Laetitia Gayet.

Tribune contre tribune.

Quand la mer s'agita, les marins décidèrent que c'était la faute de Jonas et le jetèrent par-dessus bord. LE POINT, page 122, Kamel Daoud. L'écrivain algérien répond ce matin, aux accusations d'un groupe d'universitaires qui l'accusaient récement dans LE MONDE, d'alimenter les fantasmes islamophobes concernant les agressions sexuelles commises à Cologne la nuit de la Saint Sylvestre.

C'est dit-il, le destin de l'intellectuel local. Si aujourd'hui, il me faut dénoncer le mal du siècle et sa terreur, ce n'est pas pour partager les positions d'un autre extrêmisme de rejet.

L'un s'en sert pour mener un procès contre l'homme. L'autre pour défendre sa liberté. Il n'y a pas de cause commune entre le déni et la dignité. Page 119 du POINT toujours, Michel Onfray abonde. Voilà un homme qui n'entre pas dans les cases et renvoie la droite xénophobe, la gauche angélique et les lepénistes islamomphobes dans le même camp en proposant une positivité. Peut-on l'entendre ?

Comme il y a des destins de collaborateurs, il y a aussi des destins de résistants.

Pourquoi Kamel Daoud a raison.

Ce n'est pas une question. C'est aussi une tribune signée cette fois par Fawzia Zouari, sur le site de JEUNE AFRIQUE.

Parce qu’il a osé affirmer que les viols perpétrés à Cologne par des immigrés issus du monde arabo-musulman sont la conséquence logique d’une tradition portée sur la répression sexuelle et génératrice de frustration chez les jeunes. Que n’a-t-il dit ! L'écrivaine et journaliste tunisienne interpelle les intellectuels de Paris. Vous qui observez nos sociétés de vos balcons et les jugez à l’aune de vos théories, je vous défie de démontrer le contraire de ce qu’affirme Kamel Daoud, qui, lui, observe quotidiennement un monde où les femmes doivent arriver vierges chez leurs maris, où les célibataires sont rendus fous par la misère sexuelle. Il subit cette loi qui ne permet ni à l’homme ni à la femme d’avoir des relations physiques hors mariage.

De quel droit lui déniez-vous la liberté de dénoncer un puritanisme réel et le courage de souligner les travers des siens ?

Pour s'en convaincre.

Lire LA CROIX, avec cette jeunesse iranienne qui à la veille d'élections réclament plusse de liberté.

Lire LE FIGARO, toujours en Iran.

Jamshid et Afsaneh qui vivent en concubinage : illégal.

Moshen qui regrette que des secrétaires aient quitté sa société. Elles sont mariées et leurs époux attachés à la tradition ne veulent plus qu'elles travaillent.

Lire PARIS-MATCH et les témoignages de ceux qui ont déserté le groupe Etat islamique. Deux jeunes esclaves sexuelles ont tuées parce qu'elles ne plaisaient pas à l'émir irakien.

Editos et Une contre tribune cette fois.

Nous sommes le jour d'après. Après le "Trop c'est trop" de Martine Aubry dans LE MONDE.

Entre le schisme de Laurent Joffrin dans LIBERATION.

Le Martine s'en va en guerre de Jean-marcel Bouguereau de LA REPUBLIQUE DES PYRENEES.

Le Martine à la chasse de Didier Rose des DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE.

N'en jetez plus ! La coupe est pleine.

Tant et si bien que dans L'HUMANITE Jean-Emmanuel Ducoin pose la question : Et maintenant ? Oui et maintenant, on fait quoi ?

Après avoir souscrit au devoir d'inventaire, Martine Aubry ne pourra plus se soustraire au devoir d'inventer pense Michel Klekowicki du REPUBLICAIN LORRAIN.

En tout cas, d'après LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, l'Elysée ne semble pas avoir vu venir le coup.

Signe révélateur du malaise. Lors de la conférence de presse hier avec son homologue argentin, les journalistes ont eu la surprise de découvrir qu'ils ne pourraient pas poser de questions. Officiellement, c'est dit-on, un motus et bouche cousue exigé par l'hôte argentin.

Une chose est sûre, cette tribune révèle que le parti socialiste va mal.

Un député PS affirme à L'OPINION ce matin, que plus personne ne se supporte. Certains ne peuvent dit-il, plus être dans la même pièce entre vallsistes et frondeurs. La réalité, c'est que l'après Hollande a commencé.

Le PS va mal ?

Lire l'interview de Jean-Pierre Masseret dans LIBERATION.

Jean-Pierre Masseret, la tête de liste socialiste qui a refusé de se retirer au profit de la droite au second tour des élections régionales dans le grand-Est. Quelles sont vos relations aujourd'hui, avec le parti socialiste ? Il n'y en a aucune.

Le PS va mal ?

MARIANNE a rencontré Romain 20 ans engagé auprès des Jeunes Socialistes. "Plus on monte dans les échelons, moins il y a d'idées et plus on est pris dans des luttes de courants. On apprend à débattre au MJS... mais on apprend aussi à tuer." Lucas 18 ans est plus virulent. "J'ai adhéré aux jeunes socialistes du MJS, parce que je croyais au principe d'égalité. Mais j'ai été trop déçu. Ces gens renient leurs valeurs pour plaire aux électeurs. J'ai rendu ma carte.

Ce gouvernement n'est pas de gauche. Valls est bien trop proche des patrons.

Tiens, les patrons. Comment vivent-ils la polémique autour du projet de loi sur la réforme du droit du travail ?

D'après LE FIGARO, ce texte, le Medef en avait rêvé. Mais un proche de Pierre Gattaz avoue. On sent que l'on doit soutenir le gouvernement mais on ne veut pas le gêner.

L'OPINION révèle d'ailleurs qu'une tribune a même été envisagée. Mais le patronat est trop divisé paraît-il. Lui aussi, décidément. Les artisans et les professions libérales dénoncent un texte qui fait la part belles aux grandes entreprises et ignore de fait, les problématiques spécifiques aux PME.

Quoi d'autre dans la presse ?

Cette information du FIGARO à propos de l'essai clinique mené par Biotrial à Rennes. Essai qui a conduit à la mort d'un homme en janvier. On apprend que des chiens sont morts lors des essais précliniques. Et que les survivants ont soufferts de lésions au cerveau qui ont entraîné des truobles de la coordination des mouvements.

Le débat du jour dans LA CROIX à propos de la demande de libération conditionnelle pour Patrick Henry. Comment réinsérer des condamnés aux longues peines ? Sylvain Roussilloux, conseiller d'insertion et de probation décrit le long chemin. En prison, il n'y a presque jamais de ligne d'horizon à cause des murs. Lors des premières permissions de sortie, certains détenus ont été pris de vertiges. Certains n'arrivent plus à ouvrir des portes. D'autres recréent dans leur appartement, leur cellule.

Prenons l'air quand même pour terminer.

A deux jours du Salon de l'Agriculture à Paris, en pleine crise agricole, regardons ce qui marche.

Sébastien dans LA PROVENCE. "Je vis bien, je pars un mois en vacances. Je ne suis pas obligé de travailler le week-end. Je gagne environ 1.500 euros par mois." Sébastien est maraîcher... BIO.

Stéphane, dans LA VIE. Je m'en sors plutôt bien économiquement. Mon métier a repris du sens. Stéphane est producteur de lait... BIO.

Le bio serait-il l'avenir de l'agriculture de demain ?

C'est une nouvelle vague selon L'OBS. Certes très règlementée, mais c'est aussi la possibilité de circuits courts. Thierry lui, s'y est converti, par pragmatisme. Au départ, il n'était pas très chaud. Mais la terre a besoin de se reposer. Et ce n'est pas son fils qui étudie dans un lycée agricole qui le contredira. A un moment donné, il faudra obligatoirement passer au bio. On n'est pas Crésus dit le père, mais on n'est pas malheureux. Petit bémol. Le jour où la mondialisation, à travers les grandes surfaces, indexera dit-il, l'agriculture bio sur la conventionnelle, on est morts.

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