Patrick Cohen : Dans la presse de ce 24 novembre, une affaire de gros sous… Yves Decaens : Une affaire dont tout le monde parle et qui nous fait remonter dix ans en arrière : cela fait dix ans que ça dure pour le plus grand bénéfice de quelques-uns, je veux parler de la saga Harry Potter... on ne peut pas y couper... Pour l'avant-dernière fois, puisque le film qui sort aujourd'hui, « Les reliques de la mort », c'est le 7ème épisode, mais qui sera proposé en deux parties. La toute fin du cycle, ce sera pour juillet 2011. Et en attendant, on lira dans Le Figaro notamment, l'histoire vraie celle-là, du trio d'acteurs : Daniel Ratcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, 60 ans à eux trois. Dix ans passées derrière la caméra, toute leur enfance et leur adolescence dans la peau de leur personnage et pas de cicatrices apparentes écrit jean Luc Wachthausen, mais un compte en banque bien rempli. Surtout pour le héros bien sûr, Daniel Ratcliffe, dont la fortune est estimée à 49 millions d'euros. Dans Les Echos, Nathalie Silbert le constate aussi : « Avec 5 milliards et demi de recettes au box office mondial, la série des Harry Potter est devenue la cash machine de Warner. Sans compter les produits dérivés que France-Soir situe à peu près au même niveau : « Des baguettes magiques en veux-tu en voilà, des personnages en légos, des jeux vidéo, des autocollants. Et quand tout ça sera fini, quand les fans du petit sorcier auront passé l'âge, demande Marilyne Letertre, et bien, ils passeront le relais à leurs enfants. Il y a déjà un département Harry Potter qui a ouvert au Parc Universal de Floride. Voilà, c'est vrai qu'elle va grandir la génération Potter, ces jeunes élevés à la baguette comme le dit joliment Libération. Elle grandit même apparemment plus vite que son héros, qu'elle continue d'aimer tout en le trouvant un peu niais. Voir Jérémy, 19 ans, étudiant en cinéma qui le dit à Libé : « Il est entré en 6ème quand Harry arrivait à Poudlard, mais aujourd'hui, bon, qui a envie de s'identifier à un « nerd à lunettes » (un neuneu de l'informatique), un « nerd à lunettes » qui peut même pas pécho une meuf. Evidemment, là, on est loin de la magie Harry Potter. Patrick Cohen : Je disais donc une histoire de gros sous ce matin dans la presse... Yves Decaens : Cela étant, le film n'est pas mal apparemment, plus sombre et violent que d'habitude mais, bon, sans surprise. J'en viens à cette autre histoire de gros sous, l'affaire des sous-marins que le Canard Enchainé résume d'un théorème : « Tout corps plongé dans du liquide en ressort mouillé ! ». Et oui, on lira dans le Canard, ce qui relève des faits, du soupçon ou des fantasmes. De ce point de vue, y’a pas de problème, on sait ce qu'on sait, et on sait ce qu'on ne sait pas. C'est vrai, commente Erik Emptaz, rien ne vient étayer l'implication du président de la République, mais cette affaire est une affaire d'Etat et à ce titre, le chef de l'Etat ne peut s'en dédouaner en la qualifiant de fable ou pire en s'énervant devant les journalistes en leur demandant l'effet que ça leur ferait si on les traitait de pédophiles. « Amis pédophiles, à demain ! », la phrase lancée par Nicolas Sarkozy, sur le ton de la boutade, a fait mouche et Libé la met en Une (un peu comme l'avait fait L’Equipe cet été en reprenant le « va te faire, fils de" lancé par Anelka à Domenech, c'était du off aussi !) Oh, on sait bien, commente Laurent Joffrin, que c'est du second degré, qu'on est dans la métaphore (métaphore fort étrange au demeurant). Mais bon, fait-on le procès des dérapages médiatiques ou de manière plus contestable le procès de la curiosité légitime de nos enquêteurs et de ceux des autres journaux ? Il est une manière simple de régler ça, conclut Joffrin : « Rendre publiques toutes les pièces afférentes à l'affaire, on quittera alors le domaine des procès injustes et des comparaisons outrancières ». Ce que remarque aussi Christophe Barbier dans L’Express, que l'éthique suffirait, dit-il, à justifier qu'on dotât le juge Van Ruymbeke de pouvoirs exceptionnels dans ses investigations. « Si des ministres, des élus, des fonctionnaires ont reçu des valises de billets, il faut tout faire pour que leur identité soit établie, leur argent saisi et leur procès exemplaire ». Et conclut Barbier : « C'est parce que cette enquête n'a presque aucune chance de percer les bons coffres, ni d'arrêter les vrais coupables qu'il faut soutenir sans relâche le magistrat. Voilà, de la transparence et du soutien, c'est ce que fait France-Soir en publiant la lettre du juge Trévidic au ministre de la Défense Alain Juppé, lui demandant la déclassification de certains documents, en s'agaçant plutôt de ce que cette déclassification demandée en mai dernier n'a toujours pas été soumise à l'avis de la commission chargée d'étudier la question. Alain Juppé s'est engagé à suivre ses avis. Alain Juppé qui vient tout juste de s'installer et qui doit déjà traiter ce dossier Karachi: On l'imagine comme le fait Pétillon dans Le Canard Enchainé, on l'imagine à son bureau du ministère, le dossier secret-défense posé devant lui, les bras levés au ciel : « Les merdes, c'est toujours pour moi, je suis maudit ! ». Patrick Cohen : Dans la presse également ce matin, le retour de l'OM, la réforme des retraites et François Fillon super star... Yves Decaens : Pas moins de six pages dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France, et la Une en prime ! Beaucoup de morts célèbres n'en n'ont pas eu autant, sauf que là, c'est un acte de renaissance que signe le journal. Pour tout savoir de la vraie nature du premier ministre, un peu magicien de la politique et qui a beaucoup grandi lui aussi ces dix dernières années. Son enfance, ses ennemis, ses ambitions. Son père qui voit en lui un éventuel très bon président. Son frère, Dominique Fillon, pianiste, qui souffre d'être le « frère de... ». A la radio, ça va, mais organiser un concert sur son nom, c'est apparemment difficile. Les gens ont l'idéologie plus forte que l'oreille, commente Pierre Bouteiller que les auditeurs de France Inter n'ont pas oublié bien sûr ! Tellement en cour François Fillon que Ranson (dans Le Parisien toujours) le croque aux côtés de Nicolas Sarkozy qui lui demande : « Toi qui as le bras long François, tu pourrais pas trouver un boulot à mon fils ? ». Alors, Fillon qui n'en n'a peut-être pas fini avec la réforme des retraites… C'est ce que croit, ce qu'espère L’Humanité qui voit à la Une encore et partout des mèches allumées (je résume). La journée d'action d'hier, écrit l'huma, montre que les salariés restent mobilisés sur ce thème. On pourra s'étonner avec Le Figaro de cette mise en préretraite de 3000 salariés chez Renault. Une réponse à la pénibilité de l'emploi qui se fait, commente Olivier Auguste, au détriment des seniors. Ce que souligne aussi Les Echos, que ces mesures de préretraite à 58 ans brouillent pour le moins le message gouvernemental. Pour le reste, le retour de l'OM à la Une de L’Equipe, « L’OM dans la cour des grands ». 3-0 hier à Moscou, les Marseillais sont qualifiés pour les 8èmes de finale de la ligue des champions, ce qui n'était plus arrivé depuis onze ans. Le meilleur pour la fin, cette étude que révèle Libération : l'étude d'un site de rencontre qui a fait le lien entre les prénoms féminins et la sexualité, où l'on voit que les prénoms se terminant par « A » dopent le sex appeal... Laura, Tania ou Lola sont les plus actives, loin devant les Martine et les Françoise. Et surtout, loin devant, les petites dernières du classement, qui avouent n'avoir eu qu'un seul copain de couette. Celles-là s'appellent, je vous le donne en mille, Thérèse.

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