Genre : humain... Espèce : homo politicus... Parce que l'homme politique est une race à part... C'est, en résumé, le constat des éditorialistes, ce matin, qui se penchent sur le cas Villepin... Dans La Dépêche du Midi, Jean-Pierre Bedéï analyse sa "stratégie du gros dos"... Cette manière de dire : "touché, mais pas coulé"... "Villepin se pose en défenseur des salariés de la Sogerma", titre Les Echos... Hier, à Mérignac, "le Premier ministre a jugé la fermeture du site de la filiale d'EADS inacceptable", rapporte le quotidien économique... "Villepin vole au secours des salariés", constate Ouest France... Et Le Figaro raconte comment le Premier ministre "s'est saisi personnellement du dossier" : "pas moins de six ministres ont été mobilisés par le chef du gouvernement, pour gérer la crise", précise Le Figaro... "Villepin sur le terrain social", constate Le Républicain Lorrain... Cela dit, l'ensemble de la presse est beaucoup plus critique que cela... Libération estime que "Villepin fait diversion sociale"... Le quotidien accuse le Premier ministre de tenter "de refaire surface en s'opposant à la fermeture de l'usine Sogerma en Gironde", après avoir été "discrédité par le conflit du CPE et l'affaire Clearstream"... C'est le même son de cloche en Une du Monde : "Villepin veut faire oublier Clearstream en misant sur l'emploi, la formation et la santé"... Et François Brochet, dans Le Progrès, ironise : "Dominique de Villepin peut espérer une bonne nouvelle en septembre... le Prix de l'humour politique 2006 pourrait le récompenser pour avoir déclaré : 'Ils vont s'apercevoir que je suis assez con pour aller au bout'... Bientôt un an qu'il tient, poursuit l'éditorialiste... Il a enduré les banlieues, le CPE, Clearstream, sans compter une dose quasi quotidienne de Sarkozy... Dix fois il est tombé, dix fois il s'est relevé, reprenant sa rengaine : 'Ma priorité, c'est l'emploi"... C'est de l'humour noir, poursuit Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain... "Visant à sauver la Sogerma, le Premier ministre voudrait donc s'assurer que la Sogerma le sauve lui-même"... Sauf que, critique Gaëtan de Capèle dans Le Figaro, "on ne peut s'empêcher de renvoyer les pouvoirs publics à leurs propres contradictions... Premier actionnaire d'EADS avec 15% du capital, l'Etat français est représenté à son Conseil d'administration... A ce titre, il a eu à connaître de la situation de la Sogerma et du projet d'EADS... apparemment sans s'en émouvoir, jusqu'à ce qu'il soit porté sur la place publique... Une schizophrénie de plus en plus difficile à assumer"... Hervé Favre, dans La Voix du Nord, explique : "Nos partenaires européens ne manqueront pas de renvoyer l'Etat français à sa propre responsabilité dans la chute de la Sogerma, lui qui a choisi, en 2002, de retirer au site bordelais l'entretien de ses avions de transport militaire au profit d'une société portugaise mieux-disante"... "Alors maintenant, conclut Michel Noblecourt dans Le Midi Libre, de deux choses l'une : ou Dominique de Villepin répond aux attentes des syndicats, en obtenant la préservation d'un maximum d'emplois... ou il fait 'pschitt', et son coup apparaîtra au mieux comme de la communication compassionnelle"... Et pour les autres ?... Quelle compassion ?... Parce qu'il n'y a pas que la Sogerma... Exemple dans l'Eure... C'est dans Libération... La colère autour du plan social à l'usine de parfums Yves Saint-Laurent, à Bernay... un site de 338 salariés, qui évite la fermeture grâce à un repreneur... Mais une centaine de salariés sont à la porte... Le plan social, c'est le groupe PPR... le groupe de luxe de François Pinault... qui l'organise... Et la colère est là... Même le député UDF de l'Eure le dit : "C'est un plan au rabais"... Les salariés sont beaucoup plus durs, rapporte Libé : "Quand on voit François Pinault ouvrir son musée et affrêter 60 avions pour Venise, on se dit qu'on n'est rien que des petites crottes à côté"... "François Pinault, amateur d'art de licencier", ironise ce matin Le Canard Enchaîné, qui explique qu'à chacun des licenciés, le plan social prévoit d'attribuer le strict minimum... C'est un gros effort pour un groupe qui a dégagé en 2005 un bénéfice d'un milliard d'euros... Il faut dire, et c'est aussi dans Le Canard, que François Pinault a d'autres choses à faire en ce moment... L'hebdomadaire explique qu'il fait le siège de l'Elysée pour Mittal... L'annonce, la semaine dernière, du lancement effectif de l'OPA de Mittal sur Arcelor, a laissé silencieux le gouvernement... Un revirement qui ne s'explique pas seulement par les nouvelles offres financières de Mittal, si l'on en croit Le Canard Enchaîné... mais surtout par l'embauche, au début du mois, de François Pinault dans le Conseil d'administration de Mittal... Pour un expert en communication d'entreprise, Mittal s'est offert, avec cet intime de Chirac, un lobbyiste de luxe... L'Inde et la France des affaires... Un nouvel épisode ce matin dans vos journaux... "Le roi indien de la bière veut le champagne Taittinger", titre Le Figaro... Eh oui, constate Les Echos... "Après l'acier, le champagne... Le symbole du luxe français, après celui de l'Europe industrielle"... Et le quotidien économique explique qu'hier, le groupe indien a officialisé sa candidature à l'achat du champagne Taittinger, que le fonds d'investissement Starwood Capital a mis en vente après avoir pris le contrôle, l'an dernier, de l'ensemble du groupe... Et pour savoir si ce sont les Indiens qui remporteront les fines bulles, il faudra attendre fin juin... Et revoilà la grippe aviaire... "L'Indonésie subit une inquiétante poussée de grippe aviaire", titre Le Monde... "5 membres d'une famille sont morts, et l'on commence à évoquer une transmission d'homme à homme"... L'OMS, l'Organisation mondiale de la Santé, a envoyé une mission sur place... Et selon les interlocuteurs du Monde... l'Indonésie est mal armée pour mener le combat contre la grippe aviaire... "La situation épidémiologique indonésienne constitue une véritable bombe à retardement... Il s'agit de contrôler plus de 600 îles, dans lesquelles existe en permanence une très grande promiscuité entre les volailles et les hommes"... Et c'est ce qui fait dire, dans Libération, à Jean-Philippe Derenne, pneumologue à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, que la situation aujourd'hui est bien plus sévère qu'il y a un an... "En Afrique, explique-t-il, l'extension de l'épidémie continue... En Europe du Nord, la situation n'est pas maîtrisée... Au final, sur les cas humains, la progression est certes faible, mais elle reste impressionnante, juge le médecin... On est passé de 3 cas en 2003 à déjà 73 en 2006"... La grippe aviaire, transmissible à l'homme... Cela veut-il dire que l'homme est un animal comme les autres ?... Qui sont les animaux ?... Nous ressemblent-ils ?... Leur ressemblons-nous ?... C’est Philosophie Magazine qui pose la question… avec ce titre… « Homme et animal, la frontière disparaît »… Le bimestriel convie donc philosophe, paléontologue, anthropologue, biologiste et psychiatre à plancher sur la question… Et une certitude apparaît : le propre de l’homme n’est plus une évidence… En ligne : le rédacteur en chef de Philosophie Magazine… Alexandre Lacroix… Bonjour… - Alors qu’elle est l’origine de votre propos ?… Qu’est-ce qui vous fait dire que la frontière entre l’homme et l’animal s’efface ?... - Et dans ce dossier, on apprend aussi que l’homme ne serait plus le seul être vivant doué de culture… La culture animale existerait… - Bon alors, que nous reste-t-il à nous pauvres humains ? Merci Alexandre Lacroix… Homme et animal, la frontière disparaît… un dossier à retrouver donc dans Philosophie Magazine… Et après, c'est sûr : vous ne regarderez plus Médor de la même manière...

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