La Provence se souvient des génocides. Mahmoud Abu Salama était devenu photographe pour montrer la beauté de Gaza, Libération. A Beyrouth, une colonelle vengeresse fit accuser Ziad d'être un espion israelien, Vanity fair. Les touristes chinois arrivent par milliers, à Colmar et au Louvre, et dans les Alpes, le Figaro.

On parle du combat d'un octogénaire...  

Qui vit aux Pays-Bas et que raconte Le Monde, il s'appelle Salo Muller et il fut le masseur et le kiné d'une équipe de football de légende, l'Ajax Amsterdam qui révolutionnait le football au début des années 70. Ce n'est pas rien le football dans la mémoire des peuples, allez si vous en doutez regarder Vahid Halilodzic à la une de Presse océan, l'entraîneur nantais les mains jointes en prière,  en pensant à Emiliano Sala... Les mains de Salo Muller, elles  malaxaient les cuisses du grand Johann Cruijff et ses mots apaisaient ses états d'âme, mais ce n'est pas pour cela que l'on parle de Salo Muller.  Quand il massait ses idoles, il se souvenait de sa maman Léna qui l'avait déposé un jour de mai 1942 au jardin d'enfant  du quartier du Plantage à Amsterdam et lui avait dit, "on se voit ce soir, soit sage", et après l'avoir laissé Léna avait été raflée comme son mari Louis, tous deux emmenés dans ce théâtre du Schouwburg où les nazis parquaient les juifs et puis dans le camp hollandais de Westerbork et puis furent mis dans un train pour Auschwitz, où ils furent gazés...   Et quand ses parents mouraient, Salo Muller fut caché sous le nom de Japje dans une ferme frisonne et après la guerre, il se reconstruisit en soignant de ses mains les blessures des âmes que trahissent les corps, mais il se réveillait la nuit en hurlant et cauchemardait à ce train qui avait amené ses parents à la mort...  

En 2015, Salo Muller lut dans le journal que des anciens déportés avaient obtenus réparation de la SNCF dont les trains avaient participé aux déportations; et Salo comprit comment vaincre ses cauchemars, il fallait que la Nederlandse Spoorwegen, la compagnie des trains néerlandais, paye à son tour, elle qui sous l'Occupation facturait aux juifs le trajet de leur déportation. Le Monde raconte le combat de cet homme qui a obtenu gain de cause... La paix lui est venue.   

Salo Muller dans le Monde, d'un passé qui ne nous lâche pas. La Provence consacre sa dernière page aux génocides, Vartan Arzoumanian traque sur internet les négationnistes du génocide arménien. La Provence interroge également un médecin et historien des génocides Yves Vernon, qui l'assure, tout  a recommence, contre les Yezidis en Syrie ou les ronge musulmans le subissent en Birmanie, mais les arméniens comme les juifs pourraient à nouveau subir... .

Salo Muller, lui, a trouvé la paix. Il ne témoigne pas seulement de la Shoah, mais aussi d'une étincelle irréductible, celle d'un individu qui survit face à l'histoire, contre l'histoire, et en dépit d'elle? Car il s'agit bien de cela, l'individu, quand ce matin on nous montre des foules, le peuple vénézuélien qui se dresse à la une du figaro, un autre peuple vénézuélien, celui-là pour Maduro, à la une de l'Humanité, ou quand nos journaux, l'opinion, libération, la croix explorent ces gilets jaunes qui ne veulent pas être représentés mais qu'une colère sourde a poussé, autant d'individus...   

Et d'autres individus se dressent dans les journaux...   

Libération raconte un palestinien nommé Mahmoud Abu Salama qui était devenu photographe  pour montrer la beauté de Gaza et qui s'est fait rattraper par la guerre, et dont on connait les photos de foules manifestantes et de morts que ces foules veillent, il a fui Gaza pour retrouver la vie. 

Au Liban vit Ziad Itani, que Vanity fair a rencontré. Il était un comédien et humoriste à la mode dans la douceur de Beyrouth quand en novembre 2017, il fut enlevé et conduit dans une pièce où sur des murs séchaient du sang, et là battu, violenté torturé menacé, "on peut faire venir ta fille et fille et la violer devant toi", et à l'extérieur ses amis le reniaient, Ziad Itani était accusé d'être un espion israelien, en réalité victime de la vengeance d'une colonelle, qui avait perdu son poste en raison, pensait-elle, d'une plaisanterie de Ziad sur twitter; Ziad Itabi est libre et ses poils ont blanchi on se presse à la pièce qu'il a écrit sur son histoire kafkaienne, "je reste un clown" dit-il, quoi de plus humain... 

(Les deux histoires suivantes n'ont pas été dites à l'antenne, pour une raison de temps, ce sont les aléas de la radio, mais elles valent la lecture) A la Une des Echos, un grand homme que rien ne devrait atteindre survit  aux malédictions de l'Afrique et de la naissance, Tidjane Thiam, patron de Crédit Suisse  mélomane et polytechnicien et ami des milliardaires philanthropes, rend dans ce portrait de puissance un son d'une infinie solitude... Il est parmi les élites bancaires mondiales une exception, africain, mais en Afrique aussi il est autre, né de l'aristocratie de la Côte d'Ivoire, neveu du fondateur de l'indépendance Felix Houphouet Boigny... Sa maman était  fore femme de l'ethnie Baoulé où les mamans dirigent le monde, pourtant ilettrée et dont le fils s'identifie à Aliocha, qui cherchait Dieu et la bonté dans les frères Karamazov de Dostovievski.. Comment n'etre que soi...  

Dans la Vie, un homme surmonte la certitude de sa mort et s'en remet à Jésus sur la croix. Il s'appelle Fred Rister et en a fait danser du monde, ce chti partenaire de David Guetta, mais depuis bientôt deux ans, à son neuvième cancer, il a arrêté tout traitement  et refuse aussi bien le suicide assisté que propose la Belgique toute proche. "J'aime la vie au point de respecter l'heure de son crépuscule. Je veux simplement mourir à temps. J'attends la Bête à laquelle je me suis livré." Veut-on sa liberté?   

Et des histoires d'éditeurs pour finir.  

Une éditrice malheureuse, Françoise Nyssen, qui fut ministre de la Culture et n'était pas faite pour ce monde de la politique, où l'avait invité Emmanuel Macron qui ne la soutint guère, c'est dans Vanity fair encore. Un éditeur heureux dans la Voix du Nord, Jean-Claude Simoën, père des "dictionnaires amoureux" et qui se définit comme un brontosaure, enfant d'une bourgeoisie désargentée de la côte d'Opale... 

Il scintille, Simoën, quand à la Une du journal, un vieux chevaleret des mines d'antan s'effondre, pourtant classé à l'Unesco, et une mémoire disparaît.  Iront-ils visiter les mines d'antan, ces touristes chinois qui débarquent en masse sur notre vieux pays? Ils vont plutôt à Colmar me dit le Figaro, dans un chouette dossier, 1.3 milliards de chinois, et nous et nous et nous, ils vont à Colmar où fut tournée dans le bistro des Lavandières une émission de téléréalité chinoise, l'été dernier, vue par plus d'un milliard de chinois. voilà bien les masses, mais les Chinois me dit le Figaro appréhendent maintenant les plaisirs des visites individuelles à Chambord ou au Louvre, et aussi font du ski, ils sauveront le Club med et les stations des Alpes, et à Courchevel, le Dauphiné l'avait déjà racontée enseigne Lulu dite Liyu Yang, première chinoise brevetée monitrice de ski!

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.