(Nicolas Demorand : "La presse voit l'actualité en grand, ce matin")... Grands patrons, grandes entreprises, grand oral de Nicolas Sarkozy... C'est en effet un adjectif qui revient pas mal, aujourd'hui. Et commençons avec cette tribune, en page 15 des Echos... Elle est co-signée par un homme qui fait partie de l'équipe gouvernementale : c'est Martin Hirsch. C'est intitulé : "La cohérence perdue des salaires des patrons". Point de départ : on admet communément un lien entre la compétitivité d'une économie et le niveau des salaires. On admet qu'on puisse attirer les meilleurs dirigeants avec les plus hautes rémunérations. Sauf que Martin Hirsch et Jean Gatty (qui préside une société de gestion de portefeuilles) ont analysé la rémunération des patrons de 90 sociétés, qui composent ce qu'on appelle le "Small 90" : ce sont des petites capitalisations. Résultat : sur la période 2001-2008, les neuf actions les moins performantes de ce panel sont celles des neuf patrons les mieux payés. Et les neuf actions qui ont le plus progressé sont celles des patrons les moins bien payés. Martin Hirsch et Jean Gatty en tirent deux conclusions : comment comprendre qu'on demande aux salariés d'une entreprise de faire des efforts au nom de la rentabilité si le premier d'entre eux perçoit une rémunération sans rapport avec le service qu'il rend aux actionnaires ? au moment, écrivent encore les deux auteurs, où des enquêtes sont réalisées pour savoir si différentes professions (enseignants, médecins, entrepreneurs) se sentent payées à leur juste valeur, pour les patrons, cette étude fournit une réponse partielle mais objective : il y a de l'ordre à remettre, pas seulement pour des raisons morales mais aussi économiques. Rappelons que Martin Hirsch, associé à l'équipe Fillon au nom de l'ouverture, est Haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté. Il ne fait pas bon être un grand patron, en cette période de crise... Henri Proglio en sait quelque chose. 20 Minutes titre ce matin sur "L'Improglio". Le PDG d'EDF a renoncé à sa rémunération chez Veolia. Mais la polémique ne s'éteint pas, et rebondit maintenant sur la double casquette. Le Figaro a suivi les interventions médiatiques des ministres du Budget et de l'Economie, ce week-end. Et en tire la conclusion : "Le gouvernement invite Proglio à quitter Veolia". Dans son éditorial, Gaëtan de Capèle fait de même : il estime que même si Henri Proglio est sans conteste un grand chef d'entreprise, son devoir est d'écourter le feuilleton de la double casquette. (ND : "Et un autre sujet de polémique, à propos d'EDF, est à la Une des Echos")... "La hausse des tarifs à nouveau en question"... Selon Les Echos, qui ont obtenu des indiscrétions, le groupe envisagerait une hausse du tarif résidents de 24% entre 2010 et 2015. Cela fait 15%, si l'on tient compte de l'inflation. EDF assure n'avoir transmis aucune demande chiffrée aux pouvoirs publics. Argument principal : l'électricien a de gros investissements devant lui, notamment dans le nucléaire. Les Echos rappellent que le prédécesseur d'Henri Proglio, Pierre Gadonneix, a perdu son poste après avoir réclamé de fortes hausses de tarif. On verra ce qu'en dit Nicolas Sarkozy ce soir sur TF1... (ND : "Une autre grande entreprise est examinée de près par la presse, ce matin")... Oui : c'est Total... Et cette fois, c'est dans La Tribune. Pour le quotidien, c'est sûr : le groupe annoncera lundi prochain la fermeture de sa raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, où travaillent près de 1200 personnes en comptant les sous-traitants. Le pétrolier (qui refuse tout commentaire, précise La Tribune) va convertir le site en dépôt de carburant, qui emploierait 30 à 50 personnes. Et le contexte dans lequel cette annonce est attendue est explosif : là encore, il est question de gros sous et de colère populaire. Ce sera le 1er février, donc. Et dix jours plus tard, Total devrait publier ses bénéfices 2009, attendus autour de 8 milliards d'euros. Mais "il en faudrait davantage pour impressionner le PDG Christophe de Margerie", écrit Marie-Caroline Lopez. "La poursuite de l'activité de la raffinerie des Flandres exigerait un investissement de 60 à 120 millions d'euros... un investissement que ne veut pas réaliser Christophe de Margerie. Et l'annoncer avant ses résultats annuels lui permettra de rassurer la communauté financière. (ND : "C'est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy intervient à la télévision, ce soir")... Il lui faut "remonter le courant", comme le titre Daniel Ruiz dans son édito de La Montagne... clin d'oeil à EDF. Dans L'Alsace, Patrick Fluckiger lorgne plutôt du côté de Dutronc ("Le monde entier est un cactus"). Pour l'éditorialiste, "il y a trois plantes particulièrement piquantes : emploi, pouvoir d'achat et retraites". Sur les retraites, on trouvera ce matin un sondage de l'institut CSA dans L'Humanité... "Parmi ces mesures laquelle vous paraît la plus efficace pour garantir le financement des retraites ?". Au-delà des solutions classiques, l'institut CSA propose de mettre à contribution les revenus financiers, et c'est cette mesure qui recueille le plus d'opinions favorables : 50%. Là aussi, cela décrit au moins un climat. Toujours sur cette question des retraites, dans Le Parisien-Aujourd'hui, Bernard Thibault confirme que sa centrale se battra pour que l'âge légal soit maintenu à 60 ans. Alors voici donc le Président de la République à la télévision... Le Figaro décrypte la stratégie de communication. C'est "retour au peuple", comme l'écrit Anne Fulda. Nicolas Sarkozy veut s'expliquer devant les Français, d'où le choix du très populaire JPP (Jean-Pierre Pernaut) pour jouer le Monsieur Loyal entre le chef de l'Etat et un panel de Français qui vont l'interroger. La consultation a déjà commencé sur la page Facebook du Président : "N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations et des sujets qu'il vous paraît important que j'aborde". Il y a pas mal d'ironie, ce matin dans les journaux, sur le choix de TF1, "la chaîne de son ami Martin Bouygues". L'expression revient sous beaucoup de plumes. TF1 et le présentateur du "13 Heures"... Cela donne, sous la plume d'Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos, dans Libération : "L'Elysée commande un Pernaut". Libé en profite pour faire son dossier d'ouverture sur les rapports entre pouvoir politique et petit écran, avec ce titre : "Qui télécommande ?". Pour Marianne, c'est l'opinion publique qui tient la zapette... L'hebdomadaire fait le rapprochement entre l'affaire Jean Sarkozy et l'affaire Henri Proglio : dans les deux cas, c'est l'opinion publique qui fait plier Sarkozy, selon Marianne, qui y voit "une révolution". (ND : "Un peu de sport, pour continuer")... Du sport à l'école... Dans L'Humanité, rédigé ce matin par des "jeunes" (entre guillemets) de 16 à 30 ans, témoignage d'un prof d'EPS du collège Pablo-Neruda de Pierrefitte, en Seine-Saint-Denis. Il décrit les conditions déplorables dans lesquelles il travaille. Avant le cours d'athlétisme, il faut que les agents d'entretien retirent un scooter et un canapé brûlé. Pas de vestiaires pour les élèves. Pas de sable dans l'espace réservé au saut en longueur. Autour de la piste, le sol est même recouvert de bouts de verre. Natation ou gym, tout est du même acabit. C'est titré : "Journal d'un prof d'EPS en banlieue parisienne". A propos de sport à l'école, le mensuel Têtu parle d'un "cauchemar d'homos"... Nous avons tous eu, dans notre classe, un camarade un peu nounouille et nul en sport : bizutage dans les vestiaires et banc de touche au moment du match de foot. Têtu a recueilli toute une pléïade de témoignages de lecteurs sur ce thème. Il n'y a pas de raison que les homos soient plus nuls en sport que les autres. En revanche, les brimades et humiliations tombent souvent sur des élèves qui s'interrogent sur leur identité et leur physique. Et le mensuel invite les profs de sport à être plus attentifs. Pas nounouilles du tout, les footballeurs algériens... Ils ont même été héroïques hier, et ils ont droit à la Une de L'Equipe ce matin. Je ne sais pas combien de fois c'est arrivé dans l'histoire du journal, mais c'est le cas aujourd'hui. En Coupe d'Afrique des Nations, les Algériens ont éliminé le favori de l'épreuve : la Côte d'Ivoire, à l'issue d'un match à suspense. "Héroïque" : c'est également le titre du quotidien El Watan, qui précise que, dès la fin de la rencontre, tout le pays a fêté cette victoire. Allez, pour finir... Dans Le Figaro, interview du créateur d'Astérix, Uderzo. A 82 ans, il prépare sa succession. Et sa décision est prise : le jour où il ira rejoindre Goscinny au ciel, il n'empêchera pas d'autres dessinateurs de s'emparer de son personnage. "Je sens bien que mon héros est plus fort que moi", dit Uderzo. Et là, ce n'est pas la potion magique : c'est la popularité. Les sangliers qui avaient acheté une parcelle de forêt en viager n'ont qu'à remballer leur projet : les Gaulois continueront longtemps à en faire le mets de choix de leur banquet... Bonne journée...

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