(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : houle Marine et Titanic

(Bruno Duvic) Un cap a-t-il été franchi ? Libération en est convaincu. A la Une ce matin, une photo en noir et blanc de Nicolas Sarkozy et cette phrase qu'il a prononcée hier : "Le Pen est compatible avec la république"

"La digue des mots à défaut de celle des alliances a déjà volé en éclat, commente Vincent Giret dans l'éditorial. Sur les thèmes de l'immigration, du communautarisme, du travail aussi.

Voilà Nicolas Sarkozy qui dans un élan pétainiste, en appelle à manifester le 1er mai pour défendre le vrai travail qui lui, on l'imagine, comme la terre ne ment pas."

Le président candidat comparé au Maréchal Pétain, là aussi un cap est franchi. L'Humanité va encore plus loin en affichant les deux personnages côte à côte à sa Une.

"Je me refuse à culpabiliser les électeurs du FN" dit Nicolas Sarkozy dans plusieurs journaux de l'Est auquel il accorde une interview commune.

"- Que disent ces électeurs ? - Qu'ils veulent garder leur mode de vie. Ils ont raison." Et il rappelle une partie de son programme pour leur répondre. Diviser par deux le nombre d'étrangers que nous accueillons, trop d'immigration met en péril nos comptes sociaux.

Sur la valeur travail, défense des heures supplémentaires, interdiction de prestations sociales pendant plusieurs années pour ceux qui fraudent. Plus de contrôles aux frontières de Schengen et de protection de nos marchés publics.

Et pour les personnes en surendettement, la généralisation de la faillite civile : ce qui ne peut pas être remboursé sera annulé.

Selon un sondage Opinion Way dans Les Echos : 64% des électeurs du président sortant sont favorables à un accord FN-UMP avant les législatives.

Dans les pages Opinions du Figaro , le vieux chiraquien Denis Tillinac ne va pas aussi loin mais il tend la main à Marine Le Pen. Il lui écrit une lettre l'exhortant à ne pas favoriser la victoire de François Hollande. "Certes, la droite a souvent relayé la diabolisation du FN et je conçois votre ressentiment. Sachez que nous sommes nombreux à dénoncer la bienséance parisienne, cynique et fielleuse qui depuis 30 années traite vos amis comme des parias."

Un cap a été franchi... A gauche aussi ?

Toujours dans Le Figaro . Edito de Paul-Henri du Limbert, qui fait référence à la Une de Libération mais hier. François Hollande disait : "A moi de convaincre les électeurs du Front National"

"C'est un tournant historique à gauche, commente l'éditorialiste. Il suffit de se rappeler l'époque pas si lointaine où le PS considérait les électeurs frontistes comme des lépreux et condamnait de toutes ses forces les manœuvres de séduction de la droite à leur égard. (...)

A-t-il quelques chances de succès ? Les classes populaires n'aiment plus le PS depuis déjà longtemps.

Dans une interview à Midi Libre , François Hollande est interrogé sur l'électorat du FN.

"- Benoit Hamon, porte-parole du PS considère qu'une grande partie des électeurs FN est xénophobe, partagez vous cette analyse ?

  • Non. C'est une partie seulement, pas une grande partie. Cette partie là j'entends ce qu'elle me dit, je pense qu'elle fait fausse route, ils sont là ces électeurs, ils doivent être recherchés pour les amener à un autre choix. Mais je parle, moi à ceux qui ont exprimé une colère sociale. "

Et comme le titre Le Figaro à la Une, sur le droit de vote des étrangers, "Hollande persiste et signe". Il fera voter cette disposition s'il est élu.

Dans la profession de foi du candidat socialiste pour le second tour, que Le Parisien-Aujourd'hui en France s'est procuré, un mot revient, celui de "passion". Comme pour répondre au reproche de tiédeur fait à sa campagne. Titre de cette lettre aux Français : "Le rassemblement pour le changement."

A propos du vote des étrangers hors union européenne aux élections locales, avertissement d'Alain-Gérard Slama dans Le Figaro : "Ouvrir, en leur faveur, la porte au partage des mêmes droits politiques, sans volonté de leur part d'adhérer à la citoyenneté pleine et entière par la voie de la naturalisation brouillerait un repère de plus dans l'édifice républicain. (...) Le modèle républicain pose un principe : un individu, un vote. Cette maille défaite, c'est la voie ouverte au multiculturalisme."

Houle Marine... après le père et la fille, une troisième vague arrive, la petite fille, Marion, nièce de la candidate. Elle se présente aux législatives à Carpentras. Information du Parisien .

Et une vague menace aussi l'Europe, comparé au Titanic dans Les Echos .

La vague de l'austérité à tous crins. Alors qu'à la Une du Herald Tribune , on voit des manifestants espagnols contre les expulsions des logements, « Du Titanic à la zone Euro », c'est le titre de l'éditorial de Jean-Marc Vittori.

"Il faut en finir avec cette fiction intenable d'une rigueur budgétaire brutale qui assainit instantanément les comptes. Et de plaider pour l'étalement des calendriers et la mobilisation de leviers européens. Nous pouvons encore éviter le naufrage mais l'iceberg se rapproche".

Il se rapproche de l'Espagne, pour l'instant et de la France bientôt selon Le Point . A la Une cette semaine : « Mur de la dette et réformes inéluctables, le 7 mai, bonjour les ennuis. »

C'est vrai que les plus beaux galions peuvent sombrer.

Voyez Barcelone, éliminé par Chelsea en demi finale de la ligue des champions de football après avoir pourtant dominé de la tête et des épaules.

"Le football châtie le Barça" titre Diario sport édité en Catalogne. « C'est injuste, cruel, horrible immérité. Rarement une équipe aura mérité à se point de se qualifier en finale. Rarement son rival, avec si peu, aura obtenu autant. Mais le fait est que Chelsea aura marqué 3 buts sur les 3 occasions qu'il a eus sur les matches allers-retours. »

« Héroïque, Chelsea », titre L'Equipe . Les londoniens ont joué une partie du match à 10 après l'expulsion de leur capitaine. Tout en défense, ils étaient « Coulés dans le béton ». Le gardien de but, Petr Cech obtient la note de 9 sur 10. Alors que la star du Barça, Messi n'a pas la moyenne 4 sur 10.

Alors sur tous ces bateaux dans la tempête, qu'est ce qu'on chante pour se donner du courage. Télérama a la playlist. A l'occasion du printemps de Bourges, l'hebdomadaire a réuni 6 générations de chanteurs français. Ils retracent ensemble le fil de 60 ans de chanson. Voici un florilège de déclarations enflammées, amusantes ou de mauvaise foi :

Les années 50. Maxime Le Forestier. « A 14 ans, j'ai acheté une guitare et des partitions. On m'a vendu 4 chansons de Brassens et ma vie a changé. »

Année 60, Dominique A : « je fais partie des cloclophobes, même pour rire ça ne m'amuse pas. »

Années 70, Juliette Gréco se souvient de Julien Clerc et Maxime le Forestier à l'époque, "c'était des fleurs ces gens là". Françoise Hardy retient 2 albums, Melody Nelson de Gainsbourg et Amoureuse de Véronique Sanson.

Les années 80, commentées par Daniel Darc : rock français, deux mots qui ne vont pas du tout ensemble, mais bien sûr Bashung a réussi.

Années 90, Dominique A : « Godard a dit 'Je ne peux pas faire de bons films si d'autres n'en font pas’. Moi c'est pareil avec les disques. »

Années 2000 et depuis, c'est Françoise Hardy la plus généreuse. Elle cite entre autres Keren Ann, Biolay, Camille, L, "et bien sûr mon cher enfant Thomas"

Enfin un peu de douceur.

A demain.

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