(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin, le premier tour des municpales en quatre enseignements. D'abord : la claque pour la majorité

(Bruno Duvic) C'est un vieil ami du président de la République qui téléphonne au Parisien hier soir sur les coups de 21 heures... "Allô ? ici le Titanic".

Il fallait voir les mines déconfites et les voix chevrotantes des ministres et personnalités du PS hier soir sur les plateaux télévisés relève le journal. Hier soir, résume Mediapart, "la France des notables roses, bien implantés dans leurs bastions a été emportée ou se retrouve affaiblie".

Sale dimanche pour la majorité. Illustration à Marseille bien sûr. A la Une de La Provence : "La tornade Gaudin, la surprise Ravier, le flop Mennucci". "A Marseille la gauche vaut peu cher". C'est du Libé .

Marseille et la Provence, mais aussi, beaucoup moins médiatisées...

La Nouvelle République : "En Indre et Loire, la gauche sérieusement ébranlée".

Le Maine Libre : "Une vraie claque pour la gauche".

Libération Champagne parle de "débandade"

A Rennes (Ouest France ), la gauche est en tête mais l'abstention atteint des sommets : 47%

Même pour ceux qui s'en sortent bien la soirée n'a pas été éclatante.

Aubry devant à Lille, mais "Le parti socialiste est en fort recul dans la région" constate La Voix du Nord .

A Nantes, même si comme le titre Presse Océan , Johanna Roland vire largement en tête, il y aura un second tour dans la ville de Jean-Marc Ayrault, du jamais vu depuis 1989.

Paris : pas de triomphe non plus, loin de là. C'est "Le sourire forcé" d'Anne Hidalgo pour Le Parisien-Aujourd'hui .

La conclusion est sans surpise dans l'éditorial du Figaro signé Alexis Brezet : "Pour la majorité, désaveu clair, net et sans bavure, pour François Hollande, échec personnel et politique qui le laisse dans une situation d'extrême fragilité".

François Hollande sort de l'isoloir à la Une du Figaro et du Parisien-Aujourd'hui en France . C'est "Le désaveu", il est "sanctionné". C'est "La punition" pour le quotidien L'Opinion .

"Vous faites fausse route", voilà le message que lui ont lancé les électeurs selon Pascal Riché sur Rue89 . "La situation que vivent les Français est bien plus dure que ne l'avaient analysé les socialistes".

"La normalité a des vertus mais aussi des limites" écrit Jean Michel Bretonnier dans La Voix du Nord . "Les électeurs attendent de l'efficacité et un sens à l'action présidentielle". "Le pacte de compétitivité n'a pas eu le temps de produire ses effets" pour Hubert Coudurier dans Le Télégramme . Le politologue Dominique Reynié relativise un peu dans Le Parisien : "le second tour permettra peut-être au PS d'atténuer sa défaite". Du résultat de dimanche prochain dépendra sans doute l'ampleur du remaniement.

"La gauche sanctionnée et percée du Front national" C'est la Une de La Croix

Et c'est le deuxième enseignement de ce scrutin. Marine le Pen en photo à la Une du Wall Street Journal : "La France penche à droite". Elle est là aussi la claque pour François Hollande, selon Libération . "Elu en voulant apaiser le pays, il assiste à une poussée historique du FN".

"Front National : peur sur les villes" titre Libération . Ces nouvelles villes symboles depuis hier soir

Hénin-Beaumont : "Victoire coup de poing de Steeve Briois" (La Voix du Nord )

Béziers : "L'électrochoc Ménard", dans Midi Libre

"Perpignan sous le choc FN" à la Une de L'Indépendant catalan : Louis Aliot est en tête

Mediapart a fait les calculs : le FN a déjà fait élire 456 représentants dans les conseils municipaux.

"Le Front National a gagné une bataille, pour Guillaume Tabard dans le Figaro, celle de la crédibilité après celle de la respectabilité. On disait que les municipales n'étaient pas un scrutin adapté à ce parti : les résultats d'hier montrent sa mutation et sa capacité d'attraction (...) Et plus l'assise électroale et sociologique du parti de Marine le Pen s'élargit, plus il est difficile de le réduire à un vote non républicain."

D'ailleurs sur Mediapart , Hubert Huertas constate que dans bien des villes, le PS perd jusqu'à 10 points et les amis de Marine le Pen en récupèrent presque autant. "Est-ce le signe d'un transfert ? La question devra être élucidée."

"C'est sans doute la fin du système gauche-droite plus ou moins hermétique" pour Dominique Jung dans Les Dernières nouvelles d'Alsace . "La brèche ne cesse de s'élargir". Et nombreux sont les éditorialistes comme Philippe Palat dans Midi Libre qui font de ce 23 mars 2014 une réplique sismique du 21 avril 2002. "Ce 21 avril que chacun s'était juré de ne jamais revivre", déplore Christophe Bonnefoy dans Le journal de la Haute Marne .

Au passage relève Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées , "Le FN na pas démontré qu'il pouvait faire mieux que le PS ou le FN."

La droite sort-elle gagnante de ce premier tour ?

La réponse est moins nette.

Bien sûr, il y a beaucoup de victoires et de bonnes nouvelles pour la droite. A Bordeaux plus qu'ailleurs.

Sud Ouest , édition Gironde : "Juppé gagne sur tous les tableaux". Non seulement, il l'emporte dès le premier tour, mais la communauté de communes pourrait basculer à droite. "Juppé impérial à Bordeaux", titre Le Parisien.

N'attendez pas les cotillons, les chapeaux pointus et les langues de belle mère de sa part. Extrait de son discours dans Le Parisien : "Peut être que je n'explose pas comme je le devrais. Mais je vous le dis, je suis heureux." Ouf, on a eu peur. Juppé et ses émules. Edouard Philippe les bras levés à la Une du Havre presse : "Victoire par KO"

A la Une de Ouest France : "Forte poussée à droite". Le quotidien dresse la liste des personnalités élues ou réélues dès le premier tour (Jean-François Copé à Meaux, Laurent Wauquiez au Puy en Velay, Christian Jacob à Provins).

Dans Le Parisien, citation de Patrick Balkany :"Levallois, c'est moi". Réélu avec 52% des voix.

Victoire de la droite, donc, mais l'abstention et le rejet de la classe politique la concerne aussi. "La droite, écrit Olivier Mazerolle dans La Provence , ne peut ignorer que sonne aussi pour elle le tocsin du désamour."

Mediapart relève que "du PS à l'UMP, il n'y a pas eu de vase communiquant comme d'ordinaire entre un parti majoritaire sanctionné et le principal parti d'opposition."

Le Figaro lui-même relativise la victoire. "Dimanche prochain, c'est bien l'UMP et pas le Front National qui affichera dfes dizaines de conquêtes municipales" écrit Guillaume Tabard en pages intérieures. Mais Alexis Brezet dans l'édito de Une, pondère ce constat : "oui les électeurs de la droite se sont moins abstenus que ceux du camp d'en face, mais la reconquête des coeurs et des esprits reste à accomplir."

Dernier point relevé dans la presse : l'abstention, justementr

Hier c'était "Un scrutin de défiances", titre L'Humanité .

On frôle les 36% d'abstention, reccord...

Pas de surprise pour le politologue Dominique Reynié dans Le Parisien "Le climat politique est très mauvais, coktail de colère d'exasopération, de désillusion et d'un fort sentiment d'abandon. J'ai été frappé par cette campagne où le PS et l'UMP se sont affrontés durement au terme de bagarres très politiciennes et idéologiques et pour finir l'affaire des écoutes : tout ce que rejettent les Français. Ils ont le sentiment que leurs inquiétudes tournent à vide."

"La majorité de la population vit plus mal et ne reçoit que le pire des milieux dirigeants", résumé Patrick Apel-Muller dans L'Huma .

Défaite de la gauche, percée du Front national, et climat délétère. Résumé dans un dessin de Chaunu dans Ouest France . Un employé de l'Elysée s'approche de François Hollande : "Monsieur le président, votre casque est avancé"

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