C'était dans le journal Le Monde, à la fin du mois d'octobre. Nicolas Hulot, déjà accusé par de nombreuses voix d'avaler des couleuvres régulièrement depuis son arrivée au gouvernement, fixait la ligne rouge à ne pas dépasser.

L'annonce ou la loi qui serait de trop, qui lui ferait quitter son poste.

"C'est l'instant où je me renierai", disait le numéro 2 du gouvernement. En prenant pour exemple, sa victoire d'alors, le positionnement de la France sur le glyphosate, resté le même face à l'Union Européenne, avec un prolongement de l'autorisation de l'herbicide pour 3 ans. Et 3 ans seulement.

Ce matin, Nicolas Hulot est en une du JDD. Interview du ministre au sujet de la révolution verte et bio qu'il a entreprise dans le monde de l'agriculture. Il est question du glyphosate.

"Si certains agriculteurs ne sont pas prêts en 3 ans", explique t-il, "on envisagera des exceptions". La ligne rouge devrait être franchie, mais dans cette interview, il n'est nulle part mentionné quelconque reniement, ni un départ de ses fonctions. Nicolas Hulot n'est ni dans une position défensive, pas plus que dans une position offensive. C'est la pensée positive qui est à l'oeuvre ici.

Sur les désacords entre lui et Stéphane Travert, le ministre de l'agriculture :

"Quoi de plus normal ? Mais nous avançons ensemble".

Sur la transition écologique appliquée au monde agricole :

"La révolution verte est passionnante." Les agriculteurs doivent "être fiers" de représenter déjà 20% de la production d'énergies renouvelables. "La grande mutation est en marche (...) elle va redonner de la dignité aux agriculteurs".

"Vous voilà bien optimiste", constatent les journalistes du JDD qui l'interrogent."Qu'est-ce qui a changé ?"

"Personne ne reste figé", répond Nicolas Hulot.

Mais peut-être que la réponse se trouve ailleurs. Le magazine Society se penche cette semaine sur les experts en développement personnel et le coaching collectif. Une version moderne -et payante- de la célèbre méthode Coué. Sollicitée par de plus en plus de gens en France.

"Les coachs sont là pour nous rappeler que quel que soit l'écosystème dans lequel on vit, c'est nous qui décidons", explique une adepte qui dépense chaque année 20 000 euros en coaching.

Elle qui préfère les séminaires collectifs, à l'américaine, et qui fustige les français qui se trouvent des excuses face à un échec. Elle est fan de Tony Robbins. Un coach américain, une star du genre depuis les années 80. 200 000 personnes coachées par an. Un bienfaiteur qui grâce à cela pèse 500 millions de dollars...

Et le magazine de pointer les limites du genre et les excès : des séminaires de coaching collectif données comme des messes, avec un homme seul au micro comme un gourou, qui lance des généralités comme "votre vie change au moment où vous prenez une nouvelle décision".

Mais aussi de la méditation, de la danse, des câlins... pour,"libérer les hormones du bonheur" et créer un déclic chez les participants. Et s'il n'arrive pas ce déclic, beaucoup refont un autre séminaire, et payent à nouveau une fortune pour un nouveau shoot de dopamine.

Ce phénomène du coaching ne touche pas que les classes aisées. Les plus modestes peuvent aussi y succomber. Il y a plein de livres censés aider à trouver ou retrouver le bonheur, à chasser le mal-être, à réussir sa vie, ou encore à surmonter certains problèmes.

Il existe par exemple -et peut-être que Nicolas Hulot l'a lu, un livre de coaching qui s'intitule "Manager, sans se renier".

Une vieille affaire refait l'actualité presque 100 ans

Une affaire que tout le monde connait. Tout le monde, peu importe les générations, a au moins entendu son nom. L'affaire Seznec. 

Guillaume Seznec condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre son partenaire d'affaires, Pierre Quémeneur. Seznec avait toujours nié les faits, et condamné sans véritable preuve. Le corps de Quéméneur n'a d'ailleurs jamais été retrouvé. Et depuis les années 20, Guillaume Seznec, puis sa famille n'ont eu de cesse de contester la condamnation et de demander sa révision.

Et hier, 95 ans plus tard, l'affaire a peut-être pris une nouvelle tournure. Le Télégramme nous raconte la journée de fouilles, organisée à Morlaix, sur le terrain de l'ancienne priopriété des Seznec.

Des bénévoles, passionnés par cette histoire non résolue, dont l'ancien avocat de la famille, Denis Langlois. Mais aussi Jérémi, un féru d'histoire agé de 27 ans, Sébastien, 36 ans, qui a découvert l'affaire en y consacrant un exposé quand il était au college, ou encore Laurent, 56 ans, qui hier est tombé sur un os... Au sens propre.

Les autorités sont averties. 15 minutes plus tard, la police arrive sur place : "Il faut évacuer, s'il vous plaît ! On arrête le chantier". La justice, qui avait refusé à l'époque d'explorer cette piste, prend l'affaire en main. Il s'agirait selon les premièrs constats d'un morceau de fémur. Des spécialistes devront encore déterminer s'il s'agit là de Pierre Quémeneur.

Une information majeure et très attendue par Denis Seznec, le petit-fils. Toute sa vie, il a défendu son grand père et l'honneur de sa famille.

La situation des artistes en Espagne

Slate nous raconte la mésaventure qui a touché Josep Miquel Arenas, dit Valtònyc, un rappeur originaire de Majorque. Condamné par la justice espagnole à 3 ans et demi de prison ferme pour apologie du terrorisme, humiliation aux victimes, calomnies, injures graves à la Couronne et menaces.

En cause, les paroles de certains morceaux parfois violentes. Par exemple, des références moqueuses à Carrero Blanco, bras droit de Franco, tué par l'ETA en 1973. Ou encore, le reprise mot pour mot d'un lapsus de Mariano Rajoy en 2007 : "je veux transmettre aux Espagnols un message d’espoir, ETA est une grande nation".

Pour les défenseurs de la liberté d'expression et des artistes qui le soutiennent, Valtònyc est victime d'une loi. La loi organique de protection de la sécurité publique, votée de 2015, plus communément appelée "loi bâillon".

Dénoncée par la Fédération internationale des droits de l’homme car elle cherche à "dissuader les citoyens d’exprimer leurs opinions au travers d’actes publics". Là ce n'est plus de la pensée positive, c'est le stade au dessus.

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