Le Tour de France s'est achevé hier mais c'est un "Paris-Nice" qui est au coeur de l'actualité de ce matin...

Le Tour de France s'est achevé hier mais c'est un "Paris-Nice" qui est au coeur de l'actualité ce matin...

Une polémique née à Nice qui a fait sortir de ses gonds le ministre de l'Intérieur... "Le Bras de fer entre la ville et Bernard Cazeneuve ne faiblit pas"... euphémise en Une Le Figaro... "La polémique s'envenime"... pour Le Parisien/Aujourd'hui en France... "Estrosi-Cazeneuve l'indigne bras-de-fer", ça c'est le titre de l'Humanité.

Rappel des faits: hier dans le JDD, la chef de la vidéo-surveillance niçoise, la policière municipale Sandra Bertin accusait le ministère d'avoir fait pression sur elle, de l'avoir harcelée, pour qu'elle modifie son rapport sur le dispositif policier en place sur la Promenade des Anglais, le soir du 14 juillet. On lui aurait demandé décrire que des policiers nationaux étaient présents... là où ils n'apparaissaient pas sur les images de vidéo-surveillance. Outré donc, Bernard Cazeneuve, hier soir au 20h de TF1, se disait victime d'une "campagne de villenie"... "Je n'accepterai pas qu'on mette en cause mon honneur et ma dignité", s'emportait le ministre, qui annonçait le dépôt d'une plainte, en diffamation, contre Sandra Bertin... mais celle-ci maintient ses accusations.

Le Parisien nous explique... "qu'en haut-lieu, on en est persuadé, l'affaire ressemble bien à un coup orchestré... une boule puante signée... Christian Estrosi", l'ancien maire Les Républicains de Nice, désormais président de Région et premier adjoint. Le quotidien a d'ailleurs enquêté sur la personnalité de la policière municipale, fonctionnaire "très engagée", dont les comptes Facebook et Twitter regorgent de message de soutien à Christian Estrosi... et de critiques contre "la pseudo-politique socialo". Est-elle en service commandé pour l'homme fort de la droite niçoise?

Dans Médiapart en tous cas, on rappelle que depuis l'attentat du 14 juillet, Christian Estrosi exige "la vérité" mais n'en offre qu'une version partielle... il "s'exclame, dénonce, accuse, et se drape dans le costume de l'élu local révolté par les mensonges de l'Etat"... Mais "rien n'est jamais de sa faute... Sa politique ultra-sécuritaire a montré ses limites, mais il ne la remettra pas en question." Pour Helen Salvi, de Médiapart, Estrosi dit parler "au nom des niçois" mais c'est surtout son égo qu'il protège. Il dit vouloir défendre ses policiers municipaux... mais c'est lui et lui seul qu'il protège. Il martèle que chacun doit prendre ses responsabilités... mais ne cesse de fuir les siennes.

L'attentat de Nice... pourrait aussi plomber les chances de François Hollande de rester à l'Elysée l'an prochain.

Analyse du Figaro, qui s'interroge, "François Hollande pourra-t'il se représenter?". Le quotidien cite plusieurs proches du président de plus en plus sceptiques sur les possibilités d'une nouvelle candidature Hollande. Car l'attentat de Nice, le troisième de grande ampleur en 18 mois, a fait basculer l'opinion, selon Jérôme Sainte-Marie de l'institut de sondages PollingVox. Après Charlie, après le Bataclan, la côte de popularité du président avait connu des rebonds... mais pas après Nice: cette fois, le sentiment d'inaction et d'incapacité de l'exécutif a protéger les français prend le pas sur tout. "Le roi est nu", résume Le Figaro... La campagne de 2017, cette fois c'est sûr, sera polarisée par la question du terrorisme... et dans ces conditions le député PS Christophe Caresche y croit de moins en moins: "le risque, explique-t'il, c'est que le Président soit totalement disqualifié, que les français se détournent de lui, qu'il soit dans l'incapacité de se présenter".

Dans Libération ce matin, on lira les atermoiements cette fois... des "dépités de l'Assemblée Nationale". Ces parlementaires, qui à moins d'un an des législatives, envisagent eux aussi, de ne pas se représenter, à force, de lassitude de la politique nationale, de déception ou simplement parce qu'ils sont cumulards. Il y a aussi ceux qui arrivent à un âge vénérable, où l'on se dit qu'il serait peut-être bien temps de passer la main... mais "à gauche le pretexte de l'âge a souvent bon dos, tant le malaise est profond", analyse Christophe Forcari.

"Il y a l'impression que le Parlement n'a plus le rôle qu'il devrait avoir, nous explique un député socialiste... pour qui le passage en force sur la loi travail, avec le 49-3, a été un peu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase". L'élue Ps du Puy-de-Dôme Odile Saugues ne se représentera pas, à 74 ans... "dégoutée par la tournure que prend cette fin de quinquennat". Patrice Prat, député gardois en rupture avec le Parti socialiste, hésite, lui, à être candidat l'an prochain... et de conclure: "les députés sont des potiches qui ne servent pas à grand-chose".

Et pendant que les députés se lamentent, le gouvernement galère sur la mise en place d'une de ses mesures-phares en matière de fiscalité: le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu... décidément, un chemin semé d'embûche pour Bercy, nous explique Les Echos. La question sera abordée mercredi en conseil des ministres: ça coince au niveau de la confidentialité des données que le Fisc devra transmettre à nos employeurs... Problème d'atteinte possible à la vie privée, puisque les patrons auront désormais accès à notre taux d'imposition, et donc à des infos sur nos revenus hors-salaire. Bercy a donc du revoir sa copie... et à force, on commence à se demander si cette grande réforme ne va pas rater son but, celui de simplifier la vie des français. C'est l'analyse d'Ingrid Feyeurstein, qui nous dit que, de toute façon, il faudra toujours remplir chaque année une déclaration de revenu... et jongler avec des mécanismes complexes de régulations, de rattrapages par rapport à ce qui aura été prélevé sur nos salaires, quand ce prélèvement ne sera pas tout simplement impossible. On n'a pas fini de se prendre la tête sur nos calculatrices...

Et si l'on cherche la petite bête, on la trouve ce matin dans Le Parisien-aujourd'hui en France !

Vilaine petite bête, dangereuse, surtout... "Alerte aux tiques", ces insectes qui sucent notre sang et en profitent parfois pour nous refiler la boréliose, ou Maladie de Lyme. On en parle de plus en plus ces derniers mois, il faut dire que le nombre de cas a presque triplé en France en douze ans. A tel point qu'Aujourd'hui en France n'hésite plus à parler d'une "épidémie cachée". Les symptômes, ce sont des vertiges, fatigue chronique, douleurs articulaires, sensation d'avoir des fourmis dans les mains et les pieds... Patients et médecins dénoncent depuis des années les problèmes de détection de la maladie de Lyme, des tests de dépistage pas assez efficaces, et comme conséquence... des malades qui doivent payer le traitement de leur poche. On estime que 27 000 personnes sont contaminées en France, 300 000 chez nos voisins allemands...

Dans la presse régionale ce matin, on se pique de dénoncer la non-décision du Comité International Olympique, le CIO qui hier n'a pas exclu tous les sportifs russes des Jeux de Rio, préférant laisser le dernier mot aux fédérations des différents sports olympiques... "Le CIO apporte la preuve de sa connivence avec les impératifs d'une géopolitique maoldorante... il a plié lâchement devant Vladimir Poutine"... pour Pierre Fréhel du Républicain Lorrain ... Pourtant, à lire Yann Marec, dans Midi Libre, "tout semblait évident dans ce dossier... la Russie devait être exclue pour avoir trompé son monde", avec un système de dopage élevé au rang de politique nationale. Mais "le CIO a préféré refiler la patate chaude aux fédérations internationales"... et "une fois de plus la Russie étale sa toute-puissance devant un monde incrédule". Pour Denis Daumin, de La Nouvelle République, "une nouvelle discipline olympique est née hier, le lancer de patate chaude avec sa variante indoor, l'épaulé-jetté de mistigri. Et la médaille d'or à vie revient... au CIO"

Enfin, place aux jeunes artistes qui montent. La polémique enfle depuis quelques jours dans le monde de la musique, mais c'est Libération.fr qui s'en fait l'écho ce matin... Les jeunes pousses de la chanson française les plus soutenus par la SCPP, la société civile des producteurs phonographiques, s'appellent... roulement de tambour... Chimène Badi, avec 184 000 euros d'aides, Charles Aznavour, 166 000, et Johnny Hallyday... 128 000 euros... Pas vraiment des bleus, vous en conviendrez... alors que cet argent, il est censé apporter un coup de pouce aux étoiles montantes. La SCPP a réagi, ce week-end, en rappelant que 84% de ses aides ciblent bien des débutants... mais tout de même, c'est gentil de leur part de financer aussi les tournées d'adieu...

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.