Hugo Aine, 22 ans, dont le rêve est en miette. Adrien Rabiot, 23 ans, et ses failles? Des lycéens qui ironisent sur parcours Sup, "ce Koh-Lanta"... Les Echos accueillent la tech à Paris, mais le Figaro exerce une lucidité caustique. Et le procès, dans Slate, de l'homme qui crevait des pneus...

Un survivant est dans l'Equipe ce matin...

Un homme jeune et pale au  visage brouillé d'une barbe inégale, et dont les yeux se perdent à la Une du journal, Hugo Aine a 22 ans et une question le hante, c'est le titre de l'Equipe, "pourquoi eux sont morts et pas moi"... Eux, Thomas Rodriguez de Tours et Samba Diop  du Havre, 18 ans, Baptiste Le foll 12 ans,  apprenti à Guingamp, ces jeunes footballeurs dont le coeur a lâché dans une saison noire dit l'Equipe, et Hugo Aine aurait dû être de la liste, atteint d’une inflammation du muscle cardiaque… 

Le 29 septembre dernier, il s'effondrait lors d'un match entre son équipe, Chambly, et le Red Star, et depuis, sauvé,  il revit la scène, il pleurait en se réveillant après  l'accident, il était fatigué ce jour-là, il avait eu des vertiges parfois mais ne s'en inquiétait pas,  "Quand tu es jeune, tu joues au foot, tu te sens invincible", il ne l'était pas. On parle dans l'Equipe de prévention et de détection, mais il reste un homme sauvé dont la vie est en miettes et le rêve interdit, qui sourit encore en parlant de son coprs devenu gras, et de son essoufflement, après dix secondes à courir derrière son chien…

Quelle étrangeté de lire Hugo Aine et d'apercevoir dans le Parisien un autre jeune footballeur, du même âge, Adrien Rabiot qui s'offre le luxe de décliner un poste de réserviste en équipe de France,  et l'orgueil de rabiot fait ressentir le dénuement de Aine. Mais qui peut dire les peurs des jeunes gens, et Le Parisien cherche dans la vie de rabiot et dans la maladie de son père les raisons de ses fragiles duretés... 

Dans Paris-Match, un vingtenaire heureux est caressé en interview, Kylian MBappe joue a Fifa avec son papa, sa maman lui achète des vêtements, il n'a pas le permis, il rêve d'un jambon-beurre avec des amis, saine jeunesse...

Le Parisien consacre sa Une aux lycéens mis en attente par Parcours Sup,  et a choisi des bons élèves d'un lycée bourgeois, Mozart dans le 16e arrondissement de paris, pour illustrer les failles du système... L'humanité préfère les élèves de Le Corbusier à Aubervilliers, mais c'est le même désarroi...  Le monde sur son site big browser raconte l'humour du désespoir des lycéens largués, sur twitter. « C’est pas une fac, c’est “Koh-Lanta” »...  Mais ces histoires ne sont pas toute l'histoire, Parcours sup a bien fonctionné dans l'Aveyron, dit Midi libre, Eve, Julie et Symeon, du lycée d'Estienne d'Orves, à Nice, vont bien; c'est dans Nice Matin... 

La France accueille le gratin de la high tech…

Et les Echos en font 6 colonnes à la une, « Paris accueille la Tech mondiale, avec Mark Zuckerberg en costume hier à l'Elysée, avec le PDG de microsoft Satya Nadella,  et les Echos, dans un éditorial  nous invitent à ne pas avoir peur, et à faire « un peu confiance » aux multinationales...

En face la Croix, arcboutée sur un humanisme chrétien, fait sa une sur le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles et invite un professeur de philosophie pour rappeler que nos vies ne sont pas des données... Ouest France parle d'un village des Côtes d’Armor qui va se passer des écrans! 

Illusion?  Les Echos, rappellent ceci : le scandale « Cambridge analytica » n'a pas abimé la progression de facebook. Le réseau est devenu trop important personnellement et professionnellement, pour que ses adeptes s'en détachent...

On comprend mieux alors l'arrogance de Mark Zuckerberg devant les eurodéputés, que raconte l'Opinion; on comprend mieux ce qu'est le rapport de force entre la tech et les Etats et notamment le nôtre. On lit dans un journal, ce matin, un article caustique et subversif... 

Je cite.

"Pas question de parler des choses qui fâchent. «Tech for Good» a été l'occasion pour les géants des nouvelles technologies de se montrer sous leur meilleur jour (...) le programme n'avait rien prévu sur les sujets brûlants du moment comme la modération des contenus violents, l'optimisation fiscale ou même le respect de la vie privée en ligne (...) «Tech for Good» ressemble surtout à un pont d'or dressé par la France vers la Silicon Valley.". 

Qui écrit cela? Le Figaro, dans son cahier économie, froidement rétif envers le nouveau monde...

Et tout ceci raconte aussi le choix stratégique d'Emmanuel Macron, dont le Un veut décrire les complexités narcissiques, mais qui est constant dans son appétence pour la technologie et ses maitres. Mais un économiste social libéral, Philippe Aghion, avertit le président des geeks dans l'opinion : le gouvernement privilégie une approche industrielle, il faudrait privilégier la recherche fondamentale, c'est Stanford qui a fait la Silicon valley.

Parcours sup, repère les génies... 

Et un homme qui crevait des pneus pour finir... 

Un auto-entrepreneur en subversion sociétale, Gilles Sarrailh, qui entre 2011 et 2017, a poinçonné plus de 6.000 voitures à Bordeaux, Slate raconte le procès de cet adulte handicapé qui vit des allocations, et plus qu'une approche de la maniaquerie, on entend l'incompréhension de la société normale, à laquelle la justice ne peut pas répondre...
 

Ainsi, quand lors la présidente égrène la liste des victimes, une dame se lève... «Excusez-moi! Dites, il est 10h15. On s’en fiche de savoir le montant des préjudices au centime près. Il y en a qui travaillent ici. Moi je veux qu’il s’explique. Je suis venue pour entendre les justifications de ce monsieur –si on peut l’appeler monsieur– qui m’a privée de vacances.»

Et quand le procureur se fâche, «Madame! C’est la loi.», la dame répond : «Allez-vous faire voir avec vos formules à la con!». Et elle attrape son sac à main: «De toute façon, j’allais y aller!»

Elle y va. 

Sarrailh n'ira pas en prison

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