Bug de participation au PS.

La revue de presse bonjour Hélène Jouan, on commence ce matin par les réactions de la presse sur le « bug » autour de la participation à la primaire de gauche…

« Fantômes aux urnes » titre l’Echo de haute Vienne, quand dans Sud-Ouest, Bruno Dive fait semblant d’admirer le tour de forces : « c’est une grande première dans l’histoire électorale française écrit-il, on aura connu les résultats d’un scrutin avant d’en connaitre le nombre de votants ». A la Une de l’Opinion, Kak, cruel pour souligner l’amateurisme, ou la manipulation des socialistes. Croquis de Monsieur Haute Autorité et de Jean-Christophe Cambadélis, coiffés de bonnets d’âne, ils se rengorgent calculette à la main « nous pouvons déjà certifier que la primaire a rassemblé 7 candidats, en hausse de 17% par rapport à 2011 ».« Autant que la droite donc » se félicite le second.

Inutile de vous dire que les explications parcellaires, alambiquées et contradictoires égrenées hier pour justifier d’une participation en hausse soudaine et quasi divine de 350 000 voix sans que n’en soient affectés les scores des uns et des autres, passent mal ce matin : « C’est quoi ce mic-mac ? » se demande Aujourd’hui en France/le Parisien qui parle de « parfum d’embrouilles au ps ». « A ce stade de déréliction, le manque de transparence relève presque du kit de survie » souligne Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain, alors que beaucoup voient dans cet « ultime fiasco, le faire part d’inhumation du parti d’Epinay » pour reprendre les mots d’Hervé Chabaud de l’Union/l’Ardennais.

Alors de quoi ce « bug » est-il le nom, le « bug » c’est la justification avancée par le ps? Cécile Cornudet dans les Echos tente une explication, « le ps ne pouvait mieux illustrer sa difficulté à appréhender le réel qu’en gonflant ses chiffres. Parce qu’en réalité dit elle, depuis 2012, la gauche s’est heurtée au réel, cette maladie contagieuse qu’il convient de fuir ». Alors mieux vaut se réfugier dans le rêve, ou la réalité augmentée… « Augmenté» donc comme les chiffres de la participation

Dans les heureux bénéficiaires de ces « fake élections », comme les surnommait hier sur twitter un décodeur du quotidien le Monde : Jean Luc Mélenchon, nous dit Libération : ses proches hier ont relayé les épisodes du feuilleton du comptage avec le très tendance hashtag « primaire de la triche ». Fillon «qui savoure la guerre des gauches », et enfin, Emmanuel Macron : Macron qui ce matin engrange le soutien de Bernard Kouchner dans le Parisien. Kouchner, ex ministre de Mitterrand se dit ce matin « marri, peiné de ce qui passe, j’ai mal à ma gauche ». Une gauche qu’il avait quand même quittée pour être ministre de Nicolas Sarkozy. Kouchner revigoré en tout cas par « s’il y a quelqu’un qui fait naitre l’espoir c’est bien lui » » Lui qui ne s’arrête pas au clivage droite gauche ». Kouchner parle en expert.

C’était une promesse de campagne de 2012, la fermeture de la centrale de Fessenheim…A moins de 4 mois de la fin du mandat de François Hollande, réunion cruciale aujourd’hui

Celle du conseil d’administration d’EDF qui se penche sur la décision d’honorer ou pas, une vieille promesse de campagne du candidat Hollande. On vous le disait à 8 heures, les Echos ont révélé l’information dès hier soir, l’Etat actionnaire à 85% de l’électricien et EDF auraient trouvé un protocole d’accord, indemnisations supplémentaires et nouveau vote prévu, qui devrait permettre d’annoncer que « c’est bon ». Mais dans le Parisien, incroyable récit des pressions dont le gouvernement aurait fait usage pour parvenir à ce résultat. Erwan Bennezet explique même « qu’en interne, certains parlent d’un chantage exercé sur le pdg Jean Bernard Lévy, pour qu’il tienne ses troupes, entendez ses administrateurs indépendants dont l’issue du scrutin ce mato dépend. D’après nos informations, écrit il, la ministre de l’énergie Ségolène Royal se serait aussi entretenue avec ces 5 administrateurs indépendants afin de s’assurer de leur soutien… Il semblerait donc, sauf coup de théâtre, que ces administrateurs, bien entourés aient entendu raison et que cette promesse-là, soit donc in extremis, respectée…

Et puis, « L’air est irrespirable, que faire ? » s’interroge la Voix du Nord à sa Une. A Paris et Lyon, les mesures de restriction de la circulation perdurent. « Quand chez nous, on a droit au minimum » expliquent les journalistes de la Voix du Nord. Tous les indices de la qualité de l’air dans la région sont au niveau 10, niveau maximum, air très mauvais, comme en région Rhône-Alpes. Le niveau de concentration des particules fines atteint le seuil d’alerte ; mais le préfet de région s’en tient au premier stade des mesures, avec notamment pour les automobilistes la « réduction des vitesses de 20 km/h ».

On a un peu mal à comprendre cette diversité de réactions sur un même territoire, avec les mêmes indices de pollution : Jocelyn Just, les particules fines, c’est moins grave à Lille qu’à Lyon ?

Dans la presse également ce matin, Sciences po Paris, la diversité n’est finalement peut-être pas si diverse que ça…

C’est une enquête de Philippe Douroux et Myriam EL Hamouchi dans Libération sur les « contrebandiers de la mixité sociale » de science-po.

Vous vous souvenez de la grande idée du directeur de l’époque, Richard Descoings au début des années 2000 : constatant que Bourdieu n’a jamais eu autant raison qu’à Science po Paris où les élites reproduisent les élites, il lance l’idée de fluidifier le recrutement des élèves en créant une filière d’accès taillée sur mesure pour les lycées situés dans les quartiers défavorisés. Scepticisme au départ, et puis tout le monde applaudit et essaie de faire pareil. Sauf que Libé exhume un chiffre un peu gênant : parmi les heureux élus de cette filière « mixité sociale », 40% des élèves seraient en réalité issus de familles CSP + ; les catégories socio professionnelles les plus élevées. Pas du tout le public visé. Même Sciences po en convient et parle « d’élément d’attention ». En langue normale, ça veut dire qu’ils essaient de trouver une solution. Alors il ne s’agit pas de faire le procès de cette filière, les contrebandiers de la mixité ne sont pas des malfrats. Ce que les journalistes montrent, c’est qu’un certain nombre de lycées, dans des quartiers en difficulté se sont servis de celle-ci et de l’étiquette science po, pour en réalité attirer des enfants qui seraient partis ailleurs ou dans le privé. En gardant, les fils de prof ou de médecin, ils ont voulu maintenir la mixité dans leur établissement, à défaut de le faire à science po. Article intéressant sur la façon dont une bonne idée peut parfois être contournée, voire dévoyée, mais pour de bonnes raisons.

Vous avez également retenu ce matin Hélène, l’entretien de l’ancien joueur d’échecs Garry Kapasparov

Dans le Figaro Kasparov, farouche opposant de Vladimir Poutine, qui vit à l’étranger depuis 2013, assure que le pouvoir russe va vouloir influer cette année sur les élections, à Berlin comme à Paris dit il. « Les cyber attaques seront de bien plus grande ampleur que celles perpétrées aux Etats-unis » prédit-il. Kasparov par ailleurs très critique, pour ne pas dire accusatoire avec ceux qui en Europe, et en France, appellent considérer Poutine comme un allié objectif face au péril djihadiste : « Il existe en europe cette forme de corruption idéologique à l’égard de Poutine dit il, il faudrait traiter avec lui au motif que la russie ne peut être ignorée. C’est une trahison de l’idée même d’Europe une capitulation morale. L’histoire nous enseigne que les dictateurs ne s’arrêtent jamais d’eux-mêmes. Il faut les stopper »

Et puis vous terminez avec une citation relevée dans la presse

Jacques Attali dans le magazine GQ…qui raconte que François Hollande avant de renoncer à être candidat à sa succession, a sollicité son avis par sms. Sa réponse au président hésitant ? « je lui ai dit que je lui laissais le choix ». C’est à ça qu’on voit la grandeur d’un homme ou en tout cas l’idée qu’il s’en fait

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