Bonjour... ...Sur quoi vais-je donc ouvrir cette revue de presse ?... Sur l'arrivée de Barack Obama à Paris, aujourd'hui ?... ...ou sur le Tour de France dont on connaîtra l'épilogue dimanche ?... Le Tour de France. ...Vous avez suivi cette histoire dans vos journaux (papier, télé, radio) : dans le département de l'Isère hier, à 13h10 précise, au rond-point de Champagnier, près de Vizille, des douaniers ont effectué ce qu'on appelle "un contrôle inopiné" sur deux voitures suiveuses de l'entourage des frères luxembourgeois Frank et Andy Schleck, respectivement deuxième et douzième au classement général. Vous lirez dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France" que les agents des douanes "ont agi à partir d'un 'tuyau' selon lequel Johnny Schleck ('Johnny', c'est le père des deux coureurs) pouvait transporter dans sa voiture des poches de sang et du matériel de transfusion". Les gabelous n'ont rien trouvé de compromettant, apparemment... Johnny Schleck a lancé, indigné : "Bien sûr que mes fils sont propres !". Soit... ...Ouvrez donc maintenant "Libération". Dans sa chronique, Antoine Vayer nous raconte de bien drôles de choses (quand il ne chronique pas pour "Libération", Vayer dirige notamment à Laval, en Mayenne, une cellule de recherche sur la performance). Voici ce qu'il dit. Et là je cite trois extraits de son papier du jour. - Premier extrait (il parle de l'étape de l'Alpes d'Huez) : "Le jeunot Andy Schleck est capable d'aller chercher les adversaires velléitaires plus d'une dizaine de fois par des accélérations foudroyantes à 35 kilomètres-heure au plus fort des pentes". - Deuxième extrait : "Avant-hier, 3.000 kilomètres avaient été parcourus en 74 heures et 39 minutes. Nous allons tout droit vers la cinquième moyenne la plus rapide de toute l'histoire du Tour". - Troisième et dernier extrait : "Nous en sommes, en 2008, à des niveaux de performance supérieurs à ceux du dopage 'contrôlé' de l'ère Festina. Comprenne qui pourra". Allez !... ...J'ai gardé un quatrième passage afin de compléter le tableau. Je vous le lis (je cite toujours Antoine Vayer dans "Libération") : "Côté finances, les gains amassés par les stars des années EPO leur ont permis d'acquérir notoriété et propriétés en Toscane et dans le sud de la France. On ne citera personne : ils nous racontent le Tour chaque jour". Fin de citation. ...Et Barack Obama ?... A quoi se dope-t-il, le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine de novembre ?... ...Il prend de "l'Obamania"... C'est le titre qui barre la Une de "Libération"... L'Obamania, cette incroyable popularité qui lui a permis de réunir, face à lui, hier à Berlin, plusieurs centaines de milliers de personnes (certains de vos éditorialistes, ce matin, tout à leur enthousiasme sans doute, vont jusqu'à un demi-million de Berlinois rassemblés au pied de la Colonne de la Victoire : tout un symbole). "Libé", toujours (soyez tranquilles, je vais citer les autres journaux, je ne suis pas appointé par Laurent Joffrin), titre, en pages intérieures, sur "La tournée triomphale de Barack Obama"... "La tournée" : comme s'il s'agissait d'une rock-star. De son discours prononcé au coeur de la capitale allemande, "Le Figaro" retient en première page que "Les Etats-Unis ont besoin de l'Europe". Obama "a demandé au Vieux Continent d'aider les Américains à vaincre les talibans et al-Qaïda en Afghanistan". Pour "Libération", Fabrice Rousselot commente : "Il a replacé l'Afghanistan au centre de la campagne et adopté une ligne ferme avec l'Iran". Obama met des "nuances sur sa palette internationale et veut faire du dialogue l'arme maîtresse d'une autre diplomatie. Une saine perspective pour des Américains de plus en plus sensibles à la dégradation de leur image en dehors de leurs frontières". Quant à Didier Pobel, dans "Le Dauphiné Libéré", s'il rappelle que "le candidat démocrate à la Maison Blanche n'est pas encore Président, c'est pourtant comme tel qu'il a été reçu hier dans un pays où George W. Bush portera indéfiniment le visage d'un belligérant". Barack Obama sera reçu cet après-midi à Paris par Nicolas Sarkozy. De quoi parleront-ils, Alain ?... Le sait-on ?... ...Parleront-ils de la conjoncture économique ?... Auront-ils lu Bernard Revel, l'éditorialiste de "L'Indépendant du Midi", qui prend une triste mine et nous plombe la fin de la semaine en nous apprenant que "le moral des industriels est au plus bas". Je cite, encore, Revel : "Dans un monde où tout est lié, où telle décision chinoise, tel contretemps américain, telle pression russe influe sur notre niveau de vie, il devient de plus en plus difficile aux dirigeants politiques, malgré leurs promesses et leurs certitudes, de maîtriser quoi que ce soit (...) Le résultat est là : l'horizon économique s'obscurcit et la France est menacée de récession". - En Une de "La Tribune", ce titre : "La chute du moral des industriels risque de faire entrer les économies de la zone euro en récession"... - Première page de l'autre quotidien économique, "Les Echos" : "Conjoncture : jusque-là bons élèves de la zone euro, l'Allemagne et l'Espagne en panne de croissance"... Et en pages intérieures : "Des menaces de récession planent au-dessus de la zone euro"... - ...Et dans les pages saumon du "Figaro" : "Emploi, immobilier, inflation : l'Espagne s'enfonce dans la crise". Je reviens un bref instant sur Bernard Revel et son édito de "L'Indépendant". Il écrit : "Partout, il n'est question que de réductions d'effectifs. Les suppressions d'emplois sont devenues un leitmotiv". ...Suppression d'emplois chez Renault. Carlos Ghosn, le patron de l'entreprise de construction automobile, l'annonçait hier... 5.000 emplois seront touchés en Europe parmi les salariés non liés à la production... Une des deux lignes de montage de la Laguna dans l'usine normande de Sandouville devrait aussi s'effacer ; cela représente 1.000 postes d'ouvriers. "L'Humanité" titre : "Renault... 6.000 emplois sacrifiés aux profits". L'éditorialiste du quotidien, Patrick Apel-Muller, nous explique que "en sabrant dans les effectifs (...), le PDG Carlos Ghosn veut servir des dividendes plus copieux aux actionnaires". Pour "Le Monde" : "Carlos Ghosn est rattrapé par la conjoncture". ...Toujours dans le secteur de la sacro-sainte "conjoncture économique", je vous dis deux mots sur "les révélations d'un ancien dirigeant" de l'Union des Industries métallurgiques et minières. C'est une exclusivité du "Monde". On vous en a déjà beaucoup parlé depuis hier. Vous le savez maintenant : l'ex-bras droit de celui qui fut le délégué général de l'UIMM pendant dix ans, de 1985 à 1995, "balance à tout va"... Devant le juge Roger Le Loire, Jacques Gagliardi (il a 76 ans, on le connaît bien dans les milieux patronaux) prétend que l'UIMM a distribué de l'argent au MEDEF, à des syndicats, "à des hommes politiques de tous bords, hormis le Parti Communiste". On lui demande si la CFDT et Force Ouvrière faisaient partie du lot, il répond : "Vraisemblablement". Il cite sans vergogne des pratiques qui remonte à la création du Comité des Forges, en 1864. En résumé, le lecteur reste un peu sur sa faim. Jacques Gagliardi affirme tenir ses informations de celui dont il fut le collaborateur et qui est mort le 2 juillet dernier. Les morts ne parlent pas, on peut leur faire dire ce que l'on veut. J'attends pour ma part que mes excellents confrères du "Monde" soient en mesure de publier les propos d'un "vivant", je veux parler de Denis Gautier-Sauvagnac. L'ancien président et délégué général de l'UIMM fait l'objet d'une mise en examen pour "abus de confiance", "recel d'abus de confiance", et "travail dissimulé". La justice tente toujours de découvrir à qui étaient destinés les 21 millions 344.691 euros prélevés sur des comptes de l'Union de 2000 à 2007. Tout cet argent n'a pas pu sortir dans ces "boîtes de chaussures" qu'évoque Jacques Gagliardi dans son témoignage, repris par "Le Monde". Ou alors... les destinataires chaussaient grand. Un mot quand même, avant de boucler cette revue de presse, sur le plan de restructuration des sites militaires français. On en a déjà beaucoup dit. Je ne retiendrai, ce matin, que les extraits de trois éditoriaux : ceux de Philippe Waucampt dans "Le Républicain Lorrain", Rémi Godeau dans "L'Est Républicain" et Erik Izraelewicz pour "La Tribune". Ils se complètent. Honneur aux "blessés" de Lorraine (si vous me permettez cette image). - Philippe Waucampt : "L'impact de la nouvelle carte militaire sur la Lorraine en général, et sur la Moselle en particulier, n'est pas éprouvant. Il n'est pas rude, pas plus qu'il n'est brutal. Non, il est dévastateur, presque excessif, relevant de la vitrification nucléaire". - Rémi Godeau : "Une période de turbulence économique s'ouvre pour des zones déjà fragilisées par des restructurations industrielles. L'armée pèse 7% du produit intérieur brut régional. Une garnison en moins, ce sont des logements vacants, des écoles désertées, des commerces délaissés"... L'éditorialiste de "L'Est Républicain" parle encore des "mesures d'accompagnement annoncées hier" et qui "donnent le tournis". Il ajoute : "Encore faut-il qu'elles ne tiennent pas de la poudre de perlinpinpin". Je garde pour la fin Erik Izraelewicz pour "La Tribune", je lis : "Une carte, ça va : trois cartes, bonjour les dégâts !". Izraelewicz argumente : "Il y a eu, d'abord, la réforme de la justice (...). Elle va se traduire, on le sait, par une profonde redistribution des tribunaux sur le territoire national. Idem pour la réforme de l'hôpital". Et maintenant la Défense. Ces trois "grandes réformes (...) absolument indispensables", nous dit le journaliste du quotidien économique, "il aurait sans doute été préférable de les mener les unes après les autres". Il déplore l'absence de dessein (D-E-S-S-E-I-N). C'est dans "La Tribune", "La Tribune" qui titre en page Une : "Ces réformes de l'Etat qui redessinent la France"... Dans "L'Est Républicain", la première page c'est un mot suivi d'un point d'exclamation : "Rompez !".

Alain LE GOUGUEC

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