Dans la presse ce matin, Joyeux Noël évidemment…

C’est incontournable… Un tohubohu dégoulinant de sapin, de petit Jésus, de chapons, et de cadeaux. Et beaucoup de vos journaux se posent la même question : c’est quoi Noël ?

Fête religieuse, ou fête culturelle ? Chacun y va de son enquête.

Pour les uns, la réponse est dans les sondages. La Dépêche du Midi rappelle celui effectué par l’institut CSA en novembre. Il affirme que pour 81% des français, Noël c’est la famille. Seul 15% répondent « la religion ».

La preuve par le sondage donc, la preuve par l’Histoire aussi. Sur Lefigaro.fr, le journaliste Frédéric Picard nous explique en vidéo comment l’Eglise a complétement préempté les fêtes païennes du solstice d’hiver.

De quoi clore la polémique : « fête religieuse ». D’ailleurs, le Parisien prend le parti du Père Noël plutôt que du Petit Jésus. « Ces cadeaux qui marquent une vie », titre le journal. Interview du psychologue et philosophe Patrick Estrade à l’appui : « c’est vrai, dit-il, la société de consommation a trivialisé le cadeau, elle a inventé le gadget qu’il faut à tout prix refourguer. Mais le cadeau, ce n’est pas ça. S’il est chaleureux, connivent, il va droit au cœur ».

De quoi mettre la pression à ceux d’entre vous qui se sont contenté de cliquer sur la liste « meilleure vente » des sites d’achat en ligne…. Bref !

Joie de recevoir et plaisir d’offrir. Le même parisien nous raconte la distribution des cadeaux de Noël du Secours Populaire aux familles dans le besoin. C’était sur les Champs Elysées, à Paris, dimanche dernier. Et pour vendre son article, le journal met en exergue sur la photo, l’une des marraines de l’opération, Valérie Trierweiller. En pleine distribution, l’ex première dame confie au journal : « cela m’apporte beaucoup de joie, c’est un moment de partage. » Les enfants lui disent merci…

Et puis, même à Noël, y’a des choses qui clochent….

C’est le curieux titre de la Charente Libre ce matin : « Grillage anti-SDF : tollé à Angoulême » Depuis hier neuf bancs publics ont été totalement grillagés pour empêcher les marginaux de s’y installer. »

Et puis, ces chiffres qui sonnent mal… encore. Le chômage. 27 400 demandeurs d’emploi de plus le mois dernier. Presque 3,5 millions de chômeurs. Et pour illustrer un sujet déjà traité mille fois, les Dernières Nouvelles d’Alsace nous parlent d’un film sur Pôle Emploi. « Un bureau banal, deux jeunes femmes pianotent sur leur ordinateur. L’une demande à l’autre : « tu t’es fait combien de mecs aujourd’hui ? » Eclats de rires. Les mecs évoqués sont des demandeurs d’emplois, et la caméra qui les filment est celle de Nora Philippe, auteur du documentaire : Pôle emploi, ne quittez pas. Les chômeurs y sont à la fois au centre et absents, raconte le journal, « logique », commente la réalisatrice, qui cite cette réaction d’un chômeur après projection : « dans votre film, on voit qu’à Pôle emploi, en fait, ils ne parlent pas de nous ».

Enfin, ça cloche… ça « carillonne » toujours autant sur les crèches dans les lieux publics. A lire : la tribune d’Henri Pena-Ruiz dans Le Monde. L’auteur du dictionnaire amoureux de la laïcité dénonce l’hypocrite justification culturelle utilisée pour des symboles cultuels. En ligne de mire, les élus « qui financent le culte en feignant de financer la culture… » Il donne l’exemple de Paris et du financement public de l’Institut des Cultures de l’Islam. « Difficile ensuite de rappeler à Robert Ménard qu’il ne doit pas installer une crèche dans la mairie de Béziers. »

La religion, la famille, et surtout le traditionnel repas…

Etes-vous plutôt chapon ou fruit de mer ? Saumon ou foie gras ?

Pour les têtes en l’air qui n’ont rien préparé, les journaux regorgent de conseils cuisine. Mais laissons les querelles culinaires de côté. Il y en aura suffisamment entre convives. Parce que, « l’esprit de Noël », « la fraternité », tout ça…. C’est bien beau, m’enfin évidemment ! C’est toujours pareil, ça va partir plein pot sur la politique : « le tous pourri », Hollande et compagnie. Alors pour éviter les débats stériles et préserver la bonne ambiance, le gouvernement publie sur internet une liste d’argument pour que vous puissiez défendre son bilan. C’est à lire sur le site gouvernement.fr/kit-repas-famille.

Le texte explique : « quand l’actualité nationale arrive sur la table, ne restez pas sans réponse. » Au menu, 24 phrases types que vous allez potentiellement entendre ou prononcer. Ça va de « l’Etat fait tout pour les patrons », à « l’Etat ne fait rien pour les patrons », en passant par « on n’est plus en sécurité nulle part », ou encore le classique de fin de repas « la France est foutu, faut se barrer ! » Tout y est…

Exemple de réponse, si votre oncle vous lance : « j’arrive plus à boucler mes fins de mois », l’exécutif vous propose de lui répondre : « c’est pour ça que le Gouvernement a pris une série de mesures pour le pouvoir d'achat : baisse de l'impôt sur le revenu pour certains ménages, réforme du mode de calcul du prix du gaz et de l'électricité, frais d'agences immobilières réduits, encadrement des loyers à la relocation. Sans compter la loi consommation qui permet de réduire le prix de bien des choses : assurance emprunteur, produits à lentilles, tests de grossesse, etc... »

Avec ça, il va se calmer tonton. Bon, et puis si ça marche pas, y’a toujours la musique. Elle adoucit les mœurs on vous dit. Une petite chanson de Noël et le tour est joué. Le New York Times publie sur internet la liste des incontournables, réalisé à partir des données du site d’écoute gratuite Pandora. Et le numéro 1 absolu est une chanson qui a 70 ans : celle de Judy Garland, « Have Yourself a merry little Christmas ». Concurrencé sérieusement par l’autre indémodable outre atlantique… Le « Christmas » de Mariah Carey. Attention ! L’effet peut être légèrement contreproductif en terme d’ambiance.

Et puis tout ça, me direz-vous : « c’est que des trucs d’américains ! » Justement, le site d’information, Slate, s’insurge : « où est l’esprit de Noël de la pop culture française ? » Notant qu’à l’heure des fêtes, la production de chansons est presque exclusivement anglo-saxonne.

Après enquête, la journaliste Marie Desgré conclue qu’en France, il n’y a bien que Tino Rossi et La Compagnie Créole dont les chansons de Noël sont sorties à l’époque des vyniles. Ah ! Si, il y a la chanson destinée à collecter des fonds pour Ebola : Noël est là.

Voilà, ça c’est français ma bonne dame ! Fallait pas critiquer Mariah Carey…

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