Qui sont tous beaux comme autant de visages d'un pays, et pourtant, ces Français font dans l'Obs ce qui ne se fait pas en France, ils disent combien ils gagnent, ils nous regardent et ils parlent de leur vie.

Thomas chef d'entreprise de Grigny, 6500 euros par mois. "je ne peux jamais couper, l'argent ne calme pas cette intensité",  Zacharie, 25 ans manager en restauration rapide, 1700 euros, "je ne me doutais pas que les salaires seraient si intéressants...", Léo,  chef de cuisine à 21 ans, 1600 euros: "Mon père était restaurateur et il a galéré toute sa vie, quand je lui ai annoncé que je voulais faire ça, il l'a mal pris", mais c'est une passion...

Il l'aurait bien aimé, Léo, Paul Bocuse (dont le Point publie une interview posthume amusante) et on les aime bien, ces français qui offrent à l'Obs une simplicité et une vérité rare sur notre société forte et patiente, et rétive à l'ambition contemporaine.

On entend Michael manutentionnaire, 26 ans; 1400 euros, "je n'ai aucune envie d'échanger mon quotidien avec un plus riche, je connais une fille qui s'est mise à gagner pas mal de thunes, elle ne nous regardait plus de la même façon"... 

On regarde Roxane,  27 ans, assistante sociale à Aulnay-sous-Bois, qui entend souvent cela. 

Tu t'occupes de toxicos pour 1370 euros par mois? T'es mère Térésa? Aux yeux de beaucoup, je suis la bonne fille un peu un peu victime. Ne pas gagner beaucoup t'oblige à réfléchir sur qui tu es.

Et Roxane, rêve d'un monde d'égalité, a une tête de premier de cordée… 

Et on pense à sa sagesse paisible quand, dans Society, on lit une enquête sur les start-ups... Ces entreprises innovantes qui doivent entrainer la France. Elles sont, parfois, des lieux étranges où la passion professionnelle interfère avec la vie privée, des prisons dorées infantilisantes où des CHO, Chief happiness officers, organisent le bonheur obligatoire... Et parfois massent le dos ou fournissent, c'est arrivé du cannabis...

Une économiste américain parle de ce bonheur forcé comme "un fascisme". 

Moi je sais que mon travail implique de la souffrance, de l'irritation, mais il me rend heureuse...

Est-ce une caricature, du nouveau monde, je lis aussi dans la voix du Nord que des étudiants se forment à l'IUT de Maubeuge à devenir des hackers, des pirates informatiques, mais pour nous protéger... 

Mais qu'en pense-t-il, Emmanuel Macron de la France des start-ups qui nous sauveront?

Justement, le Parisien aujourd'hui en France s'intéresse au déplacement du Président en Auvergne

Il va aux champs, le Président des villes, dit Le Parisien, présenter ses voeux au monde agricole et chercher pour son image ce peuple qui lui échapperait, tant il a, je lis, un défaut d'enracinement... 

Et le Parisien se demande, mais que pensent les auvergnats du Président? Vaste question qu'on ne résoudra pas en une page de journal, mais on apprend que le maire de Thuret, Pierre Lyan, pense que le Président décide loin du terrain... la preuve par la limitation de vitesse à 80 km/h... 

Et nous sommes ici dans une étrange dimension, quand le peuple d'une région, l'Auvergne, quintessence de la France depuis Vercingétorix, sont convoquées dans la narration du pouvoir... Le peuple est-il le héros, où le seul héros est-il Macron, dont l'Express interroge le rapport à Dieu, et se demande s'il va devenir un laïque de ferme obédience devant l'islam... Le Point se pose la même question. Anecdotes et philosophie des puissants...

On apprend dans l'express que Brigitte Macron a demandé aux représentants des cultes, priez pour mon mari, priez beaucoup... 

Le peuple est-il le sujet  ou le sujet est-il Laurent Wauquiez, rival de Macron, dont le Parti LR se vide de sa substance, c'est dans l'Opinion, Wauquiez qui se voudrait écologiste, c'est dans l'Express, Wauquiez qui est à la télévision ce soir dans l'émission politique, « c'est une intronisation médiatique » dit Le Parisien, le moment de se construire une image dit Le Monde... Wauquiez, président de la région Rhône-Alpes que visite Macron... Le coeur de la France de pouvoir?

C'est amusant ici. En Auvergne même, le grand journal régional, la Montagne, n'a pas l'air bouleversé par la visite présidentielle, et consacre un simple article au Président qui s'en va voir Michelin, le Puy de Dôme et les paysans... 

La Montagne parle des arnaques sur le web. C'est la vie des gens, elle raconte un jeune homme devenu trafiquant de cannabis pour trouver un peu plus de 4000 euros pour financier son mariage... Et aussi Camille une étudiante qui fait de l'aide au devoir. Presque une cousine de Roxanne.  

Et pour finir, le traumatisme de Pézenas dans l'Hérault

Pézenas qui risque de devenir un désert médical, c'est dans Midi Libre qui raconte l'histoire de 6 médecins, les docteurs Capon, Dubois, Ferrières, Laures, Martin et Rolland, qui quittent la ville pour s'installer dans la commune voisine de Tourbes où la mairie installe un pôle de santé. 

« Nous ne pouvions pas continuer ainsi. Nos salles d’attentes sont bondées, les malades n’arrivent pas à trouver de médecin traitant", disent-ils, il leur fallait se regrouper, mais Pézenas ne leur a rien proposé... et les pharmaciens de Pézenas s'inquiètent, et les élus s'affrontent...

C'est une de ces journées où nos journaux, parlent de grands sujets, le bac, la reprise économique qui ne crée pas assez d'emplois, mais on trouve aussi dans des petites histoires de quoi comprendre le pays, et l'aimer...

Dans la dépêche, je lis ceci, qu'un jeune homme appelé Arnaud Attinetti a reçu la médaille d’or de la Ville de Saint-Geniez. Il est maçon, il a 26 ans et il y a une semaine, le 17 janvier vers 16 heures, il a vu une poussette tomber dans la rivière Lot en crue. 

Et il s'est jeté dans l'eau glacée pour ramener sur la rive un enfant de 7 mois. « Quand je suis arrivé au bord du Lot, sauter était pour moi une évidence. Je souhaite une vie douce et heureuse à ce garçon qui a bouleversé ma vie ». 

Premier de cordée.

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