première polémique Macron après son diner à la Rotonde, Macron accusé de ne pas embrayer sur la campagne du second tour

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Le jour d’après dans la presse…

Le jour d’après, la presse nous plonge dans la géographie électorale avec pléthore de cartes, passionnantes qui nous permettent de mieux analyser le scrutin. Vos quotidiens ne sont pas tous d’accord, la France est-elle coupée en 2 ? comme nous dit Libération, une ligne le Havre/Marseille pour une France Macron versus le Pen, coupée en 3 comme l’affirme la Croix, à la fracture entre la France qui va bien et celle des territoires désindustrialisés, s’ajouterait une 3ème France, celle incarnée par le vote Mélenchon, faite d’une population plus jeune, mondialistes natifs qui souffrent de ne pas maitriser la mondialisation et qui reprochent au pouvoir de ne pas être suffisamment autonome vis-à-vis des puissances économiques et financières. Ou puzzle plus complexe, la France est-elle coupée en 4 ? C’est la thèse développée par le politologue Jérôme Jaffré dans le Figaro qui combine lui, les clivages sociaux, générationnels, résidentiels et culturels pour aboutir à cette partition, la 4ème France étant celle de la classe aisée, diplômée, et retraitée qui a voté Fillon. « Dans les années 70, on pouvait déjà distinguer 4 France relève-t-il, elles votaient PS, PC, RPR et UDF. Ce quatuor partisan pouvait se rapprocher pour former 2 blocs, la gauche et la droite, Mais ce n’est plus le cas, ce qui est nouveau : c’est qu’il n’y pas plus de regroupement évident et c’est ce qui divise profondément le pays », et c’est ce qui entre autre constitue une gageure pour le prochain président

Le jour d’après dans la presse, c’est aussi les premières heures d’un des finalistes du second tour, Emmanuel Macron

Mais qu’allait-il faire dans cette brasserie ??? La Rotonde sera-t-il son Fouquet’s ? s’interroge le Monde. La presse est peu amène ce matin sur ce « moment du cœur » avancé par le candidat pour justifier son diner, aussi bien que sur son discours. Emilie Lanez dans le Point.fr fait le récit de cette soirée « extravagante » dit-elle, avec petites mains et officiers de sécurité invités certes, mais aussi personnalités people. Libération titre « Emmanuel Macron, la gloriole avant l’heure », Nathalie Raulin étrille les premiers pas du candidat « un peu comme si Macron écrit-elle mésestimait l’importance du dernier combat qui l’attend face à Marine Le Pen». « Communication présomptueuse » dit un chercheur, qui a donné le sentiment qu’il avait déjà gagné », « il a gros à perdre à enjamber le second tour sans plus de considération pour la déception des près de 19 millions de français dont le candidat a été recalé » conclut Nathalie Raulin. Son directeur Laurent JOffrin, qui a choisi pour Une « ne rien lâcher » avec Marine le pen en fond, appuie : « Le second tour, sur le papier, c’est plié. Sur le papier seulement, encore faut-il se battre. En fêtant sa victoire 15 jours trop tôt, Emmanuel Macron est tombé dans le piège qui lui est tendu, vendre la peau de l’ours. Discours trop long et trop pâle, un public qui crie, non pas « république, république, mais brigitte, brigitte». « Non, tout n’est pas encore joué » prévient Aujourd’hui en France/le Parisien à sa Une. Cécile Cornudet dans les Echos parle elle aussi de « faux départ » pour le candidat, qui relève que quand Marine le Pen n’a pas perdu une seconde en repartant sur le terrain, elle était aux aurores à Rungis ce matin, en renonçant aussi à la présidence du FN pour apparaitre moins clivante souligne le Monde, lui hier n’a pas jugé bon d’embrayer sur la nécessité de rassembler ». Car au-delà du second tour, qu’il n’est d’ailleurs pas le seul à enjamber, coup d’œil sur la Une de l’Express « Il a gagné » titre en gros l’hebdo, et en plus petit en dessous « son pari », ils sont nombreux ce matin à avoir sûrement regardé les fameuses cartes évoquées précédemment et à adresser leurs mises en garde au favori sur la suite : « cette victoire qui semble promise à Emmanuel Macron oblige celui-ci écrit Bruno Dive dans Sud-Ouest », il l’oblige car ce sera à lui explique-t-il, de réduire les fractures françaises. Renaud Dely dans son édito de Marianne prévient également « Le défi,(qu’il aura à relever) est crucial tant la France en kit de 2017 a l’allure de ces cartons de déménagement sur lesquels on mentionne: haut, bas et, en lettres capitales, FRAGILE. »

Le jour d’après pour les perdants n’est évidemment pas plus simple Hélène

Comment se passe ce lundi « post claque » comme l’appelle Ludovic Vignogne dans l’Opinion, ce « 42 avril » comme le titre Le Monde, pour dire le double 21 avril de la double élimination des socialistes comme des Républicains ?

Pour le Ps, on va faire court. RAS. « Comme souvent après un séisme, écrit Lilian Alemagna dans Libération, les socialistes ne bougent pas ». Bref la grande explication est repoussée à après le deuxième tour, entre ceux qui se verraient bien travailler avec le nouveau président pressenti, et ceux qui veulent se situer dans son opposition.

A droite, le coup de crayon de Urbs dans Sud ouest résume l’ambiance. Sous le titre « droite, le chant des cigales avant l’été, on y voit les républicains tous armés de haches, de couteaux et de glaive faire la queue devant une meule pour aiguiser leurs armes. Au bureau politique hier raconte Ludovic Vigogne, les grandes manœuvres ont commencé dans une « atmosphère délétère » et où a commencé à émerger la question fondamentale de la ligne politique que la droite devra se choisir pour les législatives. Dans le Figaro, Marion Mourgue fait le récit de la « Saison en enfer » de celui est qui est parti hier, François Fillon. Récit de 3 mois d’incompréhension totale entre le candidat tenace qui n’a jamais rien voulu lâcher, malgré le tombereau des affaires qui le fragilisait, et les élus, les proches qui faisaient sa campagne. « Au QG nous raconte-t-elle, le candidat a été secrètement rebaptisé « Pignon » par des élus qui ne le comprennent plus. Pignon, comme dans le dîner de cons, référence chez les Républicains qui ne fait plus rire personne ».

Aujourd’hui début de la consultation en ligne de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour déterminer la consigne de vote du second tour

Dans un article publié ce matin par la Matinale du Monde, Corentin Lamy raconte comment, avant cette consultation, le café virtuel qu’est devenu le serveur Discord Insoumis s’est soudainement agité, dès dimanche soir, 1000 puis 2000, 3000 utilisateurs en ligne se connectent à cette salle de tchat. Le débat fait rage, faut-il voter Macron ? « pour qu’on puisse se regarder dans un miroir » défend l’un, blanc ou s’abstenir ? « il n’a pas besoin de nous pour être élu, n’allez pas vous compromettre » dit une autre. Une position d’abstention qu’on retrouve sur d’autres réseaux sociaux, comme sur twitter avec le hashtag Sans moi le 7 mai. ET puis « sans gêne », nous dit aussi Romain Herreros sur le site du Huffington post, les cybermilitants du Fn tentent le tout pour le tout afin de grappiller quelques voix. Via leur plate-forme discord, la Taverne des patriotes, ils diffusent un texte pour expliquer en quoi Emmanuel Macron incarne tout ce contre quoi les Insoumis se battent depuis des années, Europe, finance…sans gêne on vous disait.

Et on termine par le débat entre les 2 candidats

Un débat comme d’habitude programmé le mercredi avant le second tour. Gasp ! Ca tombe exactement au moment de la demi-finale de la ligue des champions Monaco/Juventus mercredi 3 mai donc! « Changez le soir du débat » réclame carrément ce matin Le Parisien ! C’est un drame shakespearien s’exclame Daniel Cohn Bendit, fan de foot et de Macron…bon, lui a trouvé la solution. Il mettra le match sur sa télé, mais sans le son, et le débat sur son ordinateur sans l’image.

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