Vivre à Alep.

Les combats ont repris hier, dans la ville syrienne. Mais Omair Shaaban et sa femme ne partiront pas. Ils sont prisonniers.

Dans un témoignage à lire sur le WASHINGTON POST et repris par SLATE.

Omair l'ancien étudiant, raconte son quotidien. Pour survivre à Alep, il faut savoir déménager. Trouver un appartement situé dans les étages inférieurs dans des immeubles qui tiennent encore debout. Trop haut, c'est dangereux. Les pièces qui donnent sur la rue, sont à éviter. Trop près, c'est dangereux. La lumière attire les snipers.

Donc on vit sans électricité. On ne sort jamais. Tant qu'à mourir, mourrons ensemble. Si vous n'êtes pas tués dans un bombardement, c'est la faim, F.A.I.M, qui guette. Pas de lait, pas de viande, le pain est hors de prix. Certains cultivent des légumes à Alep pour survivre. Mais beaucoup de jardins sont devenus des lieux de sépulture.

Après quatre années de guerre, il n'y a pas d'autres lieux pour enterrer les corps.

Mais si l'alternative est de mourir de faim écrit Omair, vous ne verrez pas d'inconvénients à manger de la nourriture qui a poussé parmi des cadavres.

Omair ne partira pas d'Alep. Mais la majorité des déplacés dans le monde sont comme lui, Syriens.

Sur près de 3 millions de déracinés l'an dernier, la moitié étaient syriens. L'HUMANITE relaie ce matin, les chiffres du HCR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. En 2015, chaque minute, 24 personnes ont été contraintes de fuir leur pays. C'est 4 fois plus qu'il y a 10 ans. Au 31 décembre 2015, on comptait plus de 65 millions de déracinés sur la planète. La moitié sont des enfants. L'année 2016 n'est pas encore achevée poursuit Damien Roustel dans L'HUMA. Mais on sait déjà qu'elle s'annonce sombre. La bataille de Mossoul pourrais provoquer l'exode d'un million d'Irakiens. Et d'ici 2050, l'ONU estime que la planète pourrait connaître 250 millions de réfugiés climatiques.

Et pendant ce temps, on évacue la Jungle de Calais.

Ceux qui ont tout abandonné et qui y ont tout reconstruit doivent aujourd'hui, renoncer à tout. Car malgré les conditions de vie indignes, ce lieu représente pour beaucoup. La communauté reconstituée, des amitiés et la solidarité retrouvée écrit L'HUMA.

Oui, mais ce démantèlement est un devoir humanitaire pour notre pays explique Bernard Cazeneuve à LA VOIX DU NORD.

Le ministre de l'Intérieur le dit. Calais ne va pas changer de position géographique.

Mais nous avons dit-il, une stratégie globale pour éviter qu'un nouveau point de fixation ne se reforme. La police restera. Quant aux militants No Borders, ce sont des cyniques qui instrumentalisent la misère des désespérés.

Il y a ceux qui y croit. Et il y a LE FIGARO qui doute. LE FIGARO qui rappelle que Calais, c'est 20 ans d'impasse migratoire. C'est en 1995 que les premiers migrants sont arrivés.

A l'époque, ils étaient 200. Ils étaient Kosovars.

L'évacuation de la Jungle de Calais est en tout cas un pari pour David Carzon de LIBERATION. D'autant qu'elle se jouera sous l'oeil des caméras. Un côté Loft dont ne sait s'il permettra de garantir une forme de transparence surtout en cas de débordements, ou s'il servira de com à un gouvernement décidé à montrer qu'il agit.

Et puis le jour d'après la Jungle que se passera t'il ? Le site THE CONVERSATION livre l'analyse de deux universitaires français et britanniques. Leurs conclusions sont identiques. Les réfugiés continueront de venir à Calais. Aussi longtemps que les facteurs qui les ont conduit à fuir leur foyer seront là, ils continueront de tracer leur route vers les pays où ils disposent d'amis, de parents et où ils pensent avoir la chance de refaire leur vie.

Et il y aura toujours d'autres lieux pour les accueillir ou les rejeter. LE FIGARO dresse le portrait de deux communes, Saint Brévin en Loire Atlantique et Lagrasse dans l'Aude.

Peut-être assistera t'on même à la migration inverse ? Le même FIGARO raconte l'histoire de ces Allemands aisés, qui ne veulent plus de migrants et qui quittent leur pays pour la Hongrie, qui elle, a fermé ses frontières.

Malaise.

Malaise aussi chez les policiers.

C'est un major de police qui le dit dans L'OPINION ce matin. Le profond malaise de notre institution correspond au malaise de la société française. Les policiers n'ont plus confiance dans les institutions.

Le sociologue et historien René Lévy abonde dans LA MATINALE DU MONDE. Les policiers ont tendance à se voir un peu comme les éboueurs de la société. Ils exercent un métier indispensable mais méprisé. Ils ne veulent plus des tâches indues. Et en même temps dit René Lévy, la sortie des écoles, le travail de prévention, une grande partie de ces missions les montrait sous un jour non-répressif. Et ça contribuait à améliorer leur image auprès de la population. L'échec de la police de proximité s'explique notamment par la résistance des policiers eux-mêmes qui n'y voyaient que du social, pas de la police.

Une réflexion qui trouve un écho dans le dossier du PARISIEN ce matin. La police municipale gagne du terrain. Rémi a quitté la PJ en Seine-Saint-Denis pour prendre la direction de la police municipale de Saint-Fargeau-Ponthierry en Seine-et-Marne. Bon d'accord, c'est une police qui ne compte que deux agents. Mais il s'explique. Au commissariat les stylos étaient rationnés.

On avait le droit à une barrette d'agrafes par semaine. Et puis si je voulais devenir policier, c'était pour aider les gens. Dans la police municipale, c'est ce que je fais. Je fais de la police de proximité. Et mon salaire a aussi été augmenté de 30% par rapport à la police nationale.

Malaise de la police, et colère des femmes.

Les colères sont nombreuses ce matin.

A lire sur MEDIAPART, celle de ces femmes polonaises qui vont manifester de nouveau aujourd'hui, contre les nouvelles propositions visant à rendre plus restrictive la législation sur l'avortement. Mais leur colère est plus profonde. Elles ont tous les âges. Elles sont catholiques et athées.

Johana - 61 ans.

Les femmes ne sont pas traitées à leur juste valeur en Pologne. Le stéréotype de l’homme intelligent face à la blonde idiote est encore vivace. Il n’y a pas de média dirigé par une femme. Dernièrement, j’ai vu un débat à la télévision où huit hommes débattaient de l’avortement !

Magda - 31 ans a du voir 4 médecins différents avant d'en trouver un qui accepte de lui délivrer la pilule.

Des femmes en colère, il y en a aussi en France ce matin. 20 MINUTES dévoile une Application pour lutter contre le sexisme.

Ça s'appelle Hands Aways.

Le site RUE 89 répertorie les Tumblr sur Internet où les femmes témoignent du sexisme en France. Dernier en date : Paye ta robe. Des avocates évoquent une créativité dans le sexisme incroyable. Un exemple parmi d'autres. Un client à une avocate.

"C'est vrai que vous avez des gros seins ? C'est ce que m'a dit votre patron."

La compétence ne dépend pas du genre, mais de l'individu explique Béatrice Barbusse ancienne présidente de l'US Ivry Handball, à L'HUMA.

Conclusion de l'actrice Hélèna Noguerra dans une tribune dans LIBERATION. Nous représentons 53% de l'électorat. Profitons-en et engageons nous ! Nous pourrons faire basculer les résultats électoraux !

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