J'imagine que vous êtes au courant... La privatisation d'EDF va franchir aujourd'hui une étape décisive avec la signature dite de "contrat de service public de l'entreprise"... Service public, dit-on : en fait, la voie se dégage pour une ouverture du capital avant la fin de l'année. Voilà : ça y est : tout est en place pour une de ces guerres de religion dont le pays est friand, nous dit Jean-Michel Helvig dans "Libération"... D'un côté : les croisés du libéralisme... De l'autre : les croyants du service public. Illustration dans la presse ce matin... Pour "Le Figaro" : la privatisation, c'est une chance pour EDF... Ca n'a rien d'un mal nécessaire, affirme Jean-Michel Salvatore... Pour "L'Humanité", au contraire, c'est une catastrophe... "L'Humanité" qui se fait le relais de Marie-George Buffet, qui lance l'idée d'un Zénith pour la défense d'EDF.... Autrement dit, un grand rassemblement des forces de gauche, pour ne pas laisser la droite brader EDF... Je reprends les mots de la secrétaire générale du PC. Le sujet est très politique, c'est évident... Laurent Fabius, par exemple, en fait l'un des thèmes... j'allais dire de sa campagne... Hier encore, au grand jury de nos confrères d'RTL et du Figaro, l'a réaffirmé... S'il parvenait au pouvoir en 2007, il renationaliserait EDF. Mais on parle surtout de Laurent Fabius dans les journaux ce matin, pour ses déclarations sur la réforme de l'ISF, qu'il qualifie de "copinage fiscal". Quant à François Bayrou, c'est dans "Le Parisien" qu'il s'exprime sur le sujet... Un vrai discours d'opposition... L'ISF n'est plus un impôt, dit-il... c'est une passoire... Ce budget n'est ni juste, ni fiable, ni sincère... Les dépenses sont sous-estimées... Ce budget est faux, alors qu'il devrait être un contrat de confiance avec les Français. Alors, un tel réquisitoire, Béatrice Houcard, du "Parisien", demande à François Bayrou s'il va voter contre ce budget... "Je ne peux pas me prononcer avant d'en avoir discuté, demain, avec mes amis... répond François Bayrou... Mais je serais vraiment surpris que cette discussion nous conduise à voter pour". Un article qui va vous intéresser, Jean-Louis Borloo, ministre du Logement... C'est un reportage de "Libération", intitulé "Un jour viendra, Robert, qu'on aura les toilettes !"... Paroles de locataires des corons d'Hersin-Coupigny, dans le Pas-de-Calais... Depuis 30 ans, ils attendent la rénovation promise de leurs logements sociaux... Plus antisocial, comme logement, tu meurs... La preuve avec ce que dit Claudine, 49 ans, qui vit sans chauffage central, sans isolation, ni eau chaude, ni salle de bains... Avec les toilettes dehors, s'il vous plaît, et sans chasse d'eau... Le soir, dit-elle, on prend un chaudron, comme les vieux dans le temps, et on se lave. Près de 8.000 logements de ce type attendent ces fameuses rénovations, toujours promises et jamais débloquées, faute d'argent pour creuser les tranchées d'arrivée de gaz et de tout-à-l'égoût. Restent donc ces paroles de Monique, sinistrée depuis 38 ans... Ces mots qui semblent traduire l'énergie d'un certain désespoir... C'est au voisin d'en face, Robert, qu'elle dit : "Un jour viendra qu'on aura les toilettes !". Qu'est-ce que ça vous inspire, Jean-Louis Borloo... Une éclaircie, en revanche, du côté des loyers à Paris... C'est "Le Parisien Economie" qui nous le confirme... Les loyers baissent, nous dit-il, profitez-en... On arrive à un recul de 1 à 2 euros au mètre carré. Il faut dire qu'aujourd'hui, le choix, pour le locataire, est plus large... Et puis le candidat est plus exigeant maintenant... Plus question de payer un loyer élevé pour un appartement qui n'en vaut pas la peine... Qui plus est, les bailleurs n'augmentent plus systématiquement leurs loyers à chaque changement de locataire... Simplement parce que les locataires ne jouent plus à ce jeu, dont ils étaient souvent les perdants... Le discours, en gros, c'est : "Revoyez vos prétentions à la baisse, sinon votre appartement, vous le gardez". Si je vous dis : "L'important, c'est le spectacle, le divertissement, les applaudissements sur commande, la vanne... Grasse, de préférence"... Et si je vous dis quel est l'endroit où les écrivains, les artistes, les hommes politiques ou les magistrats invités sont traités d'égal à égal avec des starlettes siliconées, des joueurs de foot ou des repris de justice... Vous pouvez répondre : "la télé"... L'endroit où le débat est mort, proteste "Marianne" dans un long article au vitriol intitulé "La télé contre la démocratie"... A la place du vrai débat, on a droit à des happenings clownesques, écrit l'hebdomadaire... La télévision est devenue le dernier salon où l'on pose... Car on ne cause plus... On peut débattre du prix des aubergines, du bracelet électronique ou des malheurs sentimentaux d'Adjani, mais presque jamais des sujets les plus graves et les plus conflictuels... Oh bien sûr, l'expression d'une différence est parfois possible... A condition qu'on accepte de la formuler, coincé entre une pute et un travesti. Heureusement, la télé, ce n'est pas que ça... C'est par exemple ce que nous propose France 3 ce soir... Le remarquable documentaire intitulé "De Gaulle intime", salué par la quasi-totalité de vos journaux, ce matin... Finesse enjouée, sens de l'anecdote rigoureuse... Témoins d'exception, estime "Le Parisien"... Un documentaire unique, juge "France Soir"... Et comme le remarque très justement "Le Figaro"... Nous connaissions De Gaulle, nous allons découvrir Charles. Tiens, quelque chose qui aurait fait plaisir au Général de Gaulle... La confidence que fait le gaulliste, justement, Jean-Louis Debré au journal "La Croix"... Il le dit fièrement : sur son portable, il a installé comme sonnerie : "La "Marseillaise". Et il le dit dans le cadre du débat qui agite l'Education nationale face à l'apprentissage de l'hymne, rendu obligatoire dans le primaire... Ce qui met en colère un certain nombre d'enseignants. Et puisqu'on en est aux petites habitudes des politiques... Celle que nous révèle "Le Parisien", ce matin, vaut le détour... Elle concerne le ministre des Transports, qui rêve d'une grande destinée à Lyon... Selon l'endroit où il se trouve, Dominique Perben fait changer l'immatriculation de sa 607 banalisée... La semaine à Paris, affirme "Le Parisien", c'est une 75... Mais le week-end à Lyon, c'est une 69... Le numéro du département du Rhône. Or, chacun sait qu'avoir deux plaques d'immatriculation, c'est totalement illégal... Mais c'est comme ça : le jeudi après-midi, dans la cour d'honneur du ministère, un homme sort discrètement un jeu de plaques du coffre de la voiture... Quelques tours de tournevis, et le tour est joué. Je ne sais pas : je ne la reçois pas à France Inter... Je ne l'ai pas commandée. Et vous n'êtes pas obligés de me croire... Parce que le nombre de personnes qui lisent ça est important... Mais ce qui est étrange, c'est que plus ça va, et plus la presse people a des lecteurs... C'est même un secteur très florissant... Ce qui est quand même un comble quand on sait à quel point la presse... Allez, "normale"... A du mal à survivre. C'est "Marianne" qui soulève le problème, avec vous, Liliane Sichler. Bonjour... La presse à scandales prospère... Mais ce qui est étonnant, c'est qu'elle s'est trouvé une nouvelle clientèle... Et pourquoi cette conversion... * Ca ne vous met pas en rage, vous journaliste, quand vous voyez à quel point la presse écrite a du mal à vivre... Merci, Liliane Sichler... On va terminer avec un petit encadré, en page 3 du "Journal de Paris", dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France"... Anne Frank est dans le journal, ce matin... Ce qui est loin d'être insignifiant... Même s'il faut le trouver, cet article, et la photo qui va avec... Il se trouve que la Mairie de Paris a décidé de baptiser une place de la capitale du nom d'Anne Frank... L'une des figures emblématiques des victimes de l'Occupation nazie... Aux Pays-Bas, en l'occurrence... C'est dans le 3ème arrondissement que la place en question portera son nom... Et "Le Parisien" nous rappelle qu'actuellement, sur les 130 noms de rues, places et lieux du 3ème arrondissement, il n'y a que deux femmes... Si l'on excepte les saintes... Mais nous sommes d'accord : nous parlons bien des femmes.

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