Vous vous rappelez, Frédéric, qu'il a été un peu annoncé comme le Messie, Emmanuel Macron ! Eh bien hier soir le Président français l'a confirmé, en jouant quasiment les Jésus Christ !

Muriel Pénicaud une nouvelle fois dans le collimateur des juges
Muriel Pénicaud une nouvelle fois dans le collimateur des juges © Maxppp / Alexis Sciard

"S'ils cherchent un responsable, c'est moi et moi seul !"

C'était à la maison de l'Amérique latine (tiens tiens une région où la foi est très présente) devant les députés de la République en marche : Emmanuel Macron qui s'accuse d'être le seul responsable dans l'affaire Bennalla. Mais c'était tard. 21h20 la première dépêche AFP. Et du coup ce matin ils sont peu nombreux, vos journaux, à parler de ce twist, ce retournement de situation. 

Quelques quotidiens régionaux tout de même. Entre autres La Voix du Nord, les Dernières Nouvelles d'Alsace, le Midi Libre, La Provence.

Un peu Le Parisien. 

Et beaucoup le Figaro, dont le bouclage se fait plus tard. Nous allons y revenir.

Pour Dominique Yung, en tout cas, dans l'édito des DNA "Emmanuel Macron qui se disait maître des horloges a été obligé d'être moins arrogant. Son intervention va calmer le jeu, elle n'effacera pas les traces de ce scandale géré piteusement". 

"C'est un peu court et un peu tard Monsieur le Président", complète Denis Daumin de la Nouvelle République. Quelque chose s'est irrémédiablement cassé."

Pierre Frehel, pour le Républicain Lorrain, est moins sévère... 

"Il était temps pour le " Maître des horloges" de remettre les pendules à l'heure, écrit-il. Alors le président de la République a fait au plus simple et au plus court, et peut-être au plus efficace."

Alors qu'a t'il déclaré Emmanuel Macron? Je vous l'ai dit Le Figaro est assez complet donc allons y chercher la réponse. Voici l'essentiel de la mise au point hier soir du président : 

"La République exemplaire n'empêche pas les erreurs !"

"Ca n'est pas la République des fusibles, la République de la haine ! 

S'ils cherchent un responsable, c'est moi et moi seul ! 

Qu'ils viennent me chercher !  

C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla! 

C'est moi qui ai confirmé la sanction!

On ne sacrifie pas des têtes de fonctionnaires, de ministres ou de collaborateurs sur l'autel des émotions populaires !"

Tiens : sacrifice, autel... Je vous ai dit : un peu christique... on reste dans la religion.

Emmanuel Macron, comme le relate, le Figaro dit également avoir "ressenti les actes du 1er mai, commis par Benalla, comme une déception et une trahison". Tu quoque mi fili !

Macron également dément ce qui est présenté comme des rumeurs. Je le cite :

"Alexandre Benalla n'a jamais détenu les codes nucléaires ! 

Alexandre Benalla n'a jamais occupé un appartement de 300 m2 ! 

Alexandre Benalla n'a jamais eu un salaire de 10.000 euros !

Alexandre Benalla n'est pas mon amant !"

Le Parisien, en parle aussi, je vous l'ai dit. Et Jannick Alimi et Myriam Encaoua se demandent qui sont ces "ils" qui peuvent venir chercher Emmanuel Macron ? 

"Les commissions d’enquête parlementaire, devant lesquelles il est peu probable qu’il puisse être convoqué ? Les oppositions? Des Insoumis aux Républicains en passant par l’extrême droite ?  C’est plus probable estime le Parisien. Où les journalistes, captifs à ses yeux "de la dictature de l’instant" ? Possible aussi."

En tout cas pour l'éditorialiste du Figaro, Etienne de Montéty : "Cette harangue ne l'exonère pas d'une déclaration plus solenelle devant le pays."

Voila ce que l'on peut dire ce matin sur Emmanuel Macron qui sort de son silence. Et qui s'accuse de tous les maux. Je vous l'ai dit on pense à Jésus. Et on s'emmêle les pinceaux quand on traduit le nom du principal responsable de cette affaire : Benalla, en arabe, littéralement Fils de Dieu !

Décidemment très proches jusqu'au bout ces deux là.

Benalla dont on parle énormément mais sur lequel on connait peu de choses !

Ariane Chemin du Monde, qui est quand même à l'origine de tout ce Bataclan nous propose, avec François Krug, son portrait :

"L'ascension d'un homme de l'ombre" où l'on apprend qu'il est né dans une Zup à Evreux en 1991, a obtenu une licence de Droit , un master de Sécurité publique mention "assez bien". 

Et qui selon une connaissance, du moins auparavant, "parlait peu de son père. Et sa mère qui travaillait pour le bureau local du PS semblait l'élever seule". C'est ce que pense en tout cas un dirigeant de ce bureau du Parti socialiste.

Alexandre Benalla que l'on retrouve ensuite à Munich nous apprend Le Monde, à faire le garde du corps du patron d'un organe de l'Union Européenne. C'était  pour le compte d'une société privée mais sur son CV, Benalla a transformé son status de simple prestataire de services en ... fonctionnaire international ! 

Il est devenu ensuite, on le sait maintenant, assez proche du couple présidentiel. Au point de détenir les clés de la maison du Touquet.

"On ne se sépare pas facilement d'un homme auquel on a confié les clés de son intimité" écrivent Krug et Chemin.

Peut être une affaire d'état, l'affaire Bennala ou une affaire d'honneur ou... de coeur ! Qui sait ?

Pendant que Macron, son premier ministre et son ministre de l'intérieur tentent se dépêtrer, c'est à nouveau au tour de Muriel Pénicaud d'être inquiétée.

La ministre du travail, ancienne patronne de Business France déjà témoin assistée dans une affaire de favoritisme. Rappelez vous le voyage d'Emmanuel Macron, ministre de l'Économie à Las Vegas.

Hé bien Le Canard Enchainé est allé fourrer son bec dans une nouvelle affaire dont écrit l'hebdo "l'enjeu financier surpasse largement celui de la fête à Végas"

Murielle Pénicaud pourrait avoir favorisé l'agence Havas dans l'attribution d'un contrat qui, entre 2015 et 2017, aurait rapporté 13,2 millions d'euros.

Des magistrats ont demandé au procureur de Paris l'ouverture d'une information judiciaire. C'est le dossier "Creative France" : à coups de spots publicitaires, vanter à l'étranger l'attractivité de la France.

Et le Canard de nous réveler des surprises qu'il juge savoureuses :  

En mai dernier, Muriel Pénicaud a affirmé devant les juges qu'elle ne connaissait pas Stéphane Fouks, le vice président d'Havas. Or lors de l'épluchage des boîtes mails saisies chez Havas, il en est un datant de 2015 adressé par Pénicaud à sa secrétaire qui dit : "J'ai rendez vous avec fouks, cela ne doit pas figurer à mon agenda, et cela ne doit pas se savoir."

Et puis les enquêteurs constatent que Muriel Pénicaud et Stéphane Fouks échangeaient des mails, la nuit, dans lesquels les deux se tutoyaient. Je vous rappelle qu'elle assurait ne pas le connaître.

Finalement Havas décroche le contrat à plusieurs millions.

Et le Canard n'évoque pas moins qu'une "possible mise en examen de Pénicaud dans cette affaire." Vous le sentez arriver le remaniement ministériel ?

Parlons maintenant de deux roues !

Celles avec moteurs : décidemment ça va mal pour les fans de Johnny ! Harley Davidson, la marque de moto américaine, paye les conséquences de la guerre commerciale lancée par Trump. C'est à lire dans l'Express. Déjà elle avait vu ses ventes chuter de 7%, l'an passé, eh bien avec les nouvelles taxes imposées par l'Europe au premier trimestre 2018 = dégringolade de 12%.

Sébastien Pommier l'auteur de l'article ne manque pas de citer Bardot chantant Gainsbourg -... besoin de personne en Harley Davidson-  : "Et si je meurs demain c'est que tel était mon destin". Plus de Harley ? On n'y est pas encore !

Les deux roues sans moteurs cette fois, du moins on l'espère !

Le Tour de France auquel on a du mal à s'intéresser cette année.

"Le Tour de gloire !" titre L'équipe après la victoire hier à Bagnères-de-Luchon du Français Julian Alaphilippe. Il a déclaré "J'en reviens pas, c'est un truc de malade !"

Alors justement, les malades : deux pages dans libé pour nous parler des burn-outs que connaissent beaucoup de coureurs cyclistes. A cause notamment, explique le journaliste Pierre Carrey reprennant une étude universitaire, de "pressions externes élevées, d'attentes excessives de l'entourage ou d'espoirs irréalistes de succès."

Il y a aussi paraît-il la baisse de la pratique du dopage. Qui fait que certains, désormais, moins forts, ont moins confiance en eux. 

Peut-être des coups de mou aussi à cause du Low Carb. Une méthode d'entraînement apparemment très efficace qui consiste entre autres à se priver de sucre. Toujours dans Libé, selon Jean-Baptiste Quiclet, l'entraîneur de l'équipe AG2R-La mondiale, "cela entrainerait la formation de composés cétoniques dans l'organisme qui suscitent une fatigue nerveuse et peuvent conduire à des dépressions."

Et du coup les antidépresseurs font partie désormais de la pharamcopée des coureurs.

Vous allez voir que dans la lutte contre le dopage ils vont même aller jusqu'à leur interdire le Prozac ! 

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