Patrick Cohen : Dans la presse aujourd'hui : à la recherche des angles morts... Bruno Duvic : Si quelqu'un aujourd'hui devait prononcer cette phrase célèbre : "A nous deux, Paris !", ce serait lui. Mathieu Pigasse, 42 ans, 1m86, trois enfants, et toutes ses dents. La banque la plus influente de France, Lazard, c'est lui. Le quotidien de référence, Le Monde, encore lui, l'hebdomadaire des branchés, Les Inrockuptibles, toujours lui. Et on vous passe les activités annexes, dans l'hôtellerie, le luxe ou la culture. Quelles sont les zones d'ombre de ce nouveau Rastignac ? La Revue-21, sous la plume de Jean-Pierre Perrin, consacre un long portrait à cet homme qui à 10.000 morceaux de musique dans son I-Pod. Mathieu Pigasse et ses contradictions, qui font à la fois son charme et son mystère... Protestant et amateur de haute-couture, banquier et fan de musique punk, riche comme Crésus mais de gauche. Comment expliquer un tel parcours ? Au fil de l'article, on découvre des hommes d'influence : Alain Minc, Dominique Strauss-Kahn, des succès éclatants, du culot, des prises de risque, des trahisons. Une admiration folle pour son père, mais un silence de plomb à propos de sa mère. Comment devient-on le quasi roi de Paris en 2011 ? Un économiste répond dans les colonnes de "XXI". "Pigasse est malin, totalement inculte, c'est propre à sa génération, mais malin. Il réalise des connections entre les gens grâce à son charme, son culot et son sens du commerce. Il serait capable de vendre des réfrigérateurs à des Esquimaux !" Il vit à l'hôtel Coste, adore la téléréalité et conduit parfois sans but, la nuit, au volant de sa voiture. Où veut aller Mathieu Pigasse ? C'est la vraie zone d'ombre de ce portrait. Au Monde, la recherche d'un nouveau directeur de la Rédaction se fait dans la douleur et une certaine opacité. A quelques mois de l'élection présidentielle, la politique le tente diablement. C'est un banquier dans une époque dérangée, écrit "XXI". Mathieu Pigasse ne boit que du coca et mange très peu. Il dit pourquoi : "J'ai peur de la sensation d'être repus". Zones d'ombre, business et temps dérangé... Sur ce thème, encore deux articles à signaler. Sur le site Mediapart, après la condamnation en première instance de Jean-Marie Messier, Laurent Mauduit retrace le parcours du Pigasse des années 90 (en termes d'influence et de surface médiatique). Il fait du destin de Messier, le résumé de l'entre-soi des élites françaises, entre-soi qui a toujours cours, selon Mauduit. Enfin, cette petite brève dans Le Figaro : les retrouvailles publiques des Bettencourt mère et fille. Elles assisteront ensemble, aujourd'hui, au défilé haute-couture d'Armani, place Vendôme. Patrick Cohen : A la recherche des angles morts, suite... Direction : la Tunisie... Bruno Duvic : Angle mort de la révolution : pour l'instant, les prisons... C'est l'article du jour dans Libération, signé Christophe Ayad. Jeudi dernier, le tout jeune gouvernement tunisien a adopté une mesure d'amnistie : tous les prisonniers politiques, islamistes compris, doivent être libérés. Mais pour l'instant, les geôles restent fermées. Et dans le contexte d'incertitude que connaît le pays, elles sont de plus en plus dangereuses. "Les prisonniers vivent dans un état de terreur", dit un avocat. Angle mort donc, mais faut-il rappeler que cette révolution n'a que dix jours. Dans La Croix, Agnès Rotivel regarde du côté lumineux de la force. L'explosion de la parole et du débat politique... A Tunis, l'avenue Bourguiba est devenue une agora. Tous les jours, de 8h à 20h, moment du couvre-feu, on descend et on discute. La jeunesse tire les petits vieux, l'intelligentsia suit, les ouvriers manifestent. On s'interpelle dans les cafés, dans la rue, on parle de la situation avec des gens qu'on ne connaît même pas. L'une des animatrices de ces discussions résume en une formule : "Nous sommes ivres de liberté de parole". On connaîtra peut-être un jour, en détail, l'histoire de ces heures qui ont provoqué la chute de Ben Ali. Peut-être via Wikileaks... En tout cas, le site Internet fait des émules. "Rue89" se fait l'écho d'une nouvelle parution de télégrammes secrets. Officiellement, c'est le quotidien britannique "The Guardian" et "Al-Jazira" qui sont à l'œuvre. A moins que Wikileaks agisse en sous-main. Ces télégrammes concernent les négociations israélo-palestiniennes et ils révèlent à quel point les Palestiniens étaient disposés à des concessions pour faire la paix. Le négociateur, Saeb Erekat, était prêt à céder à Israël plus de terrain que jamais auparavant, en particulier à Jérusalem. En 2088, puis 2010, il avait proposé d'entériner toutes les colonies à Jérusalem-Est, sauf une. Cela n'a pas suffi. Ces révélations mettent à mal la fierté palestinienne, mais aussi l'argument israélien selon lequel il n'y avait pas de partenaires palestiniens pour la paix. Patrick Cohen : Quoi d'autre dans les journaux, Bruno ? Bruno Duvic : Un internaute sur deux est un pirate... C'est à la Une du Figaro. Les chiffres sont donnés par l'HADOPI : 49% des internautes ont déjà téléchargé illégalement. Les hommes sont plus pirates que les femmes. A la Une de L'Humanité, le trafic d'organes au Kosovo... Le sénateur suisse, Dick Marty, présente demain, devant le Conseil de l'Europe, les conclusions d'une enquête qui met en cause la guérilla albanaise. Les aveugles se rebellent... C'est à lire dans le Midi-Libre. La Fédération des aveugles de France publie un calendrier avec des images détournées de personnalités. Nicolas Sarkozy, lunettes noires et canne blanche, au bras de son épouse. Gérard Depardieu, même situation, un chien en laisse. Slogan de cette campagne : "Faut être qui aujourd'hui pour être bien vu ?" La Fédération liste les promesses non tenues aux aveugles et mal voyants. Le groupe "Téléphone" va-t-il se reformer ? Jean-Louis Bertignac, l'une des figures du groupe, le souhaite ardemment. Il le dit au Parisien. Après des années de fâcherie avec Jean-Louis Aubert, ils se sont retrouvés. L'un venait d'être quitté par se femme, l'autre de perdre son père. Ils se sont racontés leur vie et sont repartis comme en 14 ! Et Jean Tigana va-t-il devoir partir ? Le banc de touche de l'entraîneur de Bordeaux est bien glissant après la défaite de son club en Coupe de France. Il fait la Une de L'Equipe, la mine soucieuse. Et puis, pour finir, une histoire à la "Amélie Poulain". A Céret, dans les Pyrénées Orientales, un facétieux a volé un pingouin décoratif qui servait de mascotte pour les fêtes de fin d'année dans la ville. La mascotte s'appelle "Pingu" et depuis qu'elle a disparu, elle donne régulièrement de ses nouvelles. On l'a vue à Disneyland, à Epernay devant la statue de Dom Pérignon, à Château-Thierry, près de chez Lafontaine. Le maire est sur les dents, mais il ne perd pas le sens de l'humour. Il faut demander, dit-il, la levée du secret professionnel des patrons de bar. Ils ont forcément entendu quelque chose à l'apéro... « Pingu », le pInguin, est attendu à Hollywood pour la remise des Oscars, il a déjà la tenue ! A demain !

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