(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin, les nouveaux terroristes

(Bruno Duvic) Mohamed Merah à Toulouse, les frères Tsarnaev à Boston, et maintenant les déglingués de Londres. Sinistre tryptique... Voilà ce que Libération appelle ce matin à la Une « Les nouveaux terroristes », « inconnus qui soudain se révèlent aux yeux de tous dans l'horreur de ce qu'ils ont fomenté », écrit Fabrice Rousselot dans l’éditorial.

A leur propos, on parle souvent de « loups solitaires ». Dans les colonnes de Libé , le juge anti-terroriste Marc Trevidic préfère l'expression de «jihad individuel ». Car les islamistes extrémistes qui passent à l'acte dans leur coin ne sont pas seuls. Ils exécutent une stratégie définie par d'autres, à commencer par Al Qaida. Ils baignent dans un environnement qui véhicule un discours de haine sur Internet et certains voyagent à l'étranger pour s'entrainer au jihad. Ils ne sont pas déconnectés de toute infrastructure.

L'un des tueurs de Londres, Michael Adebolajo, celui qui a tué un soldat puis débité un discours de haine devant les caméras couteau et hachoir de boucher à la main mercredi, a grandi au sud de Londres, il est passé en 10 ans du statut d'étudiant à celui de tueur sanguinaire.

« C'est la réalité cauchemardesque d'un terrorisme domestique pratiquement indétectable », écrit Dominique Garraud dans La Charente Libre .

Quoique… Les services de renseignement l'avaient repéré, ce qui ne l'a pas empêché d'agir. Et déjà, la polémique monte dans la presse anglaise, à l'image de ce titre sur le site Internet du Daily mail , qui accuse le MI5 de ne pas avoir empêché le meurtre du soldat : « Trahison d'un héros père de famille ».

De son côté,Le Monde relève les scènes de chasse aux immigrés menées par l'extrême droite dans le quartier de Woolwich après le meurtre.

Dans La Croix , Dominique Quinio écrit ceci : « Le terrorisme, arme de destruction à fragmentation lente et lancinante.»

François Hollande en Allemagne hier

150 ans du parti social-démocrate. Il y a prononcé cette phrase qui suscite beaucoup de commentaires

« Le progrès, c’est aussi de faire, dans des moments difficiles, des choix courageux, pour préserver l’emploi, pour anticiper les mutations industrielles. Et c’est ce qu’a fait Gerard Schröder, ici, en Allemagne »

François Hollande faisant l'éloge des réformes d'inspiration libérales de l'ex chancelier Schröder. Dans L'Humanité , l'éditorialiste Patrick Appel-Muller a la moustache en vrille : "Le président de la République s'est donc rallié hier avec tambours, trompettes et caméras à une flexibilisation forcenée du travail, des emplois sous-payés et à la suppression massive d'aides sociales"

Faut-il tourner du tournant de Liepzig ? Le Figaro est pour et Paul Henri du Limbert rigole doucement dans l’éditorial : « François Hollande devrait se rendre plus souvent en Allemagne, il y prononce des vérités limpides qu'il n'ose tenir en France. »

Synthèse dans Libération , voilà donc « Hollande social démocrate en un tour de Rhin ». C'est l'éternel jeu d'équilibriste de l'homme à la boite à outil. La semaine dernière, lors de la conférence de presse, il refusait ce terme de social-démocrate, hier en Allemagne vibrant hommage à ce courant.

« Hollande ou la présidence par l'ambigüité » titre cette semaine l'hebdomadaire britannique et libéral The Economist . Ce qui n'est pas si éloigné de la Une de Politis cette semaine à son propos. Citation de Cocteau : « Ces événements nous dépassent, feignons de les avoir organisés. »

Et bien sûr dans les journaux, hommage à Georges Moustaki.

Hommage qui dessine un portrait en éclats. Moustaki à la Une de L'Humanité : « Le métèque vous salue bien ». Victor Hache raconte cette enfance cosmopolite, à Alexandrie, Egypte - parents grecs, originaires de Corfou qui tenaient une librairie. « Dans la rue, on parle arabe. A la maison, grec, italien, français. » Il en restera « cette atmosphère mélancolique et voyageuse que le chanteur et ses musiciens installaient sur scène. »

La douceur de Georges Moustaki… ce trait de caractère revient souvent dans les portraits. Dans Le Figaro , Maxime le Forestier se souvient de l'appartement de l'ile Saint Louis où il faisait du café turc et des pommes au miel. Le blogueur Didier Pobel est nostalgique du Moustaki de la fin des années 60. « Nostalgique des utopies à portée de guitare sèche et des chimères d'Alexandrie. Nostalgique du temps où les pâtres grecs n'étaient pas les parias de l'Europe. »

Dans la presse également, le chiffre du jour

100 millions... A la Une du Parisien Aujourd'hui en France Bernard Tapie : « Il me reste moins de 100 millions ». Moins de 100 millions de ce qu'il a touché après l'arbitrage en sa faveur dans l'affaire qui l'opposait au Crédit lyonnais. Il affirme que cet arbitrage ne peut pas être remis en cause. C'est vrai qu'avec moins de 100 millions, aujourd'hui, t'as pas grand chose, à peine de quoi constituer une bonne équipe de foot...

La citation du jour :

Le camarade Stéphane Bern à la Une de TV Grandes chaines : « Je ne veux plus qu'on me prenne pour une quiche ! Marre d'être catalogué comme le type qui se balade dans les châteaux avec une patate chaude dans la bouche sans rien connaître de ce que vivent les gens. Quand je vois des animateurs qui présentent des émissions sociétales et se baladent dans des 4X4 blindés, ça m'agace. »

A la Une de Midi Olympique , « Il était une fois dans l'Ouest ». Les demi-finales du championnat de France de rugby se déroulent à Nantes. La première ce soir : Toulon/Toulouse. L'Equipe a soif de beau jeu. Titre de Une : « Patrons, une demie ! »

« La terreur des banquiers ». Couverture de La Tribune . Internet et les services mobiles bouleversent la banque de détail, explique l'hebdomadaire. La rentabilité chute, des suppressions d'emplois sont annoncées et des fermetures d'agences programmées. C'est tout un modèle qui est à réinventer.

Mais le modèle à réinventer, c'est peut-être celui de l'Internet.

« L'Internet doit être refait de fond en comble ». C'est un des pionniers du Net, le Français Louis Pouzin qui le dit ce matin dans Les Echos . Le journal consacre deux pages à ce thème. L'Internet avait été conçu pour relier quelques centaines de scientifiques. On estime que deux milliards et demi de personnes l'utilisent aujourd'hui et pour des activités de plus en plus gourmandes en réseau. Alors un jour où l'autre, il va faloir « reconstruire le réseau des réseaux » : pour une meilleure sécurité, pour mieux gérer la mobilité entre les différents écrans, mieux gérer les différentes écritures, améliorer la vidéo ou la protection de l'identité des personnes. « Les bases que nous avons jetées sont complètement obsolètes », dit le scientifique français.

C'est vrai que nous sommes accrocs au numérique. En cette veille de week-end et à l'approche de l'été, Sophie Caillat sur rue89 nous donne quelques conseils pour nous désintoxiquer. C'est ce qu'un rabbin appelle des « petits shabbats ». D'ailleurs les Juifs parfaitement orthodoxes sont censés laisser l'ordinateur tranquille le temps du shabbat. Mais le rabbin en question reconnait que ce n'est pas une sinécure. Les dernières heures, "On a quasiment le doigt sur le bouton de l'ordinateur"

Bon week-end !

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