L’Obs qui pourfend le politiquement correct et offre à sa « cover » à Me Dupont-Moretti, façon néo-réac, mais qui publie le texte vibrant et féministe de Asia Argento, qui aurait du avoir la Une. Milo Manara est dans le Point, une mangaka féministe dans Libération, Tom-Tom et nana partout ailleurs!.

On parle de Flaubert ce matin...

Dans l'Obs qui se désole car le grand Gustave est allé faire sa promotion chez Hanouna déguisé en Jacquouille la fripouille et il a lâché cette petite misogynie, « la littérature contemporaine est noyée dans les règles de femmes», et ce ne n'est pas la première fois, Flaubert a aussi clashé Lamartine sur Instagram, "la couille lui manque, il n'a jamais pissé que de l'eau claire", l'autre veut se battre maintenant,  et sur une télévision, il a expliqué que le suffrage universel, "est la honte de l'esprit humain"...  Et on désespère de nos écrivains, puisque Baudelaire vient de déclencher le buzz en twittant  ceci,  « aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste ». 

Et évidemment , tout ceci est une blague mais qui se veut signifiante dans l'Obs, où un journaliste qui a des lettres, Fabrice Pliskin, a dégotté les saillies de nos anciens et les projette dans notre monde de bruit et de réprobation qu'on appelle le politiquement correct... 

Car l'Obs, qui fut repère du progressisme, vire sa cuti vers le néo-conservatisme ambiant et désigne en ennemi les délicatesses que la gauche inventa pour protéger les minorités, et qui seraient une prison. Et le journal est écrasé à sa Une par maitre Dupont-Moretti nouveau phare de la pensée anti-moderne, qui déteste cette matinale, et la morale et la bien-pensance et l'attention que l'on porte aux victimes. Mais les journaux sont bizarres.  L’Obs paye son écot à la réaction banale, mais dans ses pages idées, publie le plus net des textes féministes, signé de l'actrice Asia Argento, accusatrice de Harvey Weinstein qui dit-elle la viola quand elle avait 21 ans, et qui raconte dans une froideur vibrante ce que fut sa vie d'actrice devenue un objet sexuel dans un monde du cinéma structuré par les hommes... "Tout en bas, il y a les femmes. Et cette façon de penser a infecté mon être et ma vie. Si on me faisait du mal, émotionnellement ou physiquement, je n'imaginais pas qu'on m'écouterait ou me croirait."

Ce texte ouvre un manifeste féministe , "cours petite fille", que publient les éditions des femmes, vieille maison mère du MLF, au coeur donc de ce progressisme que la réaction appelle politiquement correct, et que l'Obs n’assume plus... Et c'est bien Argento qui aurait pu faire la une du journal, si celui ci osait encore afficher son histoire,.   

D'un hebdo à l'autre, un homme se lève dans le Point, entonne lui aussi le discours du "tout fout le camp"... "L'époque de la liberté sexuelle est terminée » dit Milo Manara, maitre de l'érotisme, auteur du Déclic, créateur de femmes sensuelles et longilignes que le plaisir prenait. Mais il ruse désormais et dessine la vie du Caravage, dont les nus étaient des hommes. Dans les années 60  Manara lisait Marcuse, « Eros et civilisation », car l'érotisme serait une libération, il a tiré le rideau, reste la tendresse et l'amitié pour un autre paillard, feu Wolinski, assassiné par des islamistes, que Manara dessine tendrement embrassé, sur le crâne, par une femme voilée, comme un regret, elle est, cette voilée torride. 

Dans le Populaire du centre, je lis un reportage sur le Carpe diem, club échangiste de Limoges, où l'on « coquine dans des alcôves » au son de l'Aventurier d'Indochine, où Sylvie, 56 ans, essaye de nouvelles choses pour ne plus se faire ch... dans la vie, et Diane, 23 ans, trouve plus de respect qu'auprès des dragueurs de rue. Et Sébastien, maire d'une petite commune rurale, se rince l'oeil en s'interrogeant sur ces moeurs débridées... Il reste, Milo Manara, le Carpe diem...

Et on parle de Bande dessinée dans les journaux...

Car c'est le jour et la saison, et si le Point a ranimé Manara, c'est qu'on le célèbre au festival d'Angoulême qui débute aujourd'hui, et c'est la fête de la Charente libre, cahier spécial, et de Libération, dont toutes les pages sont illustrées de BD, les personnages torturés d'Emilie Gleason s'accordent bien à l'enfer administratif  que vivent les chômeurs à Pole emploi qui durcit ses contrôles, on parle d'humiliation dans le journal...

Hier soir, à Angoulême, un premier prix a été décerné à Rumiko Takahashi qui est japonaise et sait pratiquer le féminisme dans ses mangas, "Plus que des faire-valoir et des cibles à fantasmes, les filles se révèlent combatives, intelligentes, chevronnées en arts martiaux pour certaines" écrit le Monde, et Libération raconte son chef d'oeuvre, Ranma, l'histoire d'un garçon expert en arts martiaux victime d'une malédiction, il change de sexe au contact de l'eau. Takahashi est aussi, chez nois, un malentendu, car nous la découvrîmes dans les années 80 par les adaptation en dessin animé de ses livres, que diffusaient le club Dorothée.  A l'époque, Libé se souvient, on dénonçait les "japonaiseries", qui faisaient du mal à notre jeunesse. Les anciens téléspectateurs ont grandi et sont parmi les jurés du grand prix de la ville d'Angoulême qui couronne la Mangaka... 

La BD tourne, elle est un art d'aujourd'hui et une nostalgie? Angoulême célèbre Batman, dont l'Express démontre qu'il incarna la face sombre de l'Amérique. Nos nostalgies sont plus fraiches. A Manderen en Moselle, on est heureux, lis-je à la une du Républicain lorrain, car le château local, Malbrouck, sera une des étapes de la commémoration officielle des 90 ans de tintin. Et vous trouverez un peu partout  et même en une de la Croix les bonnes bouilles de Tom-Tom et Nana Dubouchon, frères et soeurs garnements eux aussi célébrés à Angoulême, dont la créatrice Bernadette Després vit à Gibraisnes, village du Loiret, le Parisien s'y est rendu en pèlerinage. 

Aujourd'hui, notez bien, Tom-Tom et Nana n'iront pas l'école peut-être, car des enseignants font grève. Le Figaro campe le décor de cette grève et constate qu'il vaut mieux, financièrement, être un vieil agrégé qu'un jeune maitre du primaire... Télérama dit fort bien l'engagement des enseignants face à l'indiscipline au chahut et aux distractions, mais ceci est une si vieille histoire: en 1883, les élèves de Louis-le-Grand démolissaient leurs dortoirs à coups de barre de fer pour protester contre l'exclusion d'un des leurs... 

Et des Indiens pour finir...

Qui sont dans le Point,  le peuple des Tohono O’odham dont les terres tribales sont coupées par la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, aux confins du désert en Arizona, où les Indiens ramassent les corps des migrants morts de soif… Ils sont aux antipides de Donald Trump dont ils souffrent....

Chez nous, je le lis dans Sud-Ouest, un jeune migrant venu du Mali sera peut etre désigné meilleur berger de France, est-ce politiquement correct de s’en réjouir?

En Amérique à nouveau, dans Paris-Match. Une jeune femme, amputée à 14 ans, Brenna Huckaby, est championne paralympique de snowboard, elle pose en maillot pour Sports illustrated, elle se trouve sexy, elle l’est. L’érotisme se marie avec la politiquement corrrecte défense des handicapés. 

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.