Dans la bourgade de Gisors, en Normandie, les paroissiens aiment beaucoup leur curé... On le voit même en carte postale : c'est une photo de lui dans sa soutane blanche dans l'église. Wenceslas Munyeshyaka est là depuis neuf ans. Mais pour Le Monde, Catherine Simon a retrouvé une autre photo de lui, publiée en 2007 dans Témoignage Chrétien : il est dans son pays d'origine, le Rwanda, en plein génocide, et il pose en gilet pare-balles... "Un prêtre bien encombrant", écrivait Témoignage Chrétien à l'époque. En 2007, le Tribunal pénal international pour le Rwanda a lancé un mandat d'arrêt contre lui. Sans effet. Quand Catherine Simon l'interroge sur son passé, le Père est pressé de quitter l'église : "Je n'ai rien à vous dire". En 1994, il était parmi la trentaine de prêtres rwandais qui avaient écrit à Jean-Paul II. Sous leur plume, la folie des génocidaires devenait simplement le courroux du peuple. "Ce qu'il a fait, je l'ignore", dit l'ancien évêque d'Evreux, Mgr Jacques David. "C'est à la justice de le dire. Je n'ai jamais affirmé qu'il n'avait rien fait pendant le génocide. Mais en attendant, on n'a pas à le traîner dans la boue". L'article du Monde est titré : "Un étrange miraculé". Des doutes sur le passé du curé... Des doutes sur le rôle de la France dans le génocide rwandais et ses 800.000 morts... "Les complicités françaises" : c'est le titre de Libération, alors que Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à Kigali pour renouer le dialogue avec le Rwanda. Seize ans de brouille, et encore beaucoup de questions sans réponses sur le rôle de la France à l'époque. En 1998, rappelle Libé, une mission parlementaire avait conclu à des défaillances de Paris et l'avait exonéré de toute responsabilité directe dans le génocide. "Le problème, dit un expert auprès du TPI, c'est qu'au début des années 90, la France n'a pas analysé les arcanes de ce conflit, qui commençait à prendre une dimension régionale. Le Rwanda avait des particularités que la France n'a pas mesurées. Elle s'est laissée enfermer dans une logique bipolaire. La France soutenait un régime qu'elle estimait légitime". Selon un conseiller de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui le chef de l'Etat va réaffirmer la responsabilité collective de la communauté internationale dans le génocide, réaffirmer que la France y a sa part et que des erreurs ont été commises. Mais il ne faut sans doute pas attendre d'excuses. Pour François Sergent, dans l'édito de Libé, "la France doit s'excuser. Mais elle doit surtout faire un travail de justice et de mémoire. Pourquoi pas avec les Rwandais ? Le génocide rwandais exige le même travail de mémoire et d'histoire que la Shoah". (Pierre Weill : "De l'Afrique à l'Europe... Une femme brandit le poing, à la Une de L'Humanité et du Figaro")... Ca se passe en Grèce, hier... La même photo prise par Aris Messinis dans les deux quotidiens (c'est assez rare pour être signalé)... "La Grèce ne veut pas payer l'addition des riches", titre L'Humanité. La grève générale contre les mesures d'austérité a été massivement suivie, selon L'Huma : plus de 45000 manifestants à Athènes (d'autres journaux parlent de 30000). Report de deux ans de l'âge de la retraite, réduction du salaire des fonctionnaires, baisse des dépenses sociales, hausse de la TVA : les manifestants d'hier disent "non". Dimitri, 28 ans, ingénieur : "Déjà, je ne trouve pas d'emploi. Si les gens travaillent plus longtemps, combien de temps devrai-je encore attendre ?". Pour L'Humanité, Athènes est aujourd'hui la capitale de l'Europe... cette Europe qui se mobilise contre les mesures d'austérité : manif en Espagne mardi, au Portugal au début du mois, en Italie bientôt... "Le continent craque de toutes parts, écrit Jean-Emmanuel Ducoin. Le terrain social devient le tertre piétiné de dirigeants européens qui n'ont pas vu que nos sociétés entraient dans une nouvelle phase de la crise. Après avoir sauvé les banques à coups de milliards, après avoir creusé les dettes, les peuples sont installés de force en première ligne pour régler la note : leur note". Après la Grèce, quel pays va tomber dans la spirale de la dette, de l'austérité et de la grogne sociale ? Dans Le Figaro, reportage en Espagne... Parmi d'autres témoignages, celui de Beatriz et Raul : trois enfants et deux jobs jusqu'à l'an dernier. Mais aujourd'hui, plus rien : c'est la mère de Beatriz qui leur offre le pain quotidien. L'Europe dans la tourmente... Dans L'Express, cette semaine : analyse de Valéry Giscard d'Estaing. Après la Grèce, peut-on craindre la chute de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie, voire de la France ? Réponse de l'ancien Président : "Non et non ! On connaît mieux la situation des comptes de ces pays. Il n'y aura pas d'effet domino. Et faire croire à une menace sur la France, c'est de l'exploitation politique inutile". Une dernière image pour décrire l'endettement de toute la société grecque... On la trouve dans Courrier International, qui reprend un article du journal Ta Nea, à Athènes. Dans les cabinets médicaux de Grèce, on voit maintenant fleurir une affichette : paiement possible en douze mensualités... (PW : "Et après la Grèce : Google, à la Une")... C'est l'actualité à la lettre "G"... "Google attaqué de toutes parts", titre La Tribune. "La puissance de Google inquiète les Européens", ajoute Le Figaro. Toute une série de plaintes et de décisions de justice visent le moteur de recherche, qui détient de 80 à 90% du marché selon les pays. Parmi les plaignants, un site français : eJustice.fr, moteur de recherche d'informations juridiques... autrement dit, un concurrent de Google. Il accuse la firme de mal le classer dans ses résultats de recherche, pour éliminer un concurrent. Les plaintes de cette nature se multiplient. La Commission européenne en est saisie. En Italie, la justice vient carrément de condamner le moteur de recherche, pour une autre raison. Libération raconte cette histoire glauque... En 2006, de jeunes abrutis avaient filmé, dans leur collège, un adolescent handicapé violemment pris à partie dans sa classe. La vidéo a été diffusée. Elle est restée en ligne deux mois. Et hier, trois dirigeants de Google Italie ont été condamnés à de la prison avec sursis. Pour la justice italienne, ils avaient l'obligation juridique d'empêcher la diffusion de cette vidéo. Commentaire de Jean-Baptiste Jacquin, dans La Tribune... "Ce raisonnement obligerait tout site Internet à fermer, car aucun ne peut vérifier a priori les centaines de millions de contenus nouveaux qui surgissent de partout. Et pourtant, le laisser-faire complet serait criminel. C'est pourquoi un équilibre était apparu au fil des tâtonnements judiciaires". En substance, tout hébergeur de site avait une obligation de moyens pour retirer ce type de contenu... obligation de moyens, pas de résultats. Pour l'éditorialiste de La Tribune, mieux vaut s'en tenir là. A l'heure où la liberté d'Internet devient un enjeu de pouvoir entre Pékin et Washington, ne censurons pas nous-mêmes la Toile. (PW : "Dans la presse, ce matin encore, deux articles à retenir dans L'Equipe")... Oui... D'abord, pour la première fois, un sportif dopé à l'hormone de croissance s'est fait pincer. C'est un joueur anglais de rugby à treize. Information importante, car on pensait jusque-là que le dopage à l'hormone de croissance n'était pas détectable. Elle facilite la récupération (musculaire notamment), elle fait fondre les graisses et grossir les biscottos. Elle a aussi des effets indésirables : on a vu un cycliste prendre plusieurs pointures de chaussure ou un joueur de baseball obligé de changer de casquette tellement son crâne avait grossi. Et puis, si vous voulez rigoler un peu, lisez l'interview d'Alberto Tomba, par Jean-Baptiste Renet, en dernière page... Tomba la Bomba, star du ski dans les années 90... Dans cet entretien, c'est la caricature du "Rital" version Aldo Maccione : il parle de lui à la troisième personne, raconte qu'il savait parler aux filles... Et à la fin de l'interview, il se lève et, avant de dire au revoir : "C'était bien, non ?"... Machisme ou sexisme au quotidien... Ce matin, sur France Inter, nous vous parlons beaucoup des violences conjugales. C'est aussi la Une du Parisien-Aujourd'hui. Des violences physiques aux petites violences symboliques chaque jour : il y a peut-être un fil rouge. Le sexisme au quotidien... Le magazine Femmes traite le sujet avec un humour rageur, ce mois-ci : il a demandé des anecdotes à quelques femmes devenues célèbres. Anne Lauvergeon, aujourd'hui présidente d'Areva... Elle raconte une expérience ancienne : son recrutement chez Usinor. "Lors de l'entretien, le patron me dit : 'La place d'une femme n'est pas dans une entreprise, elle est à la maison'". Elle a eu le poste malgré tout, et très vite le boss a chanté ses louanges. Quand elle s'en est étonnée, il lui a répondu : "Vous, c'est différent : vous n'êtes pas une femme"... Il y a parfois des hommes très sérieux aussi pathétiques qu'Aldo Maccione en slip de bain... Bonne journée...

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