C'est "un cataclysme (...) le pire est peut-être devant nous" avertit ce matin Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires Etrangères. La situation de la Ghouta Orientale, en une de Libération ce matin.

Avec le témoignage poignant d'une syrienne vivant sous le siège de l'armée du régime de Bachar el-Assad. Une mère avec deux enfants, qui passent les nuits dans un abris souterrain glacial avec un cinquantaine de familles. Chaque matin, elle découvre une ville méconnaissable. Les immeubles encore debout hier, finissent, un à un, détruits par les bombardements. L'intensification des tirs a figé la vie, raconte-t-elle. Le pain est introuvable, 1 repas par jour c'est la fête. "Les enfants ne vont plus à l'école, les gens ne peuvent plus travailler, ils se terrent..."

Et la jeune femme de conclure...

"Je me demande parfois s'il ne vaut pas mieux mourir que continuer à les subir".

Elle qui évoque les précieux silences entre les attaques violentes sur place, en crée un de silence, chez le lecteur impuissant face à cette phrase ce matin.

Un silence hélas funèbre.

Une autre actualité fait la une... Le Salon de l'Agriculture.

C'est à peine si on les voit en photo, dans les pages de nos quotidiens nationaux. Elles ont pourtant leur plus belle robe, toutes apprêtées, prêtes à défiler et à entendre crépiter les flashs des paparazzis amateurs tout le weekend. La plus connue d'entre elles s'appelle "Haute", c'est la star en théorie... Mais il doit bien y avoir une Marguerite aussi. Un salon sans vache qui s'appelle Marguerite ce ne serait pas un salon.

Mais à lire la presse nationale ce matin, c'est à croire que les stars du Salon de l'Agriculture cette année, ce ne sont pas les vaches. Ce sont les éleveurs, les producteurs, ET le chef de l'Etat... Comme un symbole d'un secteur en crise.

Macron face au malaise du monde agricole titre Le Figaro ce matin. Un baptême du feu pour le président de la République qui doit se plier aujourd'hui, à cet exercice majeur de la vie politique d'un chef d'Etat français… La visite du Salon. Il aurait prévu d'y passer plus de 12 heures, d'arriver avant l'ouverture et d'en partir après la fermeture, nous explique le journal, afin de montrer qu'il est à l'écoute des professionnels.

Ces mêmes professionnels qui se mobilisent depuis plusieurs années. Ces dernières semaines surtout. Font entendre leur colère de voir leur métier changer, de voir leur situation financière empirer et de voir qu'ils sont aussi impuissants que ceux qui nous gouvernent. La faute à la concurrence internationale. A la grande distribution à coups de guerre des prix et de guerre des promos, tout cela autant pénalisant pour le producteur que pour le consommateur comme l'explique le dossier dans Le Parisien du jour.

Alors aujourd'hui, presque tout le monde verra Emmanuel Macron. "On table sur 20 minutes par stand" précise un conseiller de l'Elysée sans trop y croire. On a tout son programme. RDV avec les organisations syndicales. Ensuite, photo avec Haute, la mascotte du Salon. Et tournée des stands, viandes, lait, fruits et légumes, céréales et pour finir, les brasseurs, évidemment, pour digérer.

Un président des villes, ou en tout cas perçu comme tel, à la rencontre du monde rural. "Il sait qu'il n'aura pas droit qu'à des applaudissements et des selfies sur son passage" prévient Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne. Mais le Salon de l'agriculture, est l'étape importante d'une opération séduction lancée par l'Exécutif. Il faudra convaincre. Le chef de l'Etat préfère le "faire" au "plaire" rappelle Marc Dejean dans le Courrier de l'Ouest. Il faut vite passer de la parole aux actes.

Quitte à y laisser des plumes... Ou un costume ! "Il n'y aura pas de dispositif spécial anti-œuf" raconte un proche du président. Référence à l'œuf lancé par un jeune agriculteur sur Emmanuel Macron. C'était au même endroit, l'année dernière, pendant la campagne présidentielle. Mais d'ajouter, prévoyant, quand même car le malaise est bien là : "on a pris plusieurs costumes de rechange...

Les nouveaux modèles d'agriculture plutôt que sur les vaches et les cochons.

Pas de marronnier. L'agriculteur du 21ème siècle est à l'honneur. Pour Libération, c'est celui va qui s'affranchir au maximum de la grande distribution, en s'organisant entre producteurs pour vendre les produits au juste prix, qui va satisfaire l'envie de manger local du consommateur. Sans oublier celui qui va produire bio...

Pour Le Figaro, en revanche, l'agriculteur nouveau doit se diversifier. "Le paysan est devenu un multi spécialiste", explique l'économiste Pascal Perri dans les colonnes du journal, "il doit être un ingénieur du vivant, un expert en informatique, un juriste en droit social, de l'environnement et de la santé, sans oublier le volet gestionnaire, financier, expert-comptable", un expert des marchés et un professionnel du tourisme... A lire ce monsieur, on donne raison aux agriculteurs qui affirment que leur métier, celui simplement de faire pousser ou d'élever des animaux, est en train de disparaitre.

Le positif ce matin, nous est proposé par le magazine sur Internet Basta Mag... Qui nous présente le travail de l'Atelier Paysan, une coopérative qui aide les agriculteurs à retrouver un peu d'indépendance. Ils organisent par exemple des formations à l’auto-construction, d'autres destinées à l’amélioration d’outils, et à la réparation d’équipements.  Bref, tout ce qui permet aux exploitants d'éviter d'acheter des machines qui s'usent vite, pas toujours adaptées, à des prix exorbitants et donc de s'endetter jusqu'à la corde.

On y découvre aussi des outils, pensés par des ingénieurs de la coopérative avec les agriculteurs, et fabriqués tous ensemble. Avec des noms fantastiques... J'ai passé des heures à les découvrir ce matin : le Cultibutte, l'Aggrozouk, ou encore, le Dahu. 

Le Dahu, c'est cet animal mystique qu'on trouve dans les zones rocheuses françaises. On décide généralement d'aller le chasser après l'apéro, mais personne n'a jamais réussi à l'attraper puisque le Dahu possèderait 2 pattes latérales plus courtes qui lui permettent de s'échapper rapidement par des pentes impraticables pour l'Homme.

L'outil qui porte ce nom est bien réel lui. Il permet de travailler le sol dans les vignes en travers des pentes. C'est la technologie et les outils modernes qui s'adaptent pour une fois, aux caractéristiques de chaque exploitation, aux besoins de chaque agriculteur. Et permettent de leur faire espérer, à défaut de le garantir, un futur meilleur.

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