Télérama se souvient d'une architecte autrichienne et de la française Alice Guy pionnière du cinéma. Libération dissèque la fracture du combat antiraciste, du consensus espéré par SOS-Racisme au conflit assumé par Assa Traoré. On redécouvre en Russie le sacrifice des soldats de la bataille de Rjev, le Figaro.

Un mouchoir de la légendaire Marylin Monroe vendu, un théâtre de sauvé
Un mouchoir de la légendaire Marylin Monroe vendu, un théâtre de sauvé © Getty / Baron

On parle d'un mouchoir...

Et d'une grande dame qui fit tant rêver et souffrit tout autant et dont le mouchoir vient sauver un théâtre, c'est dans le Parisien l'histoire du mouchoir de Marilyn Monroe, que la star avait oubliée dans les toilettes de l'hôtel Waldorf Astoria, à New York en 1960, le concierge du Waldorf offrit ce mouchoir à celui qui serait le pape du pop-Art Andy Warhol, et Warhol l'offrit ce mouchoir à un grand galeriste, Leo Castelli, lequel Castelli offrit ce mouchoir à un comédien italien nommé Attilio Maggiuli, qui avait créé en 1974 à Paris, dans les locaux d'un ancien commissariat où les peintres de Montparnasse jadis dégrisaient, un théâtre consacré uniquement à la scène de son pays, la Comédie italienne, où il exposa pieusement le mouchoir de Marilyn. Mais les temps sont difficiles et depuis des années Maggiuli se bat. En 2013, il percutait en voiture la grille du coq du palais de l'Elysée, sur une idée disait-il du dessinateur Wolinski, pour appeler à l'aide, on l'avait envoyé en psychiatrie! Il avait du vendre une précieuse collection de costumes pour tenir, et il s'est résolu, là, à vendre le mouchoir de Marilyn, qui éteint ses dettes et lève une hypothèque, e continua la commedia qui sera bientôt rachetée.

C'est donc dans le Parisien, mais allez lire sur le site de Libération le portrait de Maggiuli paru en janvier, Maggiuli qui fut financé par un membre de la famille Ferrero, oui Nutella, avant d'être dans l'embarras, et qui joua aussi dans Les bronzés font du ski. C'était lui le bel italien dont bruno Moynot espionnait les ébats dans un refuge, "possible dire votre ami pas regarder par la fenêtre". Marilyn sourit.

Et c'est à son ombre que la presse me parle de femmes et de rêves. Télérama sur son site me raconte une femme pionnière du cinéma il y a 120 ans, que les hommes expulsèrent de l'histoire officielle:  elle était française, Alice Guy, elle avait été la secrétaire du grand monsieur Gaumont mais elle fut surtout réalisatrice et productrice, ici et en Amérique, elle est depuis devenue une figure que les femmes engagées veulent réhabiliter, c'est le mot de l'actrice Jodie Foster qui produit un documentaire qui lui est consacré, intitulé  Be natural, soyez naturel, c'était le conseil qu'elle donnait aux acteurs! Télérama me signalait déjà il y a quelques mois un excellent podcast sur Alice Guy, je vous mettrait le lien, et offre en prime sur son site deux bijoux de dame Guy, La fée au schoux, 1896, une bonne fée fait naitre des bébés, et Les résultats du féminisme", 1906, une utopie burlesque où les femmes ont pris le pouvoir... Elle était menaçante!

Dans son édition de papier, Télérama, riche et féministe ce matin, interroge Véronique Cayla, PDG sortante d'Arte, sur son destin de femme de pouvoir, et me raconte Lydia Dletorskaia, qui fut la muse de Matisse, son modèle, mais aussi sa collaboratrice de collages, et me raconte enfin une architecte autrichienne aux cheveux peignés et qui portait une cravate, Margarete Lihotzki, qui dans les années 1920, quand on réinventait le monde, inventa la cuisine contemporaine pour une cité futuriste appelée "le Nouveau Francfort": sa cuisine était petite et fonctionnelle, un soulagement, mais en même temps elle isola la femme aux fourneaux du reste de la famille qui attendait à table, paradoxe des utopies...

On parle aussi du combat des noirs américains...

Qui comme celui des femmes se tisse de symboles et de déceptions, parfois. L'Humanité raconte les espoirs trahis des noirs américains depuis l'indépendance, quand un pays fondé sur l'égalité et la liberté admit l'esclavage dès sa création... Mais l'Equipe raconte le pilote Bubba Wallace, seul noir du Nascar, le championnat de stock car, qui rallie les coeurs à son ambition depuis que des impies ont posé dans son box un noeud coulant, rappel des lynchages d'antan; l'Equipe raconte aussi le combat malaisé du basketteur si doué Kyrie Irving, qui s'oppose à la reprise du championnat NBA pour ne pas faire d'ombre médiatique au mouvement Black lives matter.

Je lis dans  Usbek et Rica que la firme de cosmétiques Johnson et Johnson annonce qu'elle ne vendra plus de produits qui éclaircissent la peau, ils rapportaient des fortunes en exploitant un si vieux préjugé. Notre chanteuse Aya Nakamura avait raconté en 2018 au magazine américain the Fader qu'on lui avait demandé de blanchir un sa peau pour toucher un public plus large... Oui Djadja je met les liens...

Libération dissèque la fracture du combat antiraciste, et oppose l'espérance d'un consensus antiraciste que portait il y a 35 ans SOS racisme à l'âpreté et au conflit assumé qu'incarne Assa Traoré. On lit un beau portrait d'un compagnonde la dame,  Samir Elyes B., 48 ans, une vie à se battre, il  ne parle ni de races ni d'ethnies mais des quartiers populaires et des luttes sociales.  

Et on parle d'une guerre pour finir.

La deuxième guerre mondiale qu'on commémore aujourd'hui à Moscou sur la place rouge, Vladimir Poutine y exaltera le patriotisme russe, car on accuse à Moscou l'occident e minimiser l'apport soviétique à la victoire contre le nazisme. C'est bien expliqué dans les Echos et dans le Figaro, qui raconte aussi, la bataille de Rjev, où plus de deux millions de soldats de l'Armée rouge  furent sacrifiés entre janvier 1942 et mars 1943 pour réduire des positions allemandes qui menaçaient Moscou, on se souvenait plus facilement en Russie des sacrifices victorieux de Stalingrad, mais Rjev, dont le sol charriait encore des milliers de cadavres, était un cauchemar enterré, on en reparle, Poutine s'y rend, comme Staline qui avait passé une nuit sur le front de Rjev en 1943, et qu'un musée commémore, dans une maisonnette bleue. "Vous n'avez rien contre Staline" demande la guide au journaliste de passage? 

Excellente question.

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