(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : En avion, en train et à vélo

(Bruno Duvic) Ils ont tous les codes Airbus, la chemise brodée au nom de l'usine, le badge d'accès autour du cou, les chaussures de sécurité. A midi pile ils vont déjeuner, comme à Blagnac.

Seule différence, ces ouvriers travaillent en Chine, aux confins de la Manchourie, et à Tianjin, près de Pékin. "En Chine, au cœur des usines Airbus", c'est un reportage de La Dépêche du Midi . Un visiteur s'emballe un peu pour faire la promotion d'une de ces usines : "On pourrait manger par terre tellement ça brille."

Au delà de ces détails, ce que décrit le quotidien de Toulouse, c'est une partie de diplomatie industrielle. Airbus il y a un peu moins de 20 ans ne captait que 6% du marché chinois, aujourd'hui c'est 50%.

Alors il a fallu faire des concessions. Dans l'usine de Harbin près de la Manchourie, les distingués partenaires chinois possèdent 80% des capitaux. Dans celle de Tianjin, la moitié. Délocalisation ? Airbus répond que les commandes de Pékin soutiennent des milliers d'emplois en Europe. Transferts de technologies ? La réponse européenne est sans fausse pudeur : "On ne peut pas tout cacher et décrocher des commandes en retour".

La partie de diplomatie industrielle ne fait que commencer. Le marché potentiel en Chine est de 4.000 avions d'ici à 2030. Et évidemment Boeing est là. Et évidemment l'objectif ultime de la Chine, c'est de fabriquer ses propres appareils. Dans l'extrême nord ouest de la Chine dans quelques jours, la température tombera à -25. Les usines, elles, continueront de chauffer.

Un coup de blues en automne

C'est une petite cachotterie du président de la République dévoilée ce matin par L'Opinion . Hier, le président de la République a reçu le président du Medef Pierre Gattaz à l'Elysée. Mais cela n'était pas inscrit à l'agenda officiel de la présidence. Comme s'il ne fallait pas s'afficher trop ouvertement avec les patrons. Comme s'il ne fallait pas froisser l'aile gauche du parti socialiste. Car les socialistes ont le blues. "Sondage, impôts, Merkel : la grande déprime du PS" titre Le Figaro .

Libération s'arrête ce matin, sur le fameux ras le bol fiscal. Les Français sont-ils vraiment surtaxés ? Christophe Alix et Luc Peillon reprennent tous les arguments, pour dire que ce trop d'impôts, c'est une grande illusion.

Taux de prélèvement obligatoire en France : 46.1% de la richesse nationale. C'est extrêmement élevé comparé à d'autres pays mais justement, peut-on vraiment comparer ?

Peut-on comparer la France et les Etats Unis, où le système de santé est largement géré par des assurances privées ? Il pèse moins dans les prélèvements obligatoires. Mais au final, les U.S.A. dépensent plus d'argent pour leur système de santé que la France.

Peut-on donner un taux de prélèvements obligatoires sans tenir compte de la redistribution ? Une partie des impôts est redistribué immédiatement à ceux là mêmes qui sont prélevés. Il faudrait donc calculer un taux net et en la matière, selon Libé , le taux de prélèvement en France est stable depuis les années 60.

Dernier point : le système fiscal français est selon le journal plus juste, plus progressif que celui de beaucoup de pays.

Le blues des cheminots

Alors qu'un rapport publié hier dans Le Figaro mettait en cause la maintenance des voies dans l'accident de Brétigny, le site Basta Mag consacre une enquête à la sécurité ferroviaire. Paroles de cheminots, essentiellement, qui dénoncent des conditions de sécurité qui se dégradent.

En cause, selon eux : le mouvement de libéralisation du transport ferroviaire et le contexte budgétaire tendu. On n'a pas le matériel mais on se débrouille pour obtenir des pièces de rechange. "Le recours à des contrats précaires délite les cadres d'organisation" dit un représentant de Sud Rail. Il y a des chantiers sur lesquels les cheminots ont du réintervenir après le passage d'une première équipe. "L'entreprise est passée d'une politique préventive de maintenance à une politique corrective (...) On est entré à l'ère du risque calculé."

La vedette de la semaine ?

Ce pourrait être lui, cet homme à fines lunettes, barbe grise et truban blanc. Hassan Rohani, le président iranien. Il prononce aujourd'hui un discours très attendu à la tribune de l'assemblée générale de l'ONU. Il doit également s'entretenir en tête à tête avec François Hollande. Et "L'Iran joue la carte du dialogue", affirme La Croix à sa Une.

"La France doit renouer avec l'Iran, écrit Renaud Girard dans Le Figaro. Hassan Rohani vient d'être confortablement élu par son peuple, précisément parce qu'il a fait campagne sur le thème de la réconciliation de l'Iran avec le reste de la planète (...) Les sanctions prises par les Etats Unis et l'Europe contre le programme nucléaire iranien ont mis à terre l'économie du pays (...) La bombe atomique ne constitue pas une priorité pour la population qui réclame d'abord le retour à la prospérité et l'instauration d'un Etat de droit (...) Dans le dialogue qu'il veut renouer avec l'occident, Rohani n'entre pas en position de force. Mais comme il est probablement prêt à offrir aux occidentaux des garanties sur le nucléaire, il ne faut surtout pas chercher à l'humilier (...) L'Occident a besoin d'une perse modérée pour stabiliser le Moyen-Orient. Et il n'y a que Téhéran qui puisse persuader la famille al-Assad de passer la main en Syrie"

Quoi d'autre dans la presse ?

La majorité dès 16 ans, au moins partiellement. Le gouvernement réfléchit à un statut de pré majorité pour les 16-18 ans. Il permettrait de créer une association et de peut-être de voter aux élections locales. C'est un projet pour l'instant. Information de L'Opinion dans un premier temps relayée par Atlantico et lefigaro.fr

Un cœur entièrement artificiel, c'est l'un des grands défis médicaux du moment. La société française Carmat vient de recevoir l'autorisation d'implanter ce cœur artificiel sur 4 patients en France. Elle travaillait jusque là à l'étranger. C'est à lire dans Les Echos . Le pronostic vital des quatre patients qui souffrent d'insuffisance cardiaque très lourde est déjà engagé.

Et un sportif qui avait du cœur...

C'était déjà l'un des plus grands champions cyclistes de l'histoire. Gino Bartali, disparu en l'an 2000 est désormais "Juste parmi les nations". Le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem lui a attribué cette distinction hier, à titre posthume.

La Croix et L'Equipe racontent comment, pendant l'occupation allemande de l'Italie à partir de 1943, il faisait partie d'un réseau de sauvetage de juifs conduit par le rabbin et l'archevêque de Florence. Bartali cachait dans son vélo des documents qui permettaient de fabriquer de faux papiers d'identité. Ils étaient planqués dans la tige de la selle, dans le guidon et dans le cadre de la bicyclette. Officiellement, il parcourait les routes italiennes pour s'entrainer. En fait il jouait les messagers notamment entre Florence et le couvent de San Quirico, près d'Assise. Ces visites fréquentes ne surprenaient personne. Bartali, surnommé Gino le pieux, était connu pour sa foi. Les soldats et policiers lui demandaient même des autographes. Le régime fasciste n'osait pas trop s'en prendre à un homme adulé par une partie de l'Italie. Le grand rival de Fausto Coppi a tout de même passé 45 jours en prison. Dès la sortie il reprenait ses activités de passeur. Et 3 ans après la guerre, il remportait son deuxième tour de France.

A demain

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