média pingouins, se fait au désormais au prix de sa liberté voire de sa vie en Turquie…

Aux Etats-unis, le New York Times diffusera dimanche soir lors de la grande soirée des Oscars, une pub, la première en 7 ans, spot qui va se décliner autour de la vérité, « la vérité est plus importante que jamais aujourd’hui », une réponse évidemment à Trump qui accuse les medias de diffuser de fausses informations, et qui les désigne comme « l’ennemi du peuple américain ». Le Washington post a lui ajouté sur son site depuis une semaine, la bannière « la démocratie meurt dans l’obscurité ». Ne pas être Pingouins, la lutte vaut partout

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