C'est l'ascension... L'ascension d'une jeune femme devenue star... Une vraie nouvelle star, affirme "Le Parisien", qui lui fait l'honneur de sa Une, et plus encore... L'heureuse élue, c'est Diam's... Qui a droit ce matin aux deux pages prestigieuses de la rencontre avec des lecteurs. Il faut dire qu'à 25 ans, "la petite banlieusarde du 91", entre guillemets, est à l'Olympia, ce soir et demain... A guichets fermés, s'il vous plaît... Mais au-delà de cet avènement artistique, Diam's a déjà su créer l'événement par ses déclarations sur la vraie vie... La sienne et celle des gens... Alors, dans "Le Parisien", elle se défoule, et dit tout : sur sa vie, ses textes, la politique... Confidences d'une rappeuse, qui apparaît, au fil des jours, comme le symbole d'une génération parfois mal dans ses pompes, mais qui tient à trouver sa place. Ainsi aux lecteurs du "Parisien", à qui, d'emblée, elle dit "tu"... Il est vrai qu'ils ont à peu près son âge... Elle offre d'abord un petit précis du rappeur accompli... A la question : "Faut-il avoir le label 'cité' pour réussir dans ce genre de musique ?"... Elle répond, à la fois professorale mais surtout forte de son expérience : "Non, je ne pense pas qu'il faille avoir le label 'cité'... En revanche, on ne peut pas rapper sans histoire, sans rage, sans révolte". Et la politique ?... Bien sûr, il y a eu son soutien public apporté à Ségolène Royal dans une émission de télé... Elle a dit : "Oui, je voterais bien pour vous"... Eh bien oui, elle assume : c'était une parole spontanée, sincère. Une question sur sa chanson, "Marine", bien sûr... Il s'agit évidemment de Marine Le Pen... "Dangereuse, explique Diam's, parce que si on ne savait pas que c'était une Le Pen, on pourrait presque la trouver sympathique, tant elle est soignée, et pas toujours d'accord avec son père. Pour le reste, Diam's, qui se définit comme "un pur produit de banlieue", manie le langage des jeunes... Pas forcément de banlieue... Quand elle parle, par exemple, d'Amel Bent, pour qui elle a écrit une chanson intitulée "Ma philosophie"... De cette partenaire, elle dit : "Je kiffais la voix de cette fille, alors je l'ai rencontrée, et je l'ai trouvée mortelle". Je ne sais pas ce que sont les habitudes de lecture de Diam's... Quels sont les journaux qu'elle lit... Mais "Le Nouvel Obs" de cette semaine devrait l'intéresser, avec cette Une sur les jeunes... Quand les coups remplacent les mots : LA VERITE sur la violence des jeunes. "Orange mécanique" version 2006, explique l'hebdo : d'émeutes urbaines en sanglants faits-divers... Que faire ?... Aujourd'hui, le monde des adultes paraît désemparé face à l'hyper-violence d'une frange de la jeunesse... Alors... Alors, en échec, commente "Le Nouvel Obs", Nicolas Sarkozy prépare sa loi sur la prévention de la délinquance, avec son volet "Jeunesse"... "Effet d'annonce, plaie du discours et de l'action politique", proteste Patrick Berthomeau dans "Sud Ouest", pour qui, "derrière ce texte, derrière cette construction, il y a une obsession du contrôle social, une volonté de tout savoir, à tout moment, sur des enfants, sur des gens qui ne sont plus des personnes ni des citoyens, mais des suspects en puissance". "Bref, ajoute Philippe Waucampt dans "Le Républicain Lorrain", de même que pour le texte sur l'immigration, il s'agit de répondre à la hâte à une crainte diffuse ou à une poussée d'indignation collective". Enfin, un commentaire qui intéressera nos invités... Puisque le projet fait du maire le pilote de la politique de prévention de la délinquance... Cette réserve, voire cette objection, de Jean-François Montémont, dans "Le Courrier Picard" : "Ils étaient déjà les maires à tout faire... On se demande comment un élu, aussi compétent soit-il, peut poser un diagnostic impartial sur la situation véritable d'un mineur supposé délinquant... Peut-on ainsi, sans broncher, accepter un système dans lequel les maires seraient enrôlés comme auxiliaires de justice ?... Attribution qu'ils avaient aux heures les plus sombres de l'Histoire de France". Et si on allait piquer les idées de nos voisins ?... Dit comme ça, ça ne fait pas vraiment recommandable, mais comme le dit l'hebdomadaire "La Vie", qui consacre sa Une au sujet... On devrait vraiment se pencher sur ce que font nos partenaires de l'Union européenne, pour faire bouger la France... Bref, écouter l'Europe... Histoire de voler moins haut, d'être moins prompt à donner le ton, voire à distribuer les leçons, comme l'écrit Jean-Pierre Denis... La France éprouve une sorte de blessure narcissique... Alors, si elle s'inspirait de pays qui font mieux qu'elle... D'abord, elle éprouverait à nouveau les vertus de l'Europe... Et elle commencerait à résoudre nombre de ses difficultés intérieures... Coup double, en quelque sorte. Alors, quelques exemples de chemins à suivre : L'Estonie, qui a su renouveler sa vie politique... Un modèle en la matière, selon "La Vie", qui nous explique qu'un Conseil des Ministres à Tallin ressemble à une réunion de start-up... Ce qui, effectivement, n'est pas le cas en France... Il y a aussi un modèle finlandais pour ce qui concerne la recherche, dans laquelle le privé investit efficacement... L'Irlande et son euro-optimisme érigé en vertu... L'Allemagne et son fameux compromis politique, qui facilite les réformes... Les Pays-Bas qui ont trouvé la solution contre la surpopulation dans les prisons, à coup de bracelets électroniques... L'Italie et son agriculture écologique, et en même temps de qualité... Ou la Suède, dont l'Etat a réussi à réduire son train de vie... On pourrait aussi citer l'égalité des sexes en Espagne, le taux de mortalité routière le plus faible en Grande-Bretagne, ou le Luxembourg, avec son centre virtuel de la connaissance sur l'Europe. Tiens, puisque nous parlons de modèles... Faut-il parler du modèle brésilien ?... Peut-être... En tout cas, c'est un pays qui semble avoir réussi sa révolution énergétique... Sur ce point, le Président Lula est formel : dans 20 ou 30 ans, son pays sera la plus grande puissance énergétique de la Terre. Et c'est dans "Le Monde" que le chef d'Etat brésilien exprime son optimisme... Interview publiée à l'occasion de la visite de Jacques Chirac... Dans laquelle le Président Lula explique que si son pays est sur cette voie royale, c'est qu'il a choisi de miser à fond sur les énergies alternatives. Et puis bien sûr, quand on préside un pays comme le Brésil... Et que, pour le coup, on est vraiment la première puissance sur la planète foot, on ne peut pas ne pas parler de football... Et Lula en parle avec érudition... Convaincu que l'équipe du Brésil a de bonnes chances d'être une nouvelle fois championne du monde... Ce sera la sixième... Il rappelle tout de même que, lors de plusieurs Coupes du Monde, les Brésiliens ont été éliminés dès le premier tour... Alors, prudence ! Oui, et du côté de la France, c'est plutôt ambiance... Mauvaise ambiance. On sait qu'hier, Domenech et Coupet ont eu une discussion orageuse... Que le gardien de but de Lyon a soudainement quitté le stage, à Tignes... Autrement dit, qu'il a failli claquer la porte, comme l'explique "Le Parisien"... Mais de toute façon, on est arrivé au clash... C'est d'ailleurs le titre de "L'Equipe". Déjà, il y a dix jours, lorsqu'il a appris que Domenech avait choisi Barthez comme gardien numéro 1 pour la Coupe du Monde, Coupet avait avoué qu'il ne savait pas comment il allait réagir à cette très mauvaise nouvelle... Eh bien maintenant, on sait... Le clash s'est produit hier parce que Barthez a abandonné dans l'ascension du glacier de la Grande Motte, organisé par le staff de l'équipe de France... Bref, Barthez se protège, et on protège Barthez... Pour Coupet, la coupe est pleine... "Attention aux conséquences imprévisibles de tout cela !", avertit "L'Equipe". Détail piquant : cette ascension, qui est vraiment le mot du jour, c'était, selon Eric Loiseau, ancien grand navigateur reconverti dans la montagne, une "opération cohésion"... C'est assez réussi. J'en profite pour vous signaler la sortie d'un guide de 32 pages, dans "VSD"... Guide "Coupe du Monde", comme beaucoup de journaux le font... En revanche, et là, peu de publications s'aventurent sur ce terrain... Le foot et la philosophie... C'est assez logique : c'est le magazine "Philosophie" qui se lance, interpellé par cet apparent monopole de l'universel, que détient désormais le football. Le match historique de Séville, par exemple, entre la France et l'Allemagne... Il fut, selon le bimestriel "Philosophie", "la perfection de la défaite". C'est vrai : avec Aristote, on apprend qu'il y a une perfection de tout, même de la boue... Eh bien, avec ce match, on a appris qu'il y a une perfection de la défaite... Avec, pour commencer, l'injustice : Schumacher qui met KO Batiston... L'arbitre ne sanctionne pas... Alors, révoltés, les Bleus font naître l'espoir d'une justice supérieure du football, et mènent "3 à 1" dans les prolongations... Mais les Allemands égalisent, puis l'emportent aux tirs au but... Oui, ce fut la défaite parfaite. On peut rappeler aussi le très beau mot de Nietsche, selon lequel "il y a des buts qui ne peuvent être atteints qu'indirectement dans la vie"... Alors, c'est peut-être ça, le plus beau secret du football : la passe. Enfin, il ne vous a pas échappé qu'au sein de l'équipe du Brésil, dans les années 80, il y avait un joueur qui portait une barbe digne d'une statue grecque, et surtout le nom du premier des philosophes... Vous vous souvenez de Socrates ? Et voilà comment le football va de Socrate à Socrates, et qu'il est donc éminement philosophique. Bonne journée. A demain.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.