Laetitia Gayet

Opération Espionnage Elysée.

On en parle depuis le début de la matinée sur France Inter. François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac ont donc été espionnés par la NSA. LIBéRATION et MéDIAPART publient 5 documents de WikiLeaks très codifiés. Où l'on apprend que dès son intronisation en 2012, François Hollande était inquiet pour la Grèce et trouvait Angela Merkel obnubilée par le pacte budgétaire. Où en 2008, Nicolas Sarkozy se croyait seul capable de résoudre la crise financière. Où en 2006, Jacques Chirac n'avait que peu de considération pour son ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Que les Etats-Unis écoutent leurs alliés, LIBé et MéDIAPART sont d'accord ce matin, pour dire que c'est un secret de polichinelle. Mais comment les Américains ont-ils procédé ? Sur ce point, WikiLeaks est peu disert. Mais LIBé pointe du doigt l'ambassade américaine place de la Concorde à Paris et sa station d'espionnage des télécommunications recouverte d'une bâche spéciale. Bien pratique. Selon François Heibourg conseiller spécial du président de la Fondation pour la recherche stratégique. Les capacités de récolte de l'information vont plus vite aujourd'hui, que la réflexion sur les conséquences. En matière d'écoute, la seule règle, c'est de ne pas se faire prendre.

Vu de l'étranger qu'en dit-on ?

Vu des Etats-Unis.

Le WALL STREET JOURNAL note que la publication des documents de WikiLeaks arrive quelques semaines après le scandale en Allemagne. Quand Berlin aidait la NSA à espionner des gouvernements européens//

Vu du Royaume-Uni.

THE GUARDIAN note lui, le parallèle avec l'adoption ce soir en France, de la loi controversée sur le renseignement.

Question du HUFFINGTON POST ce matin. La France peut-elle rester sans rien dire ? Un Conseil de défense est convoqué dans une demi-heure à l'Elysée.

A lire également dans la presse ce matin, la guerre des taxis.

LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE se demande ce matin, jusqu'où ira le conflit entre les taxis et leurs rivaux ?

Car c'est le Far West dans les rues des grandes villes. Des chauffeurs de taxi excédés agressent ceux d'UberPop, cette application qui met en relation des chauffeurs particuliers avec des clients. Témoin, cette photo d'un client lyonnais passé à tabac le week-end dernier. Elle a fait le tour des réseaux sociaux. Interrogé par le site des INROCKS, Alexandre raconte le taxi à la lumière verte qui ne veut pas le prendre le ton qui monte. Le jeune homme lui lance alors : “Avec de tels propos, pas étonnant que les clients préfèrent Uber.” Et c'est là que tout bascule. Bilan : une tête tuméfiée et 21 jours d'incapacité temporaire de travail.

Interrogé par LYON CAPITALE, Pascal Wilder qui préside la fédération des taxis indépendants, appelle à la prudence sur les auteurs de l’agression. Il n'y a pas de preuve. Il n'empêche. Le gouvernement a appelé au calme hier. Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur a rappelé que l'application UberPop était illégale. Et il promet plus de contrôles.

Illustration à Lille, rapportée par LA VOIX DU NORD. Des policiers en civil tentent de repérer les véhicules Uber. Depuis janvier, ils ont relevé 52 délits, dressé 17 PV et retiré 51 points de permis. Colère de l'avocat Stéphane Dhonte qui défend les chauffeurs Uber. Quand la police interpelle un Uber sur demande des taxis, elle leur accorde un privilège en dehors du droit.

Agnès Saal, elle, n'a pas de soucis avec les taxis mais avec les notes de taxis.

Après les 40.000 euros aux frais de l'INA, les 38.000 aux frais de Beaubourg. 38.000 dites vous ? Ca c'est pour la période 2013-2014. Et une enquête a bien été ouverte pour cette somme-là, selon LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE.

Mais il pourrait être question de plus du double, d'après les pages saumon du FIGARO. Car elle a passé 7 ans au centre Pompidou. D'où cette question de Claire Bommelier et Caroline Sallé : "Sans attendre les conclusions des magistrats, pourquoi personne n'a t-il réagi face à ces notes de taxi exhorbitantes. On peut comprendre des frais élevé pour l'INA qui est installé en grande banlieue. Mais le Centre Pompidou, est en plein coeur de la capitale. Autrement dit, il est bien moins éloigné du domicile parisien d'Agnès Saal.

Histoire de gros sous à présent.

De gros sous qui fait pchitt. Le dossier Bouygues - Drahi. Bouygues a finalement refusé hier, de vendre sa filiale télécom au patron d'Altice. Un non catégorique rapporté par LES ECHOS ce matin, qui fait état d'un sentiment d'irritation au sein du conseil d'administration de Bouygues. Les risques étaient trop élevés. Les mots ne sont pas allés au-delà, pour cette fois. Car dans ce secteur très concurrentiel, il y a eu ces dernières années, des passes d'armes assez salées entre ces patrons et des revirements. 2012, Free arrive sur le marché. Martin Bouygues qualifie Xavier Niel de romanichel s'installant sur la pelouse d'un château. Cela n'a pas empêché les deux groupes de concocter ensemble, une offre de rachat pour SFR. Stéphane Richard d'Orange était alors monté au créneau pour traiter Xavier Niel encore lui, de roi de l'embrouille. Seul Patrick Drahi n'a jamais été pris en flagrant délit d'amabilités envers ses concurrents. De toutes façons comme le dit un syndicaliste, au final, c'est toujours le business qui l'emporte.

A lire la presse ce matin, on pourrait faire un film, des séries de tout cela ?

Oui, il y a de la matière. Et pas qu'en matière d'espionnage ou dans le monde des affaires. Il y a aussi la politique qui regorge d'histoires. Prenez l'élection en juin 2012 de Julien Aubert, député Les Républicains dans le Vaucluse. C'est à lire dans LE CANARD ENCHAÎNé ce matin. Cette élection cachait en fait, une entente secrère avec la candidate du FN, qui s'était retiré en sa faveur.

En voilà un beau début d'histoire. La France regorge de jeunes scénaristes plein de talents qui pourraient l'écrire.

Mais l'Amérique est encore loin pour TéLéRAMA. Comprenez, en matière de fiction, la France n'ose pas. Les chaînes de télé n'osent pas. Un diplômé de la Fémis, la grande école de cinéma ronge son frein. "Je suis complètement déprimé. Cela fait dix ans que je travaille dans le secteur. Et il n'y a pas une seule série à laquelle j'ai participé dont je sois fier." De fait, les débouchés offerts par Canal + et Arté restent marginaux. Les trois quarts viennent de TF1, France 2 et France 3. Un scénariste de TF1 l'assure. Pour réussir, un jeune auteur a plutôt intérêt à aller se bourrer la gueule dans un festival près d'un scénariste renommé pour essayer de l'embarquer dans son projet.

La preuve. Sur les 200 projets télé soutenu par le CNC, seules deux ont abouti. Le reste n'a jamais trouvé preneur. Il faut sans cesse gommer les aspérités. Marie Guillaumond directrice de la fiction à TF1 se défend. "Vous surrestimez ce qu'on reçoit. Les bons projets ne tombent pas du ciel. En France, on a beaucoup de talents. Mais le génie est rare. Si vous imaginez qu'on m'envoie chaque semaine un scénario incroyable. Vous vivez dans le monde de Oui-Oui."

Oui - oui, dur dur d'être scénariste en France.

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