(Nicolas Demorand : « Pas ou peu de journaux dans les kiosques : c'est la conséquence de la grève contre la réforme des retraites. Ils sont sur Internet. A la Une, ce matin : scandale dans le monde de la justice »)... Pour les moyens accordés à sa justice, la France est classée entre la Roumanie et la Moldavie, rappelle Le Nouvel Observateur. Au bout d'un moment, ça se voit. Cette semaine, dans L'Obs, Elsa Vigoureux raconte le scandale des scellés… C'est le dernier rebondissement en cours dans l'affaire Boulin : des lettres, qui auraient pu prouver qu'il ne s'est pas suicidé, ont disparu. Mais des pièces du dossier, des scellés, il en disparaît tout le temps. Pas un département, en France, ne connaît au moins une procédure en cours pour détournement ou perte de scellés. Les exemples donnés par Elsa Vigoureux sont hallucinants : la fourgonnette de Michel Fourniret envoyée à la casse alors que des soupçons pèsent encore sur lui dans plusieurs dossiers ; à Bayonne, l'ancien procureur de la République qui se serait servi dans des scellés d'argent pendant plusieurs années ; * à Saintes, des flics ripoux qui trouvaient leur came au commissariat et remplaçaient les barrettes de shit par des tablettes de chocolat. Il y a près de quatre millions de scellés en France : de l'argent, de la drogue, des armes, des documents papier, mais aussi des tables à repasser, des machines à laver, des bijoux... Et pour gérer tout ça : 190 greffiers, payés au lance-pierre et qui se débrouillent comme ils peuvent. Alors, pour gagner de la place, il y a ceux qui stockent des armes dans des lave-vaisselle, d'autres qui laissent des scellés dans des couloirs... Quelquefois, dans le bureau d'un juge, vous voyez un poste de radio avec une étiquette. sans parler des prélèvements biologiques, qui commencent leur balade dans le frigo des enquêteurs, "à côté de la bouffe" comme dit l'un d'eux, la poursuivent dans un banal colis postal, direction le labo, et finissent à la poubelle : la pollution les a rendus inexploitables. Encore un exemple... Il date un peu : 1998. Un tome entier dans la procédure de la Scientologie avait disparu. On manque d'armoires, on manque de coffres-forts... Dans l'affaire Boulin, la fille a déposé plainte pour "destruction de preuves". Y aura-t-il du mieux bientôt ? Un projet de loi est examiné lundi à l'Assemblée : il propose la création d'une Agence nationale des objets saisis. (ND : « Mais le principal sujet à la Une, ce matin, c'est la manifestation d'hier contre la réforme des retraites »)... Et, comme le titrent Les Echos, "les syndicats marquent un point". Y avait-il dans la rue 800000 personnes, comme le dit la police, ou près de 2 millions, comme l'affirment les syndicats ? "Peu importe finalement cet écart, qui fait partie du folklore", écrit Patrick Fluckiger dans L'Alsace. "Les deux camps s'accordent à dire que les défilés ont été deux fois plus importants que voici un mois. C'est là l'important". Ce constat, on le retrouve à la Une de beaucoup de journaux... "La colère monte d'un cran", pour L'Est Républicain. "La mobilisation s'amplifie", dixit Ouest-France. C'est "la manif qui change la donne", pour La Dépêche du Midi. Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau voit la meilleure indication de cette montée en puissance dans le succès de la manif dans les villes moyennes... "A Pamiers, dans l'Ariège, le cortège était le plus gros depuis 1995. A Pau, la manif était l'une des plus suivies depuis longtemps". Bouguereau relève quelques slogans entendus çà et là. A Lille : "Merci, Domenech, d'avoir perdu la Coupe du Monde : ça n'arrange pas Sarkozy". A Rennes : "La retraite à 62 ans est une insulte faite aux métiers pénibles et aux femmes". "L'Elysée n'a pas réussi son coup", analyse Rémi Godeau dans L'Est Républicain. "Il a su persuader l'opinion de l'impérative nécessité de la réforme, mais il a échoué à la rendre acceptable, parce qu'elle n'est pas jugée équitable". Alors le gouvernement va-t-il céder sur certains détails de la réforme ? Le Figaro n'y croit pas. "Le gouvernement maintient le cap", titre le quotidien. Dans La Dépêche du Midi, interview de Jérôme Sainte-Marie, spécialiste des sondages... Pour lui, les manifs d'hier ne constituent qu'une toute petite inflexion. "Tant qu'on reste dans des manifestations sans grèves, on ne se trouve pas du tout dans un rapport social réel comme cela a été le cas en 1995. On est plutôt dans une logique de transaction". (ND : « Mais il y a le contexte »)... Contexte de grisaille et de scandale... Côté grisaille, Le Figaro relève la hausse du chômage au mois de mai, la plus forte depuis sept mois, et la baisse de la Bourse hier : -2,37%. Côté scandale, c'est la Une de Marianne, à paraître demain : "Affaire Woerth-Bettencourt : le scandale qui dit tout"... Selon l'hebdo, qui tape encore très fort, "elle révèle la cupidité, l'indécence, l'immoralité et l'impunité au sommet du pouvoir".. Et puis Marianne apporte une nouvelle pièce à ce dossier : à propos de la contribuable Liliane Bettencourt, la justice avait des soupçons dès 2008... soupçons de fraude fiscale. Une série de documents entre les mains du Parquet, dans l'affaire qui oppose Mme Bettencourt à sa fille, aurait dû déclencher une enquête fiscale. Mais rien. Aurait-elle été protégée ? Avec cette affaire, les éditorialistes ont beau jeu de dénoncer le gouvernement, qui demande des efforts pour les retraites mais ne montre pas l'exemple. Et puis, ce qui ne passe pas non plus dans la presse, c'est que le Président de la République ait choisi un jour de manif pour recevoir Thierry Henry à l'Elysée. Thierry Henry, l'homme qui a touché le ballon de la main comme Maradona : on avait alors parlé de "main de Dieu"... d'où ce titre, très élégant, dans l'édito de L'Union de Reims : Thierry Henry dans le palais de la République, c'est "la main de Dieu dans la culotte de Marianne". Assez drôle aussi, et un peu moins vulgaire, le titre du Monde : "Sarkozy s'empare du ballon dégonflé". (ND : « A propos de ballon, encore du foot dans les journaux... et encore une élimination »)... L'élimination des Bleus d'Italie... Eux aussi terminent derniers de leur groupe, et sont sortis dès le premier tour. Ils ont perdu "3-2" face à la Slovaquie hier. "Tout est noir. La pire Italie de l'Histoire est dehors", titre La Gazzetta dello Sport. La différence avec la France, c'est que l'entraîneur assume. Déclaration de Marcello Lippi, toujours dans La Gazzetta : "J'endosse toutes les responsabilités, sans exception. Si une équipe se présente à un rendez-vous aussi important que celui d'hier avec la peur dans les jambes, dans la tête et dans le coeur, c'est qu'elle a été mal préparée. C'est évident que je ne l'ai pas préparée comme je devais. Bonne chance à mon successeur !". Bon, de leur côté, les Bleus de France sont toujours au top. Ils ont même raté leur sortie hier : en catimini, sans un mot aux supporters. "Les Bleus font profil bas", titre Le Parisien-Aujourd'hui. C'est "le retour des zéros", pour 20 Minutes. Alors il y a des perdants piteux, mais aussi des perdants magnifiques... Wimbledon, hier soir... Court n° 18... 17h49... Matchpoint sur la BBC... (extrait sonore) Après 11 heures et 5 minutes de match, un dernier passing-shot de revers, et l'Américain John Isner a battu le Français Nicolas Mahut "70-68" au cinquième set. Vous avez bien entendu : "70-68"... C'est le match le plus long de l'histoire du tennis. Il fait la Une du Parisien, de Libération, du Figaro. On regrette vraiment que, dans la foulée de la grève d'hier, L'Equipe ne paraisse pas ce matin, pas même en version électronique. Les deux joueurs auraient mérité un bel hommage à la Une de la bible du sport. Ca nous aurait changé des insultes. Le match avait commencé mardi. Il s'est donc étalé sur trois jours. Il a été interrompu à deux reprises par la nuit. Sur les photos, Nicolas Mahut ressemble un peu à ces vieilles bonnes femmes siciliennes un peu cassées de partout : on sent que les muscles sifflent, grincent et demandent grâce. Eh bien non : dans la foulée du match, avant d'aller en conférence de presse, le Français a disputé une partie de double. Quant à l'Américain, après ce match de onze heures, il n'a passé que le premier tour. Good luck ! (ND : « Et pour finir, une vente aux enchères »)... C'est dans Le Monde. Une vente aux enchères d'objets ayant appartenu à des légendes d'Hollywood, comme il y en a régulièrement. Elle a lieu depuis hier à Las Vegas. Alors vous pouvez acheter un gant de Michael Jackson, une lettre adressée par Woody Allen à Mia Farrow : "To Mia, my dreamgirl". A vendre aussi : un fauteuil de velours percé par le talon-aiguille de Marylin, le divan du psy Ralph Greenson, sur lequel elle a passé des heures. Et puis, à propos de Marylin, il y a le lot 817... Jusqu'où vont se nicher les fantasmes ? C'est une radio des poumons de Marylin. Autrement dit, la poitrine la plus célèbre de l'histoire du cinéma matée d'on ne peut plus près. Cette radio avait été volée par un médecin, qui l'utilisait pour faire le malin devant ses étudiants. On verra le prix qu'elle atteint à Las Vegas. En tout cas, à l'heure où il y a beaucoup de polémiques à propos de France Inter, c'est la preuve qu'une radio est très précieuse... A lundi...

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