Le tour de France, François Fillon, Munich et Teddy Rinner dans la presse ce matin

Fibre cocardière

"Tout est bien" qui finit bien, bilan anticipé du Tour de France par l'Equipe qui a choisi de mettre en Une, pour cette ultime étape de la Grande Boucle non pas le vainqueur annoncé, Christopher Froome, mais son dauphin le français Romain Bardet.

Il faut dire que Froome a écrasé le Tour, tué tout suspens sans pour autant briller ou faire le spectacle.

Alors, pour redonner un peu de lustre à ce Tour 2016 bien terne on flatte la fibre cocardière :

Bardet, seul vainqueur d'étape français cette année raconté par son père, Philippe, dans les colonnes du Parisien-Aujourd'hui En France cette deuxième place de la Grande boucle, il trouve ça "géant, ça ouvre tellement de perspectives". Romain n'a que 25 ans, Chris Froome en a 31 il va falloir que le britannique parte à la retraite pour que Bardet gagne le tour un jour, reconnaît son papa tout particulièrement fier, nous dit-il, que son fils réussisse à mener sa carrière de champion cycliste de front avec ses études, "il vient d'obtenir un master en management des entreprises" et ça permet au Huffington Post de dégainer l'une des figures préférées de nos médias tricolores: Romain Bardet c'est "le héros du Tour 2016", s'enflamme le HuffPost, mais c'est aussi "l'intello du peloton".

Point Godwin

Comparaison n'est pas raison et François Fillon va à coup sûr déclencher une polémique d'historiens avec l'interview qu'il donne au Journal du Dimanche.

François Fillon qui entre dans la surenchère des postures martiales, face au terrorisme djihadiste.

Le candidat à la primaire de la droite et du centre pèse ses mots mais les lâche quand même: "Nous sommes entrés dans une forme de guerre mondiale", assène-t'il, face à un Etat islamique "qui ne connaît ni faiblesse ni trève".

Oui, une guerre mondiale, tant, dit l'ancien premier-ministre, "après avoir bien analysé les choses, je constate qu'il y a un mouvement totalitaire, comme le nazisme qui emploie les même ressorts: imposer, par la force, au reste du monde un mode de vie et de pensée".

Alors, eh bien c'est simple, "il faut prendre des mesures d'exception":

François Fillon se démarque de ses rivaux à droite il ne veut pas qu'on enferme tous les fichés S, ça n'aurait, dit-il, "aucun sens". Par contre, il a bien analysé, là encore, les profils des terroristes de Paris, Saint-Denis en Nice il a constaté que la "quasi-totalité sont des délinquants de droit commun" Alors, il exige que tous les étrangers condamnés pour des faits de délinquance soient immédiatemment expulsés de France".

Ni guerre ni paix

Réponse en légéré différé à ces propos, à lire sur lemonde.fr celle de Christiane Taubira, l'ancien garde des sceaux, qui hier sur Facebook publiait une longue tribune sur l'après-attentat de Nice.

"Il ne suffit pas de martialité, pour masquer le choix de la guerre sans préparation de la paix", déclame l'ex-ministre.

Non, elle ne minimise pas la menace qui pèse sur la France menace "réelle, protéiforme, et durable".

Mais, dit-elle, "la pensée magique n’est d’aucun secours. Les anathèmes, aussi sonores que déplacés, ne consolent personne, ne nous réconfortent pas au présent, ne nous protègent pas à l’avenir".

"Ni guerre ni paix", voila comment Christiane Taubira résume la situation qui est la nôtre. Elle appelle à agir, à l'international, pour assécher, partout, le terreau des djihadistes et conclut sa longue tribune en plaidant pour "un retour urgent au Politique, cet espace où les intelligences et les éngeries se confrontent et créent ensemble les en-communs possibles".

Ni guerre, ni paix ça pourrait aussi résumer les tensions entre la Russie et son étranger proche, Ukraine, Pologne, Etats Baltes

Mediapart panoramique

C'est une petite révolution chez Médiapart qui lance son premier reportage en long format Il est signé par la journaliste Prune Antoine et nous garantit plusieurs heures de plongée, photos, texte, infographies et vidéos à portée de clic, aux confins Est de l'Europe, là où se cristallisent les tensions avec le voisin Russe.

Le dossier très riche et vivant nous emmène donc dans l'enclave russe de Kaliningrad, morceau de PoutineLand coincé entre Pologne et Pays Baltes. On se joue des frontières pour en constater l'inquiétante militarisation on rencontre ceux qui vivent là et dont le rapport au voisin a changé, s'est tendu avec le conflit en Ukraine. De quoi entendre résonner de manière très nette ces "Bruits de la guerre en plein coeur de l'Europe", titre de ce premier Médiapart en version "Panoramique" dans des régions où la crainte d'une invasion russe et donc d'une vraie nouvelle "guerre mondiale" n'a rien du fantasme.

Fantasme de super-puissance et revanche à prendre sur la terre entière

"Amoks"

Le JDD affine ce matin le portrait, glaçant, du tueur de Munich

Ali David Sonboly, 18 ans, qui a donc tué 9 personnes, en a blessé 16 autres, vendredi sur le parking d'un Mc Donalds il avait attiré ses victimes en lançant de fausses offres de réduction pour le fast-food sur facebook Pour un ado du quartier où il habitait, Sonboly avait des soucis à l'école et il y répondait souvent par cette phrase: "je vous tuerai tous".

Même menaces répêtées sur les sites de jeu en ligne qu'il fréquentait assidument: son comportement était tellement menaçant qu'il était régulièrement blacklisté par les autres joueurs, mais il revenait en s'inventant de nouveaux pseudonymes.

Vendredi il aurait annoncé à ses compagnons de jeu qu'il allait commettre une attaque mais personne, une fois de plus, ne l'a pris au sérieux.

Sauf que cette fois, Ali David Sonboly avait un psitolet Glock 9mm, acquis illégalement et qu'il a tiré, plus de 300 fois en quelques minutes, avant de se suicider d'une balle dans la tête.

Chez lui, les enquêteurs ont retrouvé des livres et des documents sur les "Amoks" ces jeunes dévorés par des pulsions meutrières et suicidaires. Le phénomène est bien connu en Allemagne, avec autour de 400 passages à l'acte par an principalement des fusillades dans des écoles "Amok" aussi, ces adolescents américains qui sèment la mort sur leur campus Les médias allemands ont même parlé de "pilote amok" pour qualifier le geste d'Andreas Lubitz, co-pilote de la GermanWings qui a précipité son avion et ses 149 passagers sur les montagnes françaises l'an dernier

Teddy Riner

Enfin c'est Le Parisien qui nous "dévoile".. le secret de polichinelle du jour c'est bien Teddy Riner, le colosse du judo français, qui sera le porte-drapeau de notre délégation aux JO de Rio.

Ce sera officiel tout à l'heure, à l'arrivée du Tour de France sur les Champs-Elysées.. et ça tombe plutôt bien, puisque l'EquipeMagazine nous offre ce week-end un numéro spécial Teddy Riner On a en fait trois champions pour le prix d'un, puisque Riner partage la Une avec ses amis, le footballeur Thierry Henry et le basketteur Tony Parker trois potes, pour de vrai: au moment de l'interview par exemple ils reviennent d'un match de foot idsputé ensemble ils parlent de leurs valeurs communes, refusent de comparer leurs salaires mirobolants mais celui qui en dit le plus sur Riner, finalement, c'est son sparring-partner personnel, celui avec qui il s'entraîne, Nico Kanning

Une séance sur le tatami d'une heure, pour lui, c'est l'assurance de finir au moins une vingtaine de fois au tapis. "J'ai une carte de fidélité chez l'ostéo", s'amuse la victime préférée du "meilleur judoka de l'histoire".

Pas facile d'être chair à hippon pour le champion de 140 kilos et 2m 04 Kanning révèle, par exemple, que pour aiguiser la niaque de son partenaire, il le chambre parfois en russe, comme le font ses adversaires en compétition"Je sais qu'il aime pas trop, et que ça va l'exciter mais après, je prends cher!".

C'est sûr que sparring-partner de Teddy Riner, sur la liste des métiers préférés des masochistes, ça vaut de l'or.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.