Sud-Ouest se souvient d'un médecin bordelais qui soignait les pauvres mais qui, juif, fut radié par l'Ordre et mourut en déportation. Adèle Haenel est dure et politique dans le New York Times. Dominique Strauss-Kahn vit riche de bons conseils au Maroc, l'Obs. On sait à Troyes faire du bois dur comme béton, l'Est-éclair

Cimetière de pêcheurs français en Islande. On peut lire sur les croix au premier plan les noms Le Deist Louis-René, Carru J.Batiste, Poppeul Théophile ou encore "repose en paix"
Cimetière de pêcheurs français en Islande. On peut lire sur les croix au premier plan les noms Le Deist Louis-René, Carru J.Batiste, Poppeul Théophile ou encore "repose en paix" © Getty / Arsenio Marrero

On parle d'un pêcheur ce matin...

Dont je lis le nom sur une croix blanche plantée au milieu d'autres dans un paysage sublime d'eau et de verdure, il s'appelait Jean-Marie Ropers et je ne sais rien de lui sinon qu'il fut une victime parmi des centaines d'une aventure française, que me raconte le journal La Croix,  celles des pêcheurs à l'Islande, comme on appelait ces marins de Dunkerque de Gravelines de Paimpol de Fécamp de Saint-Brieuc de Binic, qui s'en allèrent du XVIIe siècle jusqu'aux années 1930 pêcher la morue dans les fjords islandais... La Croix me les ramène sur leurs goélettes étroites, alignés au touche à touche le long du plat bord face au vent, chacun oeuvrant debout avec une longue ligne munie de deux hameçons...

Au fil des naufrages et 5000 marins périrent... 49 d'entre eux reposent dans ce cimetière des français à FASKRUDFJÖRDDUR  où leur mémoire est transmise aux enfants des écoles.

Un de nos écrivains voyageurs, Pierre Loti, avait raconté dans un roman en 1886 la vie de ces  Pêcheurs d'Islande, l'histoire se finissait mal, par la mort du pêcheur Yann qu'aimait la jeune Gaud, ce fut une oeuvre populaire, on en fit des films dont l'un d'eux, muet, fut tourné à Paimpol en 1924 et encore projeté restauré l'été dernier en Bretagne, Ouest France et le Télégramme en ont parlé.

Et quand un virus inspire des unes des peurs des disputes, nous commençons par le souvenir d'un courage français. Nous ne fûmes pas, hélas, seulement cela.

Dans Sud-Ouest, je lis l'histoire du docteur Sabatino Schinazi, qui avant la deuxième guerre mondiale était à bordeaux, dans le quartier Bacalan le médecin des pauvres, mais il était juif et il fut radié par l'ordre des médecins créé par le régime de Vichy, et mourut en déportation devenu un squelette humain. Le docteur Schinazi était "le prototype du métèque dépourvu de tout scrupule », avait écrit de lui un docteur Pierre Mauriac... Mauriac hélas, le frère de François, notre Prix nobel...  L'ordre des médecins songe à réhabiliter le docteur Schinazi qui fut sa victime... Dans le Figaro, l'historienne Ane Wieviorka nous dit que la mémoire de la Shoah est fragile et que le sujet sature, que dire du remords tardif...  

On parle d'une femme en colère...

La comédienne Adèle Haenel, qui n'avait plus parlé depuis l'automne et qui a accordé une interview au New York Times... Elle qui initialement n'avait pas voulu porter plainte salue aujourd'hui les policiers et les enquêteurs "attentifs entraînés et bien intentionnés"... Mais c'est bien la seule consolation qu'elle autorise. Et la comédienne est dure et politique. Contre la perspective de voir Roman Polanski couronné aux Césars, ce serait "un crachat à la figure des victimes", contre "les vieux hommes blancs riches" qui tiennent dans ce pays les moyens de communication, contre "les hommes blancs hétérosexuels" dont le point de vue écrase le cinéma... Et enfin contre la présence au gouvernement de Gérald Darmanin, que plusieurs femmes ont accusé d'abus sexuels dit-elle. Jusqu'ici la justice n'y a pas vu malice. Simple détail pour une colère politique.

Que pensera-t-elle, la comédienne fâchée, du bonheur d'un homme qui fut lui aussi accusé par une femme , et que la justice laissa partir, et qui désormais est millionnaire et heureux me dit l'Obs qui dévoile la revanche de Dominique Strauss-Kahn. Il a gagné en 2018 5,8 millions d'euros, une rémunération qui le situerait au 13e rang des patrons du CAC 40 ! Ce sont les dividendes que se verse DSK au nom de sa société, Parnasse, installée au Maroc où il vit désormais, où jusqu'en 2018 elle ne payait pas d'impôts, car située dans une zone franche dont DSK avait lui-même conseillé la mise en place au gouvernement marocain... L'ancien directeur du FMI est devenu un conseiller financier prolifique,  en Russie, en Suisse auprès des présidents Togolais et Congolais. et toute cette activité impressionne après tant de malheurs. DSK apparaîtra bientôt dans un doc de Netflix, une star?

Il est des splendeurs de toute tailles de tous genres. Le Figaro s'extasie des Aston Martin du prochains James Bond et aussi d'une exposition Louboutin de chaussures et d'art au palais parisien de la Porte dorée. Ouest-France me fait découvrir un splendide musée de la caricature à Saint-Just le Marcel dans la Haute-Vienne, y sont conservés de vieux exemplaires de l'Assiette au beurre et y est reproduit le bureau de Wolinski; notre ministre de la culture qui veut créer un musée du dessin de presse avait oublié qu'il existait déjà!

Et on parle de roue pour finir...

Dans Usbek et Rica, excellent site, qui rend compte d'un livre réjouissant au titre faussement aride, "l'Histoire politique de la roue", d'un journaliste  Raphael Meltz, car la roue, cette première étape de la technique, peut raconter nos civilisations. Meltz revient sur la conquête de l'empire aztèque par les Espagnols de Cortez... Les Européens possédaient la roue, les Aztèques n'en avaient pas et leur retard technologique leur fut fatal... Sauf qu'en réalité,  nos Aztèques connaissaient la roue, on a trouvé sur des sites des petits jouets d'enfants qui en attestent. Simplement, pour eux, la roue symbolisant le mouvement du monde ne pouvait pas être utilisée pour construire ou se battre, c'eut été une profanation... .

On peut dire que l'Aztèque fut suicidaire, ou qu'il est un modèle à suivre, quand il faut nous restreindre au nom de toute l'humanité, en ces temps où la technique et le développement nous abîment la planète. 

Je lis dans Sud-Ouest encore que les asperges sortent déjà de terre c'est du jamais vu... Il faut donc se battre, et faire attention

Je lis dans le Monde  qu'en Espagne une PME recycle des vieux jeans pour économiser le coton et donc l'eau, c'est bien.

Je lis dans l'Est-éclair qu'à l'université de technologie de Troyes, un architecte de 33 ans, Thimotée Boitouzet, sait transformer le bois, n'importe quel bois, en un bois augmenté, imputrescible et qui ne brûle pas et qui est solide comme du béton, on en fera des tableaux de bord pour des voitures puis bientôt des portes et des maisons et on sauvera le monde, croyez-vous, car nous sommes, Français, parfois des génies.

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