(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : inconnu à cette adresse

(Bruno Duvic) Nous sommes dans une maternité de Los Angeles en août dernier. Un ex reine de beauté accouche de deux jumelles. L'avenir des bébés semble assuré. Quoique. Le papa est à la tête d'une fortune estimée à 1 milliard de dollars. A la tête d'une des entreprises les plus florissantes au monde. Mais il est absent et pour cause. Le Papa s'appelle Joaquim Guzman, alias « El Chapo » (le grassouillet), le plus puissant trafiquant de drogue de la planète.

Cette semaine, en reprenant un article du New Tork Times , Paris Match retrace le destin de ce Mexicain, sans doute l'homme le plus recherché depuis Ben Laden. Il a 55 ans - à son âge Pablo Escobar était mort depuis 10 ans. Enfance pauvre, scolarité arrêtée au niveau CE2. Devenu adulte, il lui faudra des nègres pour écrire à ses maitresses.

C'est dans les années 80 que son destin bascule. La route de la drogue de Colombie vers les Etats-Unis ne passe plus par les Caraïbes mais par le Mexique. El Chapo sera l'ordonnateur du trafic. Comment faire fortune : le prix de la cocaïne, de la récolte en Colombie à la vente au détail, passe de 2.000 dollars à 100.000 dollars le kilo.

L'Idée qui a fait la fortune d'El Chapo, ce sont les tunnels. Puisque la frontière Mexique/Etats-Unis était surveillée, il est passée par en dessous. Le premier semblait être un simple robinet à l'extérieur d'une maison côté mexicain. Le robinet était un levier qui ouvrait une trappe planquée sous une table de billard. Le tunnel aboutissait en Arizona.

Je vous laisse découvrir les autres détails de cette histoire. Le cartel qui possède ses propres sous-marins - un système de vanne permet de les faire couler en un clin d'œil si les gardes côtes arrivent. Ce que racontent cette histoire c'est aussi la corruption à une échelle invraisemblable au Mexique. Et les morts de la guerre de la drogue : plus de 50.000 victimes depuis 2006.

De l'autre côté de la frontière, les Etats Unis.

Et un autre homme inconnu à cette adresse. Il s'appelle Jose Antonio Vargas. C'est l'un des plus grands journalistes aux Etats Unis, prix Pulitzer. Il vit aux USA depuis ses 12 ans, il en a 31. Et il y a quelques mois, il a fait son coming-out dans un article du New York Times : « Ma vie de sans-papiers ».

Télérama raconte son parcours. Jose Antonio Vargas est né à Manille, Philippines. Un matin, sa mère le réveille en lui disant que sa valise est prête et qu'un oncle l'attend à l'aéroport. L'oncle en question est un passeur. Il le dépose chez ses grands parents qui vivent légalement aux Etats-Unis. C'est en passant son permis de conduire, adolescent, qu'il réalise qu'il est l'un des 12 millions de clandestins vivant aux Etats Unis. Son titre de résident est un faux : « Ne reviens plus ici », lui dit l’employée de l’administration.

Pendant de longues années Jose Vargas s'est tu. C'est l'échec du « Dream Act », une promesse d'Obama de régularisation massive qui l'a amené à parler. Aujourd'hui encore, Jose Vargas peut être expulsé de son pays du jour au lendemain.

Au détour de l'article, on apprend qu'Obama a expulsé davantage de clandestins que George Bush. « L'illusion Obama », nouvelles fournées d'articles à moins de deux semaines de l'élection. C'est la Une des Inrockuptibles notamment. L'écrivain Ron Suskind résume le mandat comme autant d'illusions évanouies : « Elles laissent au bout du compte Obama tel qu'il est. Un simple mortel face à un moment historique extrêmement difficile. »

Difficile en France aussi

Etude dans le Parisien. Sous l’effet de la crise, les Français sont moins généreux. Ils prévoient de moins donner aux associations et organisations humanitaires dans les mois à venir. Ils préfèrent aider leurs enfants plutôt qu'une ONG.

Des manifestations de la crise, le maire de la Courneuve, en Seine-St Denis en voit tous les jours. C’est un article du Monde .

Les premiers signaux sont venus juste avant l'été. Lors des inscriptions pour les séjours de vacances, les quotients familiaux les plus faibles représentaient 84% des demandes. A la rentrée, à la cantine, explosion des dossiers aux tarifs les plus bas.

La situation « a commencé à basculer il y a deux ans, ça s'est aiguisé cet été », dit le maire Gilles Poux. « Nous sentons une vraie tension, des familles à l'agonie financière, des vieux à la limite de la rupture. »

Quoi d'autre dans la presse ?

« Les Rafale attendront ». Propos de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, dans Le Parisien-Aujourd’hui en France . Il raconte son déplacement dans les Emirats Arabes Unis, comme la promesse d'une nouvelle façon de gérer le mélange diplomatie-défense-business.

« Vous avez parlé des avions Rafale, lui demande Le Parisien ?

  • Non. Un ministre de la Défense s'adresse à des partenaires, pas à des clients. Il n'arrive pas avec un catalogue sous le bras. Si la France n'a jamais vendu de Rafale, c'est peut-être qu'on a confondu les rôles. La discussion viendra ultérieurement.

  • Est-ce que votre déplacement préparait une visite de François Hollande au cours de laquelle les contrats militaires seront abordés ?

  • Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'étais porteur d'une lettre du président de la République... »

Le sondage qui montre que la paix n'est pas pour maintenant entre Israéliens et Palestiniens. Sondage publié par le quotidien de centre gauche Ha’Aretz et repris par slate.fr .

Titre de Slate : « La plupart des juifs israéliens soutiendraient un régime d'Apartheid en Israël, selon un sondage ». 59% des personnes interrogées voudraient que les juifs soient prioritaires sur les arabes israéliens dans les emplois de service public. Commentaire de l'éditorialiste du Ha’Aretz Gideon Levy : « Si une telle étude avait été publiée envers les juifs dans un pays européen, Israël en aurait fait tout un scandale. »

L'inquiétude du Figaro pour les policiers et gendarmes : 38 sont agressés chaque jour. Le ministre de l'Intérieur érige la sécurité des effectifs en priorité absolue.

Le lien entre téléphone mobile et tumeur au cerveau reconnu en Italie. La cour de cassation vient de reconnaitre comme maladie professionnelle la tumeur au cerveau d'un cadre supérieur lié à l'usage intensif de son mobile. C'est à lire sur le site bastamag .

Vie privée vie publique. Les nouvelles amours d'Anne Sinclair à la Une de Paris Match . Photos qui ont l'air d'avoir été prises à la dérobée de son idylle avec l'historien Pierre Nora.

Et pour finir, une histoire dans La Provence

Inconnu à cette adresse. Voici l'histoire du petit Naël. Joli bébé qui pose dans les bras de son papa. Naël a 4 mois et pourtant, officiellement, il n'existe pas. A la suite d'un malentendu avec l'Etat civil, ses parents ont laissé passer le délai légal pour le déclarer officiellement. C'était en juin. Depuis, l'affaire n'est toujours pas réglée. Les parents de Naël ont réussi à lui obtenir une assurance santé, mais il y a beaucoup de démarchés que l'on ne peut pas faire sans acte de naissance. Pas d'inscription en crèche par exemple. Alors ils médiatisent l'affaire, avec une boule au ventre : « Que se passe-t-il, demande son père, s'il nous arrive un accident à moi et ma femme et que la situation de Naël n'est pas réglée ? »

A demain.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.