"Mens sana in corpore sano" : un esprit sain dans un corps sain. ...Cette maxime du poète latin Juvenal, le ministre de l'Education a décidé de la prendre au pied de la lettre. Le Figaro le proclame : "Chatel lance le débat sur les rythmes scolaires". Le Parisien-Aujourd'hui se veut plus précis : "Place au sport l'après-midi !". Dès la rentrée de septembre, dans chaque académie de France, trois établissements de l'enseignement secondaire testeront, sans doute pour trois ans, le "lycée à la demande". Les recteurs sont invités à trouver des candidats dans les prochains mois. Actuellement, les élèves français sont astreints au plus grand nombre d'heures de cours en Europe sur le laps de temps le plus limité. Le Figaro nous rappelle que les études effectuées par les chronobiologistes démontrent qu'enfants et adolescents vivent un pic de concentration le matin qui commence à chuter de 11 heures à 15 heures avant de remonter entre 15h30 et 20 heures. Dans Le Parisien, vous lirez le programme concocté par le ministre de tutelle des enseignants et des élèves. Luc Chatel veut paraît-il s'appuyer sur l'expérimentation menée depuis un an au lycée Jean-Vilar de Meaux, en Seine-et-Marne : - cours de 8h30 à 11 heures ; - déjeuner de 11 heures à 11h30 ; - cours, à nouveau, jusqu'à 13 heures ; - collation de 13h30 à 14 heures ; - sport de 14 heures à 16h30 ; - goûter jusqu'à 17 heures... -...et jusqu'à 18h30, travail et soutien scolaire individualisé. Ca donnerait presque envie de retourner sur les bancs du lycée. Ce menu scolaire "aux petits oignons" a encore un arrière-goût d'amertume. Le SNEP-FSU, principal syndicat des professeurs de sport, fait observer que leur matière souffre d'un manque d'infrastructures pour développer une telle expérience. Certains profs de gym soulignent qu'aujourd'hui, pour une heure de piscine, la classe passe parfois "plus de temps à faire le trajet à pied que dans l'eau du bain". (Nicolas Demorand : "Nicolas Sarkozy aussi s'intéresse à l'école, Alain Le Gouguec"... Oui, mais lui c'est plutôt l'absentéisme et la violence scolaire qui retiennent son attention. Libération écrit : "A l'école, Sarkozy rabâche son ordre". Le journal annonce le déplacement aujourd'hui du Président de la République à Beauvais, dans l'Oise. Demain, il assistera aux obsèques de la policière municipale tuée jeudi dernier. Car, comme le rappelle Le Figaro : "Depuis deux mois, le Président concentre ses messages et ses déplacements autour de deux sujets : l'agriculture et la sécurité". Après sa visite-surprise, hier, aux Champs-Elysées transformés en prairie, le chef de l'Etat alterne ses deux thèmes de prédilection. Aujourd'hui donc, ce sera l'école, "indissociablement liée à la sécurité" comme le souligne Libé. Selon son ministre de l'Education Luc Chatel, Nicolas Sarkozy devrait mettre l'accent ce matin sur la création de lycées réservés aux élèves violents. Une dizaines d'établissements spécialisés ouvriront leurs portes en septembre : vous le lirez dans Le Figaro. A l'occasion de son déplacement à Beauvais, le Président ne manquera peut-être pas d'évoquer les affrontements survenus à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Un jeune homme de 19 ans est toujours entre la vie et la mort après avoir été blessé d'une balle en plein coeur. (ND : "Grosse actualité économique et sociale dans la presse du jour, à commencer par la réforme des retraites")... ...Et cet incroyable titre, en Une du quotidien économique La Tribune : "Retraite à 60 ans : cette fois, c'est la GUERRE". Pour Les Echos, c'est clair : "Le gouvernement enterre la retraite à 60 ans". L'Humanité évoque une "concertation bidon sur les retraites". Selon L'Huma : "Le gouvernement laisse entendre que son projet est bouclé, que la retraite à 60 ans est enterrée... mais prétend que rien n'est décidé". ...Rien n'est décidé ? Dès sa première page, pourtant, le journal Les Echos avance une entrée en vigueur de la réforme en 2011, avec un relèvement progressif de l'âge légal de la retraite, probablement à 62 ou 63 ans... L'allongement de la durée de cotisation et la réduction de l'écart qui subsiste en termes de contributions entre fonctionnaires et salariés du privé. Pendant que L'Indépendant annonce pour jeudi une "journée-test" marquée par les manifestations intersyndicales sur les retraites, Libération publie un texte du secrétaire général de la CGT Bernard Thibault sous le titre : "Ce que veut la CGT". ..."A entendre certains arguments, on peut se demander si on ne cherche pas à revenir en arrière", écrit Bernard Thibault, qui voit dans la réforme des retraites "le deuxième acte du 'travailler plus pour gagner plus'", formule qui glisserait ostensiblement à ses yeux vers un "travailler plus longtemps pour gagner moins". Le numéro 1 de la CGT rappelle qu'en 1936, il n'était pas pensable pour les employeurs de payer des salariés en congé. Partant de là, il ne lui apparaît pas "illusoire de financer durablement les retraites, séquence de vie où les projets personnels se construisent librement". Bernard Thibault ne veut pas faire les choses à la va-vite. Il veut prendre le temps de "discuter d'emploi, de salaire, de politique économique, de ressources nouvelles et de conditions pour pérenniser le système de retraite par répartition". Il demande que l'on intègre dans le travail les "5 millions d'actifs qui en sont temporairement ou durablement privés". Il rappelle au passage "que la productivité par heure de travail en France est la plus élevée du monde, au point qu'elle génère stress et usure prématurée de ceux qui créent les richesses". Dans L'Union-L'Ardennais, Jean-Michel Roustand fait ce constat : "Ceux qui se plaignaient du manque de différence entre la droite et la gauche doivent être ravis du clivage qui s'instaure dans le débat sur la réforme des retraites". ..."La retraite à 60 ans au coeur de la bataille", reprend La Tribune quand Libération titre : "PS et UMP prennent leur pied de guerre". Si droite et gauche jouent le prélude de la campagne de 2012, au sein même du PS, ce n'est pas encore l'union sur ce dossier. Chacun, de Dominique Strauss-Kahn à Martine Aubry, joue sa partition. Le dossier "attise la rivalité" entre les deux poids-lourds du PS, entre le directeur général du FMI et la Première secrétaire du parti (c'est ce que notent Les Echos)... Tout cela nous renvoie au dessin de Plantu, en première page du Monde. On y voit un Eric Woerth hilare s'exprimer sur les retraites. Devant un micro, le ministre du Travail déclare : "Je salue la vision responsable de Dominique Strauss-Kahn". Un DSK grognon, cigare aux lèvres, lui répond entre ses dents : "Tu vas la fermer, oui ?!!". (ND : "Un vent d'austérité souffle sur l'Europe, Alain")... ..."Vent d'austérité sur l'Europe" : c'est en première page du quotidien régional Ouest-France. Les plans de rigueur se multiplient au sein de l'Union. Les informations du jour proviennent essentiellement du Royaume-Uni, ce qui inspire à Libération un titre souriant et très British dans la tourmente : "Austerity time"... (et là, on entend évidemment "Tea time", ce qui est plutôt réjouissant). Tous vos journaux vous le disent : "David Cameron impose une première cure d'austérité aux Britanniques". Une première cure, cela laisse entendre qu'il y en aura d'autres. Pour Laurent Joffrin, dans Libé, "c'est bien un programme libéral et eurosceptique" que s'apprête à mettre en oeuvre le nouveau gouvernement britannique des duettistes Cameron et Clegg. "Le choc de la finance -écrit Joffrin- leur donne l'occasion de réaliser ce qui est l'obsession des libéraux dans tous les pays : parvenir à un recul clair et net des prérogatives de l'Etat dans la société et l'économie britanniques (...) avec David Cameron, l'Etat reculera à coup sûr comme il ne l'avait pas fait depuis Thatcher". Avant de poursuivre sur cette voie, peut-être M. Cameron devrait-il se faire traduire l'entretien qu'Olivier Blanchard, économiste en chef au FMI, accorde ce matin à La Tribune. Le titre de l'interview en résume bien le sens : "Attention à ne pas faire de zèle dans l'austérité". (ND : "Un mot des Bleus, Alain ?") ...Pour vous relaxer un peu après cette revue de presse morose, j'avais deux possibilités : soit vous inviter à répéter plusieurs fois, lentement et profondément, le nom du cinéaste thaïlandais, Palme d'Or 2010 à Cannes : "Apichatpong Weerasethakul" (répétez après moi, Nicolas...) ; soit je vous offrais quelques statistiques à propos des 23 joueurs que Raymond Domenech compte emmener en Afrique du Sud à l'issue du stage de Tignes. Leur âge moyen : 27 ans. Leur taille moyenne : 1m81. Le plus grand d'entre eux, c'est le gardien de but Cédric Carrasso : 1m92. Le plus petit est Mathieu Valbuena : 1m63. Le meilleur buteur, c'est évidemment Thierry Henry avec 51 buts en 118 sélections. Il a 32 ans, ce qui en fait le doyen de l'équipe avec le défenseur William Gallas. Les benjamins du Onze tricolore sont Yoann Gourcuff et Hugo Lloris : ils n'ont que 23 ans. Enfin, sachez qu'en cas de victoire en Afrique du Sud, ils percevront chacun entre 240.000 et 300.000 euros. Dans le quotidien L'Equipe, vous lirez que, "jusqu'à présent, les joueurs touchaient un intéressement évolutif uniquement en cas de qualification pour les huitièmes de finale. Le vice-président de la fédération française n'a pas caché que la possibilité de verser des primes à partir des quarts de finale seulement 'pouvait être un élément de négociation'".

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