8H30 la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par des anniversaires…et une question

Que sont les espoirs devenus ?

En Egypte d’abord, où il y a 5 ans, Place Tahrir, des milliers d’Egyptiens défiaient le régime d’Hosni Moubarak jusqu’à le pousser vers la sortie. Reportage dans le Figaro pour raconter la terreur entretenue par le général Al Sissi pour empêcher toute commémoration : « les rues du centre ville quadrillées par tout ce que l’appareil d’Etat peut compter d’agents, en civil, en uniforme, en voiture, en fourgonnette. Tahrir l’épicentre de la contestation, prête à être bouclée à la moindre alerte. Le 5ème anniversaire de la révolution a été anticipé depuis des semaines raconte le journaliste, 5000 perquisitions revendiquées par le pouvoir, des détenus au secret sans informer ni avocat, ni famille, des administrateurs de facebook arrêtés..un contrôle si implacable qu’il est peu probable qu’il se passe quelque chose aujourd’hui conclut il…Angle plus optimiste dans La Croix qui souligne que malgré le retour de l’autoritarisme politique, la société elle, continue de se transformer. Tous les tabous sont tombés explique une sociologue, en particulier chez les jeunes : Yosra, une musulmane de 22 ans a décidé d’enlever le voile depuis la révolution, « aujourd’hui affirme t’elle , nous nous sentons libres de choisir », quand d’autres ont fait émerger de nouvelles formes d’engagement. Ayman, muni d’un master en gestion des systèmes de santé croyait faire carrière en Europe, « Mais sur la place Tahrir dit il, j’ai vu que les gens pouvaient s’organiser qu’il était possible d’avoir une approche participative, plus question de quitter l’Egypte »…Glaciation au sommet, bouillonnement qui se poursuit dans la société

Autre anniversaire…Alexis Tsipras souffle également aujourd’hui la première bougie de sa victoire électorale.

Et là encore, que sont les espoirs devenus ? « La Grèce est dans l’impasse » pour Libération, qui raconte comme Syriza découvre à son tour les affres de l’impopularité. Tsipras a longtemps conservé l’image de ce « bon garçon » qui fait ce qu’il peut écrit Maria Malagardis, mais il aura suffi d’un projet de loi, celui sur la réforme des retraites, pour que la colère renaisse en Grèce: agriculteurs, médecins, artistes, commerçants, tous sont descendus dans la rue depuis une semaine, les avocats aussi, qui ont accroché autour du parlement leurs cravates, pour marquer la naissance du mouvement des cravates, comme un clin d’œil douloureux explique la journaliste à ce qui fut l’une des marques de fabrique du premier gouvernement Tsipras, des ministres sans cravate, incarnant autant une autre forme de gouverner que la fin de l’austérité

Une austérité qui touche pourtant de plein fouet les retraités. Témoignages dans le Figaro, d’Antigone, 86 ans, qui vient se réchauffer tous les jours dans le centre de protection des personnes âgées, elle est privée de courant chez elle car elle envoie l’intégralité de sa maigre pension de 480 euros à ses enfants sans emploi à Athènes « j’ai vécu pire dit elle, pendant la guerre nous mourrions de faim…mais aujourd’hui nous sommes rongés par l’incertitude, on ne sait plus qui croire, c’est désespérant » conclut elle. L’Humanité, qui tente de ménager la ligne difficile que doit tenir Tsipras, dénonce cette réforme des retraites comment étant au « cœur du chantage des créanciers » ,quand les retraites écrit l’Huma sont devenues le dernier filet de sécurité pour la plupart des familles…

L’échec de Tsipras donne en tout cas du grain à moudre à ceux qui, chez nous, jetteraient bien la démocratie par-dessus bord. « La politique a poussé son dernier râle l’été dernier, là où elle était née il y a plus de 2000 ans en Grèce, Alexis Tsipras fut son fossoyeur » tribune dans Libération signée Julien Coupat, sommairement présenté comme « mis en examen pour terrorisme » et l’écrivain et éditeur Eric Hazan. Ils appellent tous les deux à faire fi des élections, afin de rendre définitivement « dérisoire disent ils ,l’idée que glisser une enveloppe dans une urne puisse constituer un geste politique. ».

Déchéance de nationalité pour les bi-nationaux, on attend toujours le texte du gouvernement…Une proposition ce matin dans la presse

Appel relayé par le site The Conversation, signé par des chercheurs et professeurs en droit ou philosophie de toute l’Europe qui a le mérite de proposer une alternative positive : le président et le premier ministre sont à la recherche de symboles pour renforcer la cohésion sociale et redonner sens à la république écrivent ils, mais, plutôt que de déchoir de la nationalité, il conviendrait d’élever à la nationalité proposent ils…Il existe un décret de 1792 qui permet de conférer la nationalité « à tous ceux qui quels que soit le sol qu’ils habitent, ont consacré leurs bras et leur veille à défendre la cause des peuples contre le despotisme des rois, à bannir les préjugés de la terre ». « Ces hommes qui ont servi la cause de la liberté et préparé l’affranchissement des peuples ne peuvent plus être regardés comme étrangers par une nation que ses lumières ont rendue libre ». A l’époque, Washington, Madison, Schiller furent déclarés français en vertu de ce décret.

Elever plutôt que déchoir, « Combien serait préférable le symbole de cette France qui reconnaitrait comme siens les défenseurs des Droits de l’homme » s’exclament les signataires. A l’opposé de l’image d’une France revancharde, ce serait donner au monde l’image d’une France fière du message de liberté et d’émancipation dont elle reste, parfois malgré elle, le symbole à travers le monde »https://theconversation.com/nationalite-elever-plutot-que-dechoir-53415

On termine Hélène sur un coup de gueule contre cette Nation « Une et indivisible » justement

Première chronique dans la Croix de l’écrivain originaire de Corse du Sud, Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012. Il s’était promis raconte t il, de ne jamais parler de la Corse dans la presse continentale. Et puis, il a craqué ! Ce qui l’a fait craquer, ce sont les commentaires après les régionales. Que Jean Guy Talamoni ait tenu un discours indépendantiste, on comprend ce que peut avoir de stupéfiant le spectacle d’un homme politique qui s’obstine à incarner les idées pour lesquelles il a été élu, grince t il. Mais pire, il l’a fait en langue Corse, suscitant l’union sacrée sur le thème « le français est la seule langue de la république ». « je dois avouer que je n’arrive pas à comprendre quelle terrible menace l’usage d’une langue qui ne cesse de perdre des locuteurs fait peser sur la république » s’interroge Ferrari…Ferrari qui cite aussi les commentaires de quelques éditorialistes sur la Corse « confetti encombré de chèvres et de châtaignes » pour l’un d’eux. En dehors des corses, s’indigne l’écrivain, de quelle communauté pourrait-on parler ainsi ? Résultat conclut Jérôme Ferrari : « je me sens appartenir à un peuple dont l’existence pour douteuse qu’elle fût, est au moins attestée par la précieuse détestation de ses contemporains »

On termine par un dessin de Willem pour résumer ce qui se dit ce matin dans la presse de l’offensive de Nicolas Sarkozy avec son livre qui sort aujorud’hui: Nicolas Sarkozy seul et suppliant « ne vous cassez pas Pauvres cons »…en termes policés, ça donne « ça passe ou ça casse »

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