Laissez-moi vous présenter un homme peu présentable... Un certain Saparmourat Niazov, Président du Turkménistan... Un autocrate mégalomaniaque qui s'amuse depuis quelques années à réduire son pays à la misère et à l'obscurantisme. Ainsi le définissent les reporters de "Paris Match" qui sont allés enquêter... Incognito bien sûr, car le Turkménistan est inscrit dans le top ten des pires endroits au monde pour la liberté de la presse. Leur reportage est édifiant... 4 pages d'un récit surréaliste... Une vue d'ensemble du règne d'un dangereux mammouchi... Une méchante farce tragi-comique. Voilà un pays qui est une sorte de compilation de la Roumanie de Ceaucescu, de l'Irak de Saddam Hussein, de l'Afghanistan des talibans ou de la Corée du Nord d'aujourd'hui... Un pays où l'usage de la torture est systématique... De la bastonnade aux chocs électriques, en passant par l'asphyxie... Le métier de bourreau y est un métier d'avenir. Et puis il y a la face visible de la folie de son Président... Les rues désertes... Interdit de s'y promener après 23 heures... Le jour, la capitale, Achgabat, offre le spectacle d'une ville traversée par des autoroutes à l'américaine sur lesquelles, aux heures d'affluence, on voit passer 4 Lada tous les quarts d'heure... Au loin, on aperçoit l'Arche de l'Indépendance... Qui tient à la fois de la ventouse débouche-évier et de la lampe Ikéa... Vous verrez les photos... Celle, notamment, de la statue en or du Président, pivotant 24 heures sur 24 pour suivre le soleil... Et puis il y a les invraisemblables bâtiments gouvernementaux, comme le ministère des Finances, qui a la forme d'un lingot d'or avec, autour, des esplanades grandes comme trois patinoires olympiques... Où personne ne se promene.. On y voit beaucoup de policiers en revanche puisque, selon une méthode éprouvée, les uns sont là pour surveiller les autres. Vous verrez également, dans "Paris Match", les phtos de ces hôtels grand luxe où personne ne dort. Quant à la population, elle est constamment filmée, car on doit pouvoir observer une mouche voler, a décrété Niazov... Ce qui doit être le cas, vu le nombre de caméras installées partout... Matériel relié au ministère de la Vérité. Enfin, dans les mosquées, à la place des sourates du Coran, Niazov a fait graver des extraits du livre qu'il a écrit : le "Rukhmana"... A côté duquel le Petit livre de Mao apparaît comme un aimable divertissement... Oui, ce pays est hallucinant... Tout étudiant qui ne sait pas réciter par coeur des passages du "Rukhmana" est rétrogradé...Et même pour obtenir le permis de conduire, il faut savoir réciter les extraits du livre sacrés. Voilà... Je vous en passe et des meilleures, comme le visage de Niazov, qu'on voit partout jusque sur les savons, les bouteilles de whisky, les paquets de pâtes... Et puis sachez aussi que, côté culture et médias...Le Président a interdit aux présentateurs du petit écran de se maquiller, car il ne distinguait plus les hommes des femmes... Et qu'il a banni aussi l'opéra, la musique classique, le ballet et le cirque, au prétexte qu'ils n'étaient pas des formes d'art turkmène. Alors on se demande comment, en 2005, un pays comme celui-là peut encore exister sans que la communauté internationale ne s'en offusque... Enfin, pas tant que ca, écrit le reporter de "Paris Match", Romain Clergeat... Parce que, à Washington, comme à Moscou, on préfère un satrape illuminé qui maltraite son peuple mais qui assure la stabilité dans cette région d'Asie centrale si stratégique... A ce niveau-là, ce n'est plus de la real politik... C'est de la surréal-politique. On va revenir en France, et aux joies du débat démocratique, avec vous, François Bayrou... Vous venez de vous expliquer en détail, avec Stéphane, sur les raisons de votre vote concernant le budget... Ce que la presse qualifie "d'acte politique majeur"... Et justement, je voudrais vous livrer trois ou quatre phrases, comme ça... Tirées de quelques éditoriaux de journaux régionaux... A commencer par "Sud Ouest", dans lequel Bruno Dive évoque "la lente dérive de l'UDF vers l'opposition"... Cette formation politique, avec des militants plutôt à gauche mais des électeurs souvent à droite... C'est aussi Pierre Taribo qui, dans "L'Est Républicain", écrit : "On prenait François Bayrou pour un Bibi Fricotin rêvant d'être reconnu comme un grand leader par les Français... Eh bien, on le découvre comme une sorte de gauchiste du centre, menant une stratégie groupusculaire, qui fait perdre ses nerfs à l'UMP". Ou enfin Hervé Favrer, dans "La Voix du Nord"... "Entre droite et gauche, François Bayrou fait de la godille sur sa barque, applaudissant là les mesures d'ordre public lors de la crise des banlieues, mais fustigeant ici les cadeaux fiscaux"... Il reprend vos mots... "Aux plus riches"... "Mais attention, poursuit Hervé Favre... A force de louvoyer, il pourrait bien donner le mal de mer à ses électeurs, sans pour autant capter une partie de l'électorat de gauche". Voyez ce qu'il en ressort chez les commentateurs, c'est un certain aventurisme dans votre stratégie politique. Boire ou pas boire, il faut choisir... Il se pourrait bien qu'on vous fasse choisir, à l'avenir. Aujourd'hui, Hervé Chabalier, PDG de l'agence de presse CAPA, ancien alcoolique, remet au ministre de la Santé un rapport de 150 pages, pour faire de la lutte contre l'alcoolisme une grande cause nationale, au même titre que le combat contre le tabac. "Le Parisien" en fait son dossier principal aujourd'hui, sous le titre : "Le rapport choc"... Et Chabalier s'explique : "La lutte contre ce fléau a pris du retard en France parce que c'est un pays où, culturellement, l'alcool a toujours été considéré comme quelque chose de convivial... Et puis bien sûr, il y a le lobby des fabricants"... Alors Chabalier propose, comme mesure-phare... D'abord de ne plus considérer l'alcool comme un produit de consommation courante... Il faut donc le "dénormaliser", et faire imprimer sur chaque bouteille des avertissements sanitaires, comme on le fait pour le tabac. Effectivement, si l'on affiche des messages comme : "La consommation d'alcool est dangereuse pour la santé", on dépasse les simples appels à la modération. Voilà qui génère un débat plus large, que "Le Parisien" résume avec cette question... "Franchement, y a-t-il trop d'interdits ?"... Réponse avec ce sondage TMO, réalisé du 30 mai au 4 juin derniers... S'il y a un chiffre à retenir, c'est celui-là : 76% (donc les trois-quarts de la population) considèrent que, pour lutter contre les comportements à risques, les pouvoirs publics doivent informer davantage mais laisser les gens décider par eux-mêmes de leur comportement. Dans un mois et demi, on célèbrera les dix ans de la mort de François Mitterrand... Eh bien, figurez-vous que de son vivant, l'ancien Président pensait déjà à cet anniversaire post-mortem. Au psychanaliste Ali Magoudi, illustre lacanien, qu'il a consulté de 1984 à 1993, François Mitterrand avait dit : "Notez tout, faites-en un test, et publiez ça pour le dixième anniversaire de ma mort". Eh bien voilà : ça donne un livre qui s'appelle "Rendez-vous", où l'on découvre les petits secrets d'un Président... Et c'est l'hebdomadaire "Gala" qui nous en livre quelques-uns cette semaine. On apprend, par exemple, que l'enfant François Mitterrand a été traumatisé par la faillite financière de ses grands-parents maternels pendant la crise de 29... Qu'il a assisté impuissant à leur désespoir... Les déménageurs qui emmènent les meubles... La grand-mère qui en meurt de chagrin... D'où cette confidence : "Si vous souhaitez trouver des raisons à ma lente conversion au socialisme... En voilà une, car c'est le capitalisme qui a fait le malheur de mes grands-parents". A propos de Margaret Thatcher, l'ancien Président voyait en elle l'image de sa mère, et il explique... "Elle était comme elle : aussi psycho-rigide, avec des impératifs catégoriques frigorifiants". Enfin, concernant sa double vie... Les deux femmes de sa vie... Anne et Danièle... Il confie : "Si j'ai préféré l'état de confusion et de secret, c'est que je ne me résouds pas à quitter ceux que j'ai aimés"... Et il ajoute, superbe : "Je ne romps pas, j'additionne". Oui, hors antenne, si vous le voulez bien... Mais c'est vrai qu'on va finir en chansons, avec un tout nouveau magazine... Un bimestriel : "Chanson Mag"... Le journal de la chanson francophone, dont le directeur de la publication, Philippe Coppé, présente ainsi le crédo dans son édito : "c'est pas parce un chanteur passe beaucoup à la télé ou à la radio qu'il n'a pas de talent... Et ce n'est pas non plus parce qu'il manque de talent que les médias ne lui accordent pas de place... Nous savons bien que le système est incapable de rendre compte de la formidable diversité de la chanson française"... C'est pour ça que Bénabar et Julien Clerc côtoient Claire Thouzy et Francesca Soleville dans votre magazine, Philippe Coppé. * Vu la crise que connaît la presse écrite, il faut être un peu fou pour lancer un nouveau titre aujourd'hui... Merci, Philippe Coppé. Et dans ce magazine, vous pourrez lire une interview de notre confrère Jean-François Kahn, fondateur de l'hebdomadaire "Marianne" et fan de chansons, qui ose le dire... "Avec le recul, je constate que Brel a un peu vieilli"... Ou encore Francesca Soleville qui dit : "La chanson que je déteste, c'est 'Ne me quitte pas', de Jacques Brel, parce que se rouler par terre aux pieds de quelqu'un, ça je ne peux pas". Oui, l'ombre de ton ombre, l'ombre de ton chien... Nous revenons à Jean-François Kahn, qui nous dévoile que, dans la rédaction de "Marianne", une fois tous les deux mois, on invite un accordéoniste... On distribue des partitions, et le personnel chante en choeur. C'est bien la première fois que Jean-François Kahn encourage les journalistes à entonner le même refrain... Bonne journée !... A demain...

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