Les anciens du CFA de Marzy sont chefs cuisiniers et pâtissiers autour du monde, Journal du Centre. Le bon Noel d'un délégué d'Ascoval, la Voix du Nord. De braves gilets jaunes réveillonnent sur un barrage vers Senlis, le Parisien. Ils touchent le coeur d'un évêque, car Jésus venait des périphéries, l'Indépendant.

On parle d'un homme qui cherche du travail... 

Et il n'est pas le seul dans ce pays mais celui-là revient d'un peu plus loin que nous autres, Romain Rougeaux de Réty dans le Pas-de-Calais qui pose avec sa maman Lydie dans Nord Littoral, tous les deux ronds et qui exhalent  le courage, Romain a 22 ans et fut greffé du cœur quand il était adolescent, il avait été victime bébé d'une erreur médicale qui lui avait abimé le palpitant, c'est Noel aujourd'hui et c'est son premier Noel tranquille, son médecin a décidé qu'il allait suffisamment bien,  « C’est la première année qu’il me donne rendez-vous dans six mois, sans vouloir me voir avant les fêtes » la greffe a pris, et la vie le travaille, Romain, il a un chat, cookie, il a passé un CAP et un bac pro, qui voudrait maintenant travailler, "dans un commerce de libre-service, j’aime le contact avec les gens, je peux gérer les stocks ou la mise en rayons", mais il ne trouve pas de travail Romain, "je veux juste faire mon boulot mais je pense que le fait d’être greffé du cœur peut faire peur aux employeurs ». Et Nord Littoral titre sur ce cadeau de Noel que serait le boulot...

Mais est-ce un cadeau d'obtenir ce qui est juste? 

N'ergotons pas sur les phrases, Nord Littoral est un bon journal, qui campe du côté de ceux qui se battent dans ce pays, pour eux, pour les autres...  Ainsi, cette association, "un enfant dans le ciel", qui offre des baptêmes de l'air aux enfants malades, qui décollent de de Calais-Marck ou de Saint-Inglevert, et en 2009, un fillette atteinte d'un cancer était si bien qu'elle s'est endormie, , et ces enfants rappellent au pilote, olivier Prudhomme, la magie de son métier,  et parfois les jeux de lumières d la piste font croire aux bambins que le père Noel existe...

Et on n'échappe pas au père Noel ce matin... 

Ce père Noel qui décore tant de unes de sa houppelande rouge, et dont les DNA racontent la véritable histoire dans un papier passionnant, au prétexte d'une exposition au musée alsacien des Strasbourg... Il fut Bleu, jaune, vert, ce père Noel, avant qu'une campagne de publicité de Coca-cola le fasse rutilant, mais avant encore, il fut le terrible Homme sauvage vêtu de paille, connu en Finlande comme Joulupukki à la tête de bouc, il fut saint Nicolas et le reste parfois, il fut Chrischtkindel, une jeune fille vêtue de blanc coiffée d’une couronne de lumières, qui sous la réforme donnait des cadeaux aux enfants... Toute une histoire et c'est le seul article qui sort digne d'être lui sur le père Noel ce matin, puisqu'on s'en moque un peu, de ce magicien, les temps sont trop sérieux pour s'oublier longtemps... 

Nos journaux sont bons disais-je, parce qu'en dépit des houppelandes et de la date, ils ne sont pas mièvres, et rayonnent d'énergie. Ils sont superbes, ces jeunes gens que le Journal du Centre me présente, des cuisiniers et pâtissiers anciens élèves du centre de formation d'apprentis de Marzy, qui sont maintenant chefs au Brésil, directeur d'un restaurant en nouvelle Zélande, patron d'une brigade de pâtissiers a Shanghai, ou étoilé au Japon, le monde est grand quand on vient de la Nièvre et qu'on est passé par l'atelier de Monsieur Bougrat... Ils sont, ces globe-trotters qui disent que l'échec est aussi une formation, du même courage que notre ami Romain de Nord littoral, seules changent les circonstances...  

Je lis dans la voix du Nord que Nacim Bardy délégué Cgt d'Ascoval enfin sauvé a a passé un bon nNoël dans sa belle-famille à Bruay-surl'Escaut, rue Pasteur, et beau papa James Fulgeiras  savait ce que représentait le sauvetage d'Ascoval, lui a passé 35 ans dans l'usine... 

Mais je lis dans la même voix du Nord que les ouvriers de la cristallerie d'Arc débrayaient hier et recommenceront aujourd'hui, pour une prime, l'entreprise va mal, et je lis toujours dans la voix du Nord que deux usines sont en danger  à Escaudœuvres et Lillers: les sucreries régionales de Tereos qui fonctionnent au charbon sont pris à la gorge par la lutte pour le climat... Il faudrait passer au gaz, la transition est difficile, les quotas de pollution seront bientôt épuisés et la Voix du nord s'inquiète, même si le charbon est "une belle cochonnerie pour le climat"...

450 personnes travaillent dans ces sucreries, qui exploitent les betteraves de  5 600 agriculteurs planteurs... la crise du diesel semble de faible dimension en regard de qui s'annonce, ce jour de Noel...

Et on parle d'une homélie pour finir... 

Qui pourra être entendue tout à l'heure par 100 millions de personnes, estimation de l''indépendant, puisque la messe de Noel de la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Perpignan aura les honneurs de l'Eurovision, nous fêtions hier le 70e anniversaire de la première messe télévisée au monde, c'était en 1948 depuis Notre dame de Paris, mais cette année, signe des temps, on a voulu une messe loin de la capitale, au bout de la France, et dans cette cathédrale dédiée au cousin de Jésus, on parlera des gilets jaunes, dit monseigneur Turrini, évêque de Perpignan, qui emploie dans une longue interview un mot entré dans notre vocabulaire politique et médiatique, périphérie...  "Je vais faire le lien entre Jésus qui est né aux périphéries,  et ces périphéries qui se demandent à être entendues, écoutées, respectées. Je ne dis pas que Jésus est le Gilet jaune de Dieu, mais il est lui aussi à la périphérie, il est né pour tous ceux qui souffrent. Je pense aux malades, aux handicapés, aux  personnes en grande solitude, je pense aux Gilets jaunes qui ont des difficultés concrètes à vivre pour ne pas dire survivre. Les périphéries existentielles ne sont plus à l’autre bout du monde, elles sont dans le cœur et dans la vie de gens à côté de nous."

Mais ce n'est pas l'attendrissement qu'inspirent ces gilets jaunes que la presse me montre dans leurs veillées de Noel, mais plutôt une envie, qu'inspirent ceux qui ont trouvé une place et qui ont entreprise de se sauver tout seuls... Le parisien a vu des gilets jaunes heureux au bord de l'autoroute A1 près de Senlis, sans argent mais on a l'ambiance, et du café chaud, du foie gras, de la dinde, des marrons,  ils étaient une vingtaine, la nuit dernière, à discuter devant le poêle à bois, "avant chacun s'isolait avec ses galères, maintenant, on se connait", "avant, je pensais qu'on était un pays d'égoïstes, là on relève la tête et on se pat pour les plus démunis et pour nos enfants"... 

Ce sont les mêmes figures que l'on voit dans le Courrier picard, tiens, Radio France est passé par le barrage d'Abbeville sur l'A16 et un abbé était attendu sur celui de Flixecourt, on trinque au gobelet en plastique en portant le gilet jaune "Macron démission"... Je lis aussi, dans le Courrier picard, que le barrage de Glisy a été incendié, et que la discorde s'installe entre gilets jaunes amiénois qui se divisent sur la violence:  la joie de la veillée n'est qu'une vapeur parfois et la trêve un instant...  Le courrier picard dit tout cela, nos journaux, je vous le disais ne sont pas mièvres ce matin. 

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