Les femmes d'Iran s'en vont au stade, dit "L'Equipe". Le Télégramme raconte Solène, dont les médecins n'imaginaient pas le cancer. "La Croix" s'interroge sur notre rôle pendant le génocide rwandais. Le Luxembourg va manquer de migrants frontaliers, dit "Le Républicain lorrain".

Des  journaux ce matin face à la grande pauvreté...

Et quand Le Parisien s'interroge sur ces aides sociales que gouvernement devrait optimiser, et La République du centre fait sa une sur le surendettement, L'Humanité et Le Figaro affrontent l'exclusion chacun avec sa culture.

L'Humanité met à sa une un service public, l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis, qui a intégré 24 assistantes sociales au parcours de soin, et organise une consultation pour les démunis, où l'on accueille "de manière inconditionnelle toute personne sans couverture médicale".

On parle ici de mamans précaires ou de sans-papiers, des Roms sans état-civil ou cette femme bulgare de 63 ans, qui souffre de troubles du rythme cardiaque et vit dans un hôtel d'urgence. Avant, elle dormait dans le métro. Et avec des autocollants de couleur et un interprète qu'il appelle au téléphone, le médecin – il s'appelle Antoine Casel – essaye de lui faire comprendre les médicaments qu'elle devra prendre.

Le Figaro, lui, met en avant des familles, au nom parfois à particule, qui ont fait le choix de vivre dans des quartiers difficiles. Ainsi, la famille Du Pin de Saint André, depuis cinq ans en HLM au Mistral à Grenoble, où le bruit des motos sur le trottoir empêche Côme de dormir, et où Rémi attrape les cafards avec des pots de compote, quand Marine, la maman, fait la cuisine avec vue sur des sacs poubelles éventrés... 

Les Du Pin de Saint-André font partie du Rocher, une association patriote et catholique, dont les membres veulent jeter des ponts. Ce sont des aides au devoir, le soutien aux mamans et papas courages, tel à Djamel qui a faim et cède sa part de nourriture en prétextant le ramadan, mais qui se console, bénévole dans la fraternité au Rocher. C'est aussi un camp d'adolescents qui finit à l'école militaire de Saint-Cyr Coetquidan, car il s'agit  aussi de convertir les exclus "à l'amour du prochain et à l'amour des français".

Et Le Figaro oppose un regard horrifié sur la cité – "un impact de balle, une poignée de dealers, une persistante odeur d'urine" – à la lumière des volontaires du Rocher, venus de notre monde.

La Coupe du monde réveille la société iranienne…

L'Equipe nous dit que "les femmes ne sont plus hors-jeu", car mercredi dernier, des milliers de femmes ont assisté à la retransmission de Iran-Espagne au stade Azadi de Téhéran, dans un pays où elles étaient interdites de stades depuis la révolution islamique. Et on comprend que cette ouverture est aussi un choix tactique des mollahs, quand l'ennemi absolu, l'Arabie saoudite, qui part de plus loin, autorise désormais les femmes à conduire. 

La "Team Melli" – c'est le nom de l'équipe iranienne – joue sa qualification aujourd'hui contre le Portugal, et elle est devenue un symbole national. On s'indigne en Iran que l'équipementier Nike ait lâché la sélection pour obéir au boycott américain, dit Le Monde. Cela vaut bien un peu d'air frais pour les femmes.

Il n'est pas qu'une avancée pour les femmes. Je lis dans le New York Times qu'à Berlin, qui est la capitale de la musique électronique, les femmes s'emparent des positions de DJ. Je lis dans Libération que nos mathématiques à nous, Français, restent hostiles aux jeunes femmes à force de clichés : aucune fille n'a été prise l'an dernier en maths à Normale sup.

Cela viendra ? 

Il n'y aura, un jour, d'autres limites que l'injustice du sort. Dans Le Télégramme, une jeune Rennaise raconte un destin absurde. Elle avait 25 ans quand une boule au sein et une perte de poids l'ont alertée. Mais son généraliste a cru à une déprime et lui a prescrit des anxiolytiques. Et il a fallu un an à Solène pour que le corps médical reconnaisse le cancer métastasé qui avait envahi son corps, car il était inconcevable qu'une femme de son âge puisse développer un cancer du sein...

Mon cas ne correspondait pas à la théorie. Je ne sais pas si je vais mourir dans trois ans ou bien à 80 ans. Dans tous les cas, pour ma trentaine, je ferai une énorme fête !

La moitié des cancers pourraient être évités, dit une étude dont nos journaux et nous-mêmes avons parlé aujourd'hui.

Et un doute sur le rôle de la France dans le génocide rwandais...

Ce doute rejaillit à la une de La Croix : la France a-t-elle été l'alliée des auteurs du génocide rwandais, en 1994, et nos troupes ont-elles failli intervenir militairement en la faveur du gouvernement rwandais de l'époque ?

C'est un ancien pilote de chasse qui se souvient. Il pilotait un Jaguar basé à Kinshasa et se préparait à des missions d'appui aux opérations au sol, dirigées contre la rébellion rwandaise, avant de voir la mission annulée, c'était le 1er juillet 1994. Ce qu'on a appelé l'Opération turquoise, avant d'être un geste humanitaire en faveur des victimes du génocide, aurait été conçue comme un soutien à leurs bourreaux. Il y a dans le journal d'infinies précautions et un long démenti du général Lafourcade, ancien commandant de la Force turquoise.

Qu'en penser, 24 ans plus tard, quand la France fait face à tant d'autres crises ? Les DNA, Le Figaro et Libération tirent sur cette Europe qui se déchire face à la crise migratoire, et Le Monde raconte la dégénérescence démocratique des pays de l'est.

Il est bien des manières d'envisager les migrations. 

Vous lirez ceci dans Le Républicain lorrain et L'Est républicain : le Luxembourg cherche des migrants, je veux dire des frontaliers. Il va manquer d'ici à vingt ans 150 000 travailleurs au Grand-Duché, que l'Allemagne ne pourra fournir, parce que sa démographie chute. Il reste alors la Lorraine, qui doit se préparer, lis je à devenir terre d'émigration.

Vous lirez aussi, c'est formidable, dans Le Monde, l'histoire d'un migrant devenu légende au Japon. Il s'appelait Yasuke, il était né au Mozambique et fut esclave des jésuites avant de devenir le premier samouraï noir de l'histoire.  Faites-vous rêver !

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