"Difficile d'être dans le partage quand on ne croit qu'à ses propres idées"... Une phrase tirée du dossier de Psychologies Magazine : "Savoir se parler pour mieux s'entendre"... Les deux pionniers du "bien-dire" y expliquent qu'il faut faire preuve d'authenticité et d'empathie, faire preuve d'autorité, de respect... A l'aune de ces conseils, la question est donc de savoir si Nicolas Sarkozy, hier soir, a su nous parler... Et la réponse est... Vous vous en doutez : on trouve un peu toutes les opinions dans les journaux, ce matin... Le Figaro note, par exemple, "le ton nouveau du Président de la République pour les réformes"... Le Parisien-Aujourd'hui en France l'a trouvé "offensif", et retient "l'hymne au travail"... "Erreurs admises, mais cap maintenu", résume La Montagne... "Le Président fait profil bas", analyse, en Une, Sud-Ouest... Quant au Midi Libre, il a trouvé "Nicolas sincère et Sarkozy besogneux"... Cette émission, c'était "le service après-couac", pour Rémi Godeau, dans L'Est Républicain... "90 minutes n'ont pas effacé 8 mois de désillusions... Mais Nicolas Sarkozy s'est montré comme résigné... 'Je sais où je vais, et je suis persuadé qu'il n'y a pas d'autre stratégie', a-t-il expliqué"... Pour l'éditorialiste, toute la question est de savoir si les Français le sont aussi... Les Français, je ne sais pas... Mais dans Le Figaro, Etienne Mougeotte, lui, l'est, persuadé qu'il n'y a pas d'autre stratégie... Vous vous souvenez : hier, les éditorialistes demandaient au Président de hiérarchiser ses réformes... d'arrêter de les mener toutes de front... Eh bien, pour tout ceux-là, c'est "pan sur le bec !", écrit l'éditorialiste... "Le Président n'a pas changé d'avis... Il considère que la France a pris un tel retard qu'il convient de tout faire en même temps... Il est des moments, conclut Mougeotte, où il faut admettre l'impopularité pour faire accepter des réformes... Le chef de l'Etat semble prêt à relever le défi"... Sauf qu'il n'y a pas que les éditorialistes qui réclament un peu de clarté... Il y avait aussi le Premier ministre, qui attendait une feuille de route... Eh bien "s'il regarde sa boussole ce matin, constate Pascal Aubert dans La Tribune, il n'est pas certain que François Fillon distingue davantage qu'hier le Nord du Sud, l'Ouest de l'Est... Brouillon et hyperactif, disait-on avant du Président de la République... Brouillon et hyperactif, dira-t-on ce matin"... C'est pas vrai... "Un cap a été dégagé", pour Françoise Fressoz, dans Les Echos... un cap qui se résume en une phrase : "Il n'y a pas d'autre stratégie possible que d'augmenter le potentiel de croissance de la France"... Pour l'éditorialiste, c'est une façon de revalider le "travailler plus pour gagner plus", qui avait été le slogan gagnant de sa campagne... Du coup, "fallait-il vraiment infliger à la France 90 minutes de discours répétitif parce que Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages ?", se demande Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées... Et il retient de cette heure et demie "des mots qui sonnent creux... Comment, en un an, cet homme a-t-il pu vider de leur substance les mots qu'il prononce, en les transformant en un baratin de joueur de bonneteau ?"... "Le roi des bonimenteurs est de retour", commente également Philippe Noireaux dans L'Yonne Républicaine... "Il est de retour, mais au meilleur de sa forme... Nicolas Sarkozy a été bon, même très bon... tour à tour incantatoire, badin, solennel, reconnaissant des erreurs, ferme aussi... Bref, le Président de la République n'a négligé aucun registre pour défendre et expliquer sa politique... Pas de scoop, pas de coup, pas de montre ostentatoire, pas d'annonce fracassante... Retenue, sobriété, détermination... Voilà donc le Sarkozy nouveau"... Un Sarkozy nouveau, plein d'humilité... "Humble" : c'est le mot qui revient le plus souvent dans les éditoriaux... "Humble comme un franciscain, soumis comme un pénitent", constate Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain... Alors certes, "le plaidoyer soudain plus humble du Président change un peu le décor", concède Laurent Joffrin dans Libération... "Mais la pièce, elle, reste rigoureusement la même"... "Nicolas Sarkozy n'avait, hier soir, qu'une idée en tête : faire Président... Mais si le ton a changé, le fond reste le même", commente également Bruno Dive, dans Sud-Ouest... "Nicolas Sarkozy veut bien expliquer sa politique aux Français... Mais il n'en changera pas, pas plus que de méthode... En clair, conclut l'éditorialiste, il a simplement remplacé hier soir la grosse caisse par la flûte à bec"... Réussi, l'oral présidentiel ?... Tout le monde n'est pas de cet avis... "Le télé-Président a perdu en aisance cathodique", s'exclame Hervé Chabaud dans L'Union... qui juge la soirée télévisée "honnête mais pas brillante"... Oui, un "Sarkozy en demi-teinte" pour Jean-Pierre Bedeï, dans La Dépêche du Midi... Il se demande si, au final, la prestation du Président de la République a été utile... "En fait, Nicolas Sarkozy dit aux Français : 'Je vous ai compris'... Mais il reste impuissant à améliorer leur train de vie... Du coup, il va les laisser sur leur faim"... "Aura-t-il convaincu les Français ?", s'interroge également Michel Lépinay, dans Paris-Normandie... "Pas sûr... Mais il accepte 'l'impatience des Français', inquiets pour leur quotidien... Son échéance à lui est dans quatre ans"... Oui, sauf que Jean-Michel Bretonnier, dans La Voix du Nord, a entendu des "rappels incessants à la valeur travail qui ne trompent pas... et qui voulaient dire aux Français : 'Nous n'y arriverons que si nous travaillons tous'... En clair, si les résultats ne sont pas au rendez-vous dans quatre ans, le mea culpa présidentiel laissera la place à la responsabilité collective"... Alors hier soir, on nous avait promis "L'Heure de Vérité"... Eh bien c'était plutôt "Au Théâtre ce soir"... L'ironie est signée Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts... Les deux journalistes de Libération racontent le décor... "Oui, c'est 'Au Théâtre ce soir', dont le Président est un grand fan : entre deux lourds rideaux rouges, Nicolas Sarkozy joue son propre rôle... Ses gestes de marlou, d'affranchi des faubourgs... son index séchant une goutte de sueur... Et puis son langage de comptoir... 'Les prix, y z'augmentent pas d'hier'... 'Est-ce qu'on s'couche ?'... 'Au bal de l'hypocrisie, y avait du monde'... On est dans une pièce de boulevard"... Et y a-t-il des journaux qui parlent d'autre chose que de l'intervention présidentielle, ce matin ?... Alors il y a Le Monde, bien sûr... A sa Une, un reportage... "Comment les étudiants chinois jugent la France"... Le journal est allé à la rencontre d'une nouvelle génération, qui exprime et assume un nationalisme sans complexe... La Croix fait sa Une avec la Journée mondiale contre le paludisme... et note : "De premières victoires contre la maladie"... Le quotidien catholique révèle aussi ce matin le programme de la visite de Benoît XVI en France, en septembre... avec, entre autres, le samedi 13, une messe en plein air, à Paris, sur l'esplanade des Invalides... Dans L'Humanité Dimanche... une enquête sur les 50 ans des supermarchés... C'est en 1958 qu'est née la grande distribution à la française... Qu'y a-t-on vraiment gagné ?, se demande l'hebdomadaire... Et puis, pour finir... retour à l'Elysée... Parce que dans vos journaux, vous lirez aussi qu'il y en a qui ont séché cette intervention présidentielle, sur le thème : "Désolé, j'ai piscine"... "MAM et Laporte préfèrent Canteloup", signale Le Parisien-Aujourd'hui en France... Eh oui, à l'Olympia hier, l'imitateur donnait une soirée très people et star-politique, explique également Le Figaro... qui a noté la présence d'autres personnalités de droite... Le Figaro qui dénonce : Françoise de Panafieu, Jean-Louis Debré, Bernadette et Claude Chirac...

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