accord pour la création d'un cdi dans l'intérim
accord pour la création d'un cdi dans l'intérim © reuters

Au menu ce matin : débat autour du contrat de travail unique, le TGV à la dérive, et un atlas des spécificités et autres bizarreries françaises.

Le CDI doit-il disparaître ?

Question à la une de deux journaux : Libération et la Dépêche du Midi à Toulouse, la ville du nouveau prix Nobel d'économie Jean Tirole, théoricien en chef du contrat de travail unique. C'était en 2003, dans un rapport Jean Tirole proposait une solution médiane entre la protection du CDI et la précarité du CDD, avec un objectif : libérer le marché du travail.Eh bien voilà l'idée à nouveau propulsé au centre de l'actualité. Acte 1 : le 13 octobre dernier, fraîchement auréolé de son Nobel, Jean Tirole persiste et signe : "Au lieu de protéger les salariés, dit-il, le CDI les dessert, car plus personne n'a accès à ce type de contrat." Acte 2 : "Manuel Valls ou l'art de mettre les pieds dans le plat", écrit Libération. Le premier ministre a jugé hier cette idée "intéressante". Parce qu'elle permettrait, selon lui, d'agir sur les inégalités entre les salariés très protégés en CDI et les salariés précaires en CDD et en intérim. En somme, explique la Dépêche du Midi, réduire la fracture entre les "insiders" et les "outsiders", ceux qui sont dans et en dehors du système.

"Encore un tabou qui flanche", selon Libé ! Après la modulation des allocations familiales, Manuel Valls est, là encore, assuré de faire la quasi-unanimité contre lui à gauche. Même si le premier ministre a rappelé la limite : "C'est aux partenaires sociaux de discuter du contrat unique", dit-il. Et il le sait très bien, il y a peu de chances pour qu'un éventuel dialogue aboutisse. Parce que, comme le note Daniel Hourquebie dans la Dépêche, le patronat est très pour... et les syndicats très contre.

Illustration ? Voilà comment Jean-Eudes du Mesnil, de la CGPME, résume le contrat de travail unique : "Si l'activité se maintient, le salarié reste. S'il y a un retournement de conjoncture, on considère que ce serait un motif réel et sérieux de licenciement." Et voilà "le" point d'achoppement avec les syndicats.

"C'est l'insécurité pour tous", dénonce Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT. "C'est une tentative de plus de déréglementer le marché du travail", renchérit Bernardette Ségol, de la Confédération européenne des syndicats. Selon elle, "les pays qui ont le plus assoupli les conditions de licenciements des CDI ne sont pas, et de loin, les pays où la précarité a reculé".

La preuve en Grande Bretagne. Taux de chômage faible, peu de CDD, mais le contrat zéro-heure oblige plus d'un million et demi d'employés à être disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, payés 7 euros 30 de l'heure. Michel Husson, de l'institut de recherches économiques et sociales, est très critique : "On fait apparaître les CDI comme des privilégiés qui devraient, par esprit de solidarité, s'ajuster vers le bas", regrette-t-il..

Alors la France souffre-t-elle vraiment d'un trop-plein de rigidités et de protections ? Pas si simple... Même la libérale OCDE le reconnaît, écrit Libé. Sur une échelle de 0 à 6 mesurant "l'indice de protection de l'emploi", la France affiche un score de 2,5. Moins que l'Allemagne qui affiche un indice de 3 sur 6.

"Le TGV à la dérive"

Titre du Figaro ce matin. Le quotidien revient sur ce rapport accablant de la Cour des comptes, qui dénonce le coût prohibitif, pour la SNCF et les finances publiques, du fleuron du rail français. "Emporté par sa réussite initiale, le TGV doit être mis à la diète s'il ne veut pas foncer vers la faillite", préviennent Les Echos.

Les élus régionaux ont été trop gourmands : tous ou presque ont voulu dans leur gare ce symbole de modernité. Problème, au lieu de circuler à 320 km/heure, il circule dans 40 % des cas, sur des lignes classiques. Le TGV joue donc très souvent le rôle de TER de luxe. Avec pas mal d'incohérences. Exemple : sur la portion Rennes-Quimper, le TGV s'arrête plus souvent que le train régional ! Une folie ! "En multipliant les dessertes et en étirant les lignes, l’État, les collectivités et la SNCF creusent leur tombe", écrit Jean-Louis Hervois dans la Charente Libre. La rentabilité du TGV a d'ailleurs été divisée par deux en 14 ans, précise de son côté Libération.

TGV ide
TGV ide © ide

La Cour des comptes fait donc plusieurs recommandations. La première ? Lever les restrictions sur le transport longue distance routier. En clair, relancer les autocars, ce qu'avait déjà proposé le ministre de l'Économie Emmanuel Macron. Autres recommandations : concentrer les moyens financiers sur l'entretien du réseau et ne lancer des projets qu'après études préliminaires.

Et aussi...

"Le gros coup de blues des bibliothèques." C'est à lire dans la Provence ce matin. Le manque de personnel affecte tout le réseau du livre de Marseille. "On reste constamment en sous-effectif", déplore une employée de l'Alcazar, 18.000 m2 dédiés au livre, une tâche immense... Impossible de tout gérer ! Les bibliothécaires réclament par exemple un magasinier depuis 2 ans. Toujours rien... Résultat : l'Alcazar est parfois contraint de fermer purement et simplement des services. Celui destiné aux déficients visuels et auditifs, par exemple, clos depuis le mois d'août.

Et encore, "c'est pire au sein du réseau des bibliothèques de quartier", raconte La Provence. Désormais, la moitié d'entre elles ferment au public tous les matins et un jour supplémentaire en semaine. "À Castellane, la boîte de retour de prêt est également inaccessible, faute de personnel pour la vider !" Trop c'est trop, les syndicats font circuler une pétition pour dénoncer "une dégradation sans précédent des services". La mairie de Marseille a lancé un audit.

À la une du Parisien/Aujourd'hui en France : comment faire baisser le prix du permis de conduire ? Pourquoi pas en développant les auto-écoles sur Internet. C'est l'une des pistes avancées par le gouvernement. Cours théoriques sur ordinateur et prises de rendez-vous par smartphone pour les leçons de conduite. Les auto-écoles traditionnelles sont "furieuses", explique le Parisien.

Et puis comment on dit chez vous ? Serpillère, panosse, toile, torchon à laver ou bien loque à loqueter ? Sachez qu'il y a maintenant une carte de France pour s'y retrouver dans ces délicieuses expressions... "L'Atlas de la France incroyable", qui vient de paraître aux éditions Autrement, et dont Libération publie quelques extraits. Le physicien et réalisateur Olivier Marchon a collecté auprès de l'Insee tout un tas de statistiques et de données inutiles. Et il en a fait des cartes. Combien de club de sumo en France ? Un seul : à Colombey les deux églises ! Et sinon on mange quoi ? Andouillette lyonnaise, boudin blanc catalan ou encore saucisse de Montbéliard... Faites votre choix ! Et puis figurez-vous que c'est dans la Creuse qu'on a le plus de chance de gagner au loto. Bon à savoir !

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