C'est quoi, cette histoire ?... Cette "incroyable arnaque", comme titre Paris-Normandie... ce "casse du siècle", selon France Soir... bref, cette fraude de 5 milliards à la Société Générale... "Comment une banque peut-elle perdre 5 milliards ?"... La question est en Une de Ouest-France... Et le moins que l'on puisse dire, c'est que personne, ce matin, n'a vraiment de réponse... Pas de réponse, mais quelques explications... "Irresponsabilité générale"... C'est le titre de Libération, qui estime que la plus grande fraude du monde de la finance s'est déroulée hors de tout contrôle... Alors en Une du Figaro et d'Aujourd'hui en France-Le Parisien, la même photo... le visage de "l'homme qui a fait sauter la banque"... Le Figaro explique que la Société Générale a porté plainte contre Jérôme Kerviel... Elle l'accuse d'être à l'origine du plus grand sinistre de l'Histoire... Mais dans Le Parisien, des experts doutent du scénario de la fraude... Ils ne sont pas les seuls... "C'est donc si simple de détourner 4,9 milliards d'euros ?... Comment un petit employé de banque peut-il faire autant de mal ?", se demande, en Allemagne, le Sueddeutsche Zeitung... Ainsi donc, "ils n'auraient rien vu"... Le Times ironise sur la cécité des dirigeants de la banque française... mais explique aussi que "c'est le reflet du monde de l'entreprise d'aujourd'hui, un monde où les salariés en savent souvent plus que les patrons"... C'est aussi l'analyse de Gaëtan de Capèle, dans Le Figaro... "Les laboratoires des banques sont peuplés de mathématiciens de haut niveau, qui élaborent des produits, des modèles et des circuits informatiques inaccessibles à la compréhension du commun des mortels... Et la tourmente actuelle montre que la machine échappe aussi à ceux qui ont en charge de la conduire, aux dirigeants des banques qui ne comprennent pas ce que font leurs équipes"... Alors le PDG de la Société Générale peut bien signer, dans toute la presse ce matin, une lettre aux actionnaires... une lettre d'explications et d'excuses... son scénario d'un trader isolé devenu fou ne convainc pas tout le monde... Et du coup, on parle de "bouc émissaire"... "Ce qui est proprement abracadabrantesque, écrit Jacques Guyon dans La Charente Libre, c'est que cette fraude serait le fait d'un seul homme... et qu'après l'avoir auditionné tout le week-end, les responsables de la banque l'ont laissé tranquillement partir"... Dans Le Télégramme, Alain Joannès trouve lui aussi que les explications des dirigeants de la Société Générale contiennent plusieurs points fort peu crédibles... "Tout se passe comme si les 6 jours qui se sont écoulés entre la découverte de la fraude en interne et sa révélation hier avaient été utilisés pour scénariser une histoire plausible... Le profil du salarié semble avoir été sculpté à seule fin de justifier d'autres explications... Et puis les motivations sont étranges... Le fraudeur ne se serait pas enrichi... Il aurait aidé son employeur à liquider les pertes... Là encore, profil trop bien ajusté... Le salarié ne risque au fond pas grand-chose", constate l'éditorialiste... Oui, décidément, "la thèse d'un diabolique manipulateur isolé a du mal à convaincre"... Pour Didier Pobel, dans Le Dauphiné, "cela tient trop du personnage de roman"... C'est effectivement étrange... Patrick Fluckiger, dans L'Alsace, s'interroge : "La banque n'a-t-elle pas trouvé un lampiste bien commode pour masquer une partie de ses pertes sur les crédits à risques américains ?"... Ah ben oui, parce que là, du coup, le scénario s'enchaînerait mieux... Alain Crouzat, président de la société de gestion de portefeuilles Montségur Finance, l'explique assez clairement au Parisien-Aujourd'hui en France... "Je ne crois pas à la thèse du trader fou... Il ne peut pas avoir accumulé des positions de l'ordre de 50 milliards d'euros... C'est plus que les fonds propres de la banque... Et puis la chronologie pose question... La Société Générale s'apprête à publier ses résultats de l'année 2007, et voilà qu'à cette occasion tout le monde découvre qu'elle a été victime d'une fraude inouïe... Quelle coïncidence !... Quel timing exemplaire !... Quel scénario parfait !"... En clair, pour ce spécialiste, la Société Générale a d'abord été victime de la crise des subprimes... Et que cette histoire de trader fou sert en fait à éviter la panique généralisée... à éviter de voir des épargnants affolés se précipiter dans les agences... Autre interrogation d'Alain Crouzat, dans Le Parisien : "Comment la Société Générale a-t-elle remis sur le marchés les fameux 50 milliards ?... Il a fallu vendre sur les marchés... C'est sans doute l'une des explications de la panique en Bourse lundi"... En Allemagne, Die Welt se fait carrément accusateur... "Pourquoi les Bourses ont-elles chuté lundi plus fortement en Europe qu'aux Etats-Unis ou en Asie ?... C'est de la faute à la Société Générale... La banque française devait gérer une fraude de 5 milliards d'euros sans s'occuper de l'intérêt général, pour éviter des pertes encore plus grandes"... Dans toute la presse européenne, par ailleurs, vous lirez que le monde de la finance est abasourdi... Et dans le Financial Times, cet humour, très british : "Calme-toi chéri : c'est arrivé en France, à un Français travaillant dans une banque française !... Merci mon Dieu : il n'est pas Anglais !"... On quitte la finance... On quitte la finance... mais pas les riches... Au détour de l'éditorial de Fabrice Rousselot, dans Libération, vous lirez que les 4,9 milliards d'euros perdus par la Société Générale, c'est l'équivalent du budget annuel du RMI en France... A la croisée de ces deux thèmes... dans la série "Nos amis les riches montrent l'exemple"... je voudrais la fille... la fille du milliardaire qui touchait le RMI... C'est dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Laurence Pinot-Valenciennes, la fille du grand industriel français, était jugée hier à Nanterre, avec son compagnon... Pendant 6 ans, ils avaient touché le RMI... Alors ils ont été condamnés à 8 mois de prison avec sursis et 25.000 euros d'amende... Parce que, explique le journal, "sans ressources" n'est évidemment pas le terme qui qualifie le mieux la situation de la jeune femme... Oui mais voilà : c'est son conjoint qui lui faisait signer les papiers... Et elle ne s'intéresse pas à la gestion de ses comptes... Dans cette affaire, le plus étonnant reste que le Conseil Général des Hauts-de-Seine, gestionnaire du RMI, n'a pas porté plainte... Tiens... Les Hauts-de-Seine... Je vous conseille, dans Le Monde 2 qui sort cet après-midi, la lecture d'une enquête sur les HLM de Neuilly... sur les HLM et sur ceux qui y habitent... "De bien surprenants locataires", note l'hebdomadaire... pas du genre de ceux que l'on trouve ailleurs dans les parcs sociaux... 21 familles ont ainsi fourni au Bottin mondain une adresse qui relève des HLM... Bon et sinon, dans la vraie vie... Vous lirez, en Page Trois du Monde, "le péril au centre de Saint-Denis"... Dans le centre-ville historique, plus d'un logement sur trois est indigne... Saint-Denis est rongé par les taudis... La municipalité, prise entre l'urgence sanitaire, les coûts et les exigences des Bâtiments de France, a demandé les conseils d'experts... Dans L'Humanité... "Un modèle d'intégration expulsé"... Il s'appelle Mourad... Lycéen dans le Loiret, il avait reçu en septembre une bourse au mérite... Le jeune garçon était arrivé en France il y a 5 ans, dans le cadre du regroupement familial... Son père travaille dans l'Hexagone depuis 1973... Oui mais voilà : la semaine dernière, il a été arrêté, placé en garde à vue, envoyé en centre de rétention, et mis dans l'avion à Roissy, direction le Maroc... le tout en moins de 24 heures, dénonce L'Humanité... Alors heureusement, pour nous redonner le sourire ce matin... il y a Tsonga... "Tsonga le magnifique", titre Le Midi Libre... Hier, il a balayé Rafael Nadal "comme un ouragan", s'enthousiasme L'Equipe... L'Equipe où vous lirez une longue interview du champion... "C'était une folie... J'ai fait des volées spatiales, des trucs dos au filet, des trucs bizarres qui devenaient de jolies volées amorties... C'était juste magique"...

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