La fameuse déclaration d'intérêts et d'activités des parlementaires remplit les journaux ce matin.

Et pourtant, il n'y a absolument rien de neuf là-dedans, ça existe depuis 1961. Depuis que le président du Conseil Emile Beaufort, alias Jean Gabin, a pris la parole à l'Assemblée pour dénoncer les conflits d'intérêts des députés .

Prestigieux Jean Gabin dans le film 'Le Président' d'Henri Verneuil et Michel Audiard. C'est Eric Dussart qui reprend ces fameux dialogues dans son éditorial de La Voix du Nord ce matin, en insistant : "la divulgation de ces intérêts et activités aurait dû être obligatoire depuis longtemps, comme dans tant d'autres pays. Ce n'est pas de la suspicion, c'est juste pour dissiper les fantasmes comme on n'en voit qu'au cinéma ". "D'ailleurs ", prolonge Olivier Pinot dans la Nouvelle République du Centre-Ouest, "s'il y a parfois un certain malaise à entrer dans l'intimité (toute relative) des élus, c'est parce qu'on est au début de la pratique, il faudra certainement un peu de temps pour créer la bonne distance entre transparence et voyeurisme, mais cette procédure, naturelle en démocratie, va et doit entrer dans les mœurs. " Plus dubitatif sur la portée de ce scanner de la morale politique, Raymond Couraud dans l'Alsace pense qu'il est "absurde d'imaginer que des opérations de transparence règleront le problème. De lois en déclarations, la République cherche désespérément à trouver sa probité, on appelle ça la transparence, on ne peut que s'en réjouir, mais le monde politique n'a pas le monopole des turpitudes, il est souvent le reflet de la société qui lui délègue ses pouvoirs en espérant surtout être payée en retour. "

Alors, la presse réfléchit mais elle s'amuse aussi avec le détail des déclarations, elle s'amuse car il n'y a pas de révélations de scandales, on s'en doutait, non, ce sont les rémunérations de nos élus qui soulèvent certainement le plus de curiosité. Le trombinoscope de Mediapart est l'un des plus complets. Au hasard, on lira la fiche de Jean-François Copé, Maître Copé, un peu moins de 2 millions d'euros de revenus entre 2009 et 2013 avec sa robe d'avocat qu'il a raccroché l'an dernier mais qu'il pourrait reprendre cette année. A ce tarif-là, on le comprend. "Un pied dans le privé me permet de me confronter à la réalité de l'entreprise" écrivait d'ailleurs Jean-François Copé dans son livre "un député, ça compte énormément" publié en 2009. Autre avocat, Maître Glavany, il a collaboré chez Parme Avocat pour une rémunération de 61 000 € mais son nom n'apparait pas sur le site internet du cabinet, s'étonne Mediapart. Plus intéressant encore, l'ancien ministre de l'agriculture avoue ses liens avec le groupe Bolloré, en tant que membre du groupe stratégique, "une structure informelle s'apparentant à un Think Tank" écrit Jean Glavany, "mais qui ne fait de moi ni un salarié, ni un dirigeant, ni un actionnaire de ce groupe". Certes, mais ça révèle sa proximité avec les amis de Nicolas Sarkozy constate Mediapart, avec Vincent Bolloré donc mais aussi Alain Minc qui siège dans ce même comité stratégique. Allez, encore un avocat, Maître Collard, près de 400 000 € de revenus en 2012, et il emploie sa femme deux fois, au cabinet et comme attachée parlementaire.

Libération revient sur le 17 novembre 1948

En pleine grève des mineurs de fond, le pouvoir craint alors une récupération de Moscou via la CGT, et le ministre de l'intérieur Jules Moch envoie les CRS. 1 342 mineurs seront arrêtés et condamnés à des peines de prison ferme pour entrave à la liberté du travail, ils seront licenciés et même interdits de travail. Pire : certains officiers ou résistants seront dégradés. Haidée Saberan a rencontré quelques-uns des survivants de cet épisode tragique de l'après-guerre, ils seraient encore 31 à pouvoir bénéficier d'une réparation financière promise par Christiane Taubira. Car si les grévistes condamnés de 1948 ont déjà obtenu une amnistie tardive en 1981, puis une petite indemnisation de 15 000 euros versée par le ministre des finances Nicolas Sarkozy en 2004, "presque tout reste à faire " écrit Haydée Sabéran: "reconstituer les carrières et rendre aux anciens militaires leur grade " Avec des centaines de milliers d'euros en jeu cette fois-ci, mais c'est une question d'honneur avant tout. Pierre rêve du jour où il pourra aller sur la tombe de son père et dire 't'as gagné !'. Et Norbert confirme, à 92 ans, "toute notre vie, on a été considérés comme des mauvais français ".

Le récit glaçant du bombardement de cette école de l'ONU dans la bande de Gaza.

Le sang n'a pas eu le temps de sécher quand l'envoyé spécial du Figaro est entré dans les décombres de l'école de Beit Hanoun, où un millier de réfugiés s'étaient installés en quête d'un peu de répit. "Une banderole tendue au fronton de l'établissement annonce encore 'vous êtes les bienvenus dans notre école " écrit Cyrille Louis. Mais "à l'hôpital de Jabaliya, un effrayant cortège de civières fendait une foule hallucinée. Sur l'une d'elles, un homme au poitrail ensanglanté et un garçon aux yeux mi-clos gisaient tête-bêche. Un ambulancier hagard poussait le cadavre d'une fillette. Une mère voilée de noir hurlait, les deux mains plaquées sur son visage ". En miroir à cet article, il y a le constat désabusé de l'ambassadeur d'Israël auprès des Nations Unies à Genève : "Il n'y a rien à faire contre ces images, même si nous agissons en état de légitime défense. " Inextricable conflit.

La presse a aussi ce matin une pensée pour ceux qui prennent l'avion ce weekend.. .

"Au premier accident, on peut encore se raisonner, mais après la 4ème disparition en l'espace de 5 mois, ça devient difficile " expose le Huffington Post qui nous aide donc à relativiser les accidents. L'avion est le mode de transport le plus sûr, mais c'est le moins connu et c'est ça le problème, la peur de l'inconnu, ne pas savoir COMMENT vole un avion. "Parmi les peurs les plus irrationnelles, il y a celle de voir les réacteurs s'arrêter en plein vol et l'avion tomber " témoigne Marie Claude Dantan, psychologue et co fondatrice du centre antistress aéronautique. Ses conseils de dernière minute : "parlez de votre peur au personnel navigant, ne gardez pas ça pour vous. " Et surtout, n'annulez pas votre voyage, "c'est la pire chose à faire " insiste la psychologue, "plus vous évitez quelque chose, plus votre peur prendra de l'ampleur. " Vous pouvez aussi programmer un stage au centre de traitement de la peur de l'avion à Paris, 490 euros la journée, Le Parisien l'a suivi pour vous avec quelques aérodromophobes qui, là aussi, apprennent à connaitre l'avion, à combattre les idées reçues et finissent même leur session sur un simulateur de vol.

Et puis toute la presse salue déjà la victoire (sauf accident) de Nibali dans le Tour de France qui s'achève dimanche sur les Champs-Elysées. "L'empereur Nibali " titre l'Equipe,"la puce des pyrénées ", mais pas seulement puisque l'italien a aussi vaincu les Vosges et les Alpes cette année. Le "squalo delle stretto " (le requin du détroit) renchérit Philippe Brunel, envoyé spécial du quotidien sportif en Sicile, à Messine, là où Nibali a grandi, via Cesare Battisti (juste à côté du tribunal, ça ne s'invente pas) dans le magasin de location de films vidéos des parents. Enzo, le petit garçon turbulent, un chien fou qu'il fallait tenir en laisse, sourit la nounou. "Un jour, il s'est abîmé la cuisse sur un chantier, il dira au médecin qui le recoud : "faites ça bien, hein, car je vais être coureur cycliste. " "Je vais être". Sa mama "Giovanna aurait-elle imaginé qu'un jour, il courrait pour des Kazakhs pour plus de 3 millions d'euros ? " questionne Philippe Brunel. Quant au dopage, Nibali a toujours avancé son éducation comme un rempart. Sa mère confirme : "Enzo n'y cèdera pas, jamais, il ne pourrait plus remettre les pieds en Sicile. "

C'est ce qu'on appelle une déclaration d'intérêts et d'activités on ne peut plus claire.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.