(Nicolas Demorand : "Les relations se tendent entre le Président et le Premier ministre")... "Fillon Président !"... Ah, les députés UMP ont fait un cadeau empoisonné à leur idole du moment, mardi à l'Assemblée. "Quand il a vu Fillon se faire applaudir debout, à quatre reprises, par les députés UMP, Nicolas Sarkozy a piqué une crise", explique un proche du chef de l'Etat. "Le Président Fillon" : c'était déjà une couverture du Point au début du mois. Ajoutez à cela les 36 points d'avance du Premier ministre dans le baromètre IFOP/Paris-Match. Forcément, au bout d'un moment, ça tire sur les nerfs. Alors le clash a eu lieu hier matin, juste avant le Conseil des Ministres, selon Le Figaro. Le Président devait parler à la mi-journée, le Premier ministre le soir sur TF1... Lors de leur tête-à-tête d'avant-Conseil, le premier a demandé au second d'annuler son passage à la télé. "L'atmosphère était glaciale entre les deux pendant le Conseil. Le premier a accaparé la parole, le second a été totalement muet", raconte un participant à Bruno Jeudy. Mais, de retour à Matignon, le chef du gouvernement a appliqué la consigne de l'Elysée : pas la peine de se marcher sur les pieds. N'empêche, "Fillon est à cran depuis lundi", confie l'un de ses proches à Bruno Jeudy. "On lui refuse sa démission, on ne veut pas de remaniement, on ne lui donne pas un vote de confiance, on lui impose Baroin alors qu'il n'en veut pas. Tout ça va mal finir. A Matignon, les troupes n'ont plus le moral". Dans Le Dauphiné, Didier Pobel essaie de les faire sourire... "Puisqu'il n'était pas au 20 Heures de TF1, le Premier ministre a peut-être zappé sur la 3 et regardé 'Plus Belle la Vie'". (ND : "En tout cas, ce matin, les gros titres sont pour le discours de Nicolas Sarkozy")... Le Figaro fait sa Une sur "les nouvelles priorités" du Président : défense des agriculteurs, réforme des retraites, réaction ferme à la montée de la violence, loi contre la burqa et opération réconciliation avec les médecins de ville... Pour les éditorialistes, assez unanimes, l'interprétation est assez facile... C'est "la barre à droite toute", pour Jacques Guyon dans La Charente Libre. "Le Président est à droite dans ses bottes", pour Francis Lafon dans L'Alsace. C'est un "retour aux fondamentaux", pour Hervé Chabaud dans L'Union de Reims. A droite toute donc... L'objectif est-il de se positionner déjà pour une nouvelle candidature en 2012 ? Hypothèse dans Le Point, sous la plume de Saïd Mahrane : "2012 : voilà le seul sujet qui oblige Nicolas Sarkozy à avancer de biais, lui qui aime aller droit. 'C'est dur, dit-il, c'est très violent. On verra'. Dans son entourage, on s'inquiète car 2012 approche et personne ne travaille encore sur le projet. Sa conseillère Emmanuelle Mignon fait cruellement défaut : c'est elle qui avait travaillé sur le projet 2007. C'est un des plus beaux cerveaux de la République, écrit Saïd Mahrane. Mais, en délicatesse avec Claude Guéant et déçue de ne pas se voir confier une fonction plus décisive, elle a quitté le palais. Candidat ou pas en 2012 ? Seule vraie certitude, selon Le Point : l'avis de Carla, réservée à l'idée d'un second mandat, comptera". Encore un tout petit mot de politique, après les accusations du Canard Enchaîné hier... Le nouveau secrétaire d'Etat à la Fonction publique Georges Tron a démenti occuper un appartement en dessous des prix du marché, vous le savez. Rue89 appuie ce démenti en publiant la quittance de loyer de Georges Tron. (ND : "Poursuivons avec un article du New York Times... Le Pape en accusation")... Fabienne Sintès vous en parlait dans le journal de 8 heures... Selon le quotidien américain, Benoît XVI, à l'époque où il dirigeait la Congrégation pour la doctrine de la foi, aurait couvert les abus sexuels d'un prêtre américain. L'histoire est particulièrement sordide. Ce prêtre aurait abusé d'environ 200 enfants dans une école pour sourds du Wisconsin. Son évêque a alerté le cardinal Ratzinger à deux reprises, dans des lettres. Elles n'ont pas reçu de réponse. On prenait tout de même le chemin d'un procès interne à l'Eglise. Mais le Vatican a interrompu la procédure après une demande adressée par le prêtre au cardinal : il disait en substance qu'il s'était déjà repenti et qu'il avait une mauvaise santé. Affaire très embarrassante pour le Vatican, au moment où Benoît XVI engage une action résolue contre la pédophilie et les secrets au sein de l'Eglise. (ND : "Dans les journaux, aujourd'hui encore : sauve qui peut l'euro !") C'est la Une de Courrier International, qui s'intéresse aux embrouilles entre Paris et Berlin... "Alerte rouge sur la monnaie européenne", confirme La Tribune. La monnaie unique est au plus bas depuis dix mois. Après la Grèce, le Portugal est dans le viseur des marchés financiers. Et le projet d'accord sur la Grèce est laborieux. "Les divisions des Européens font trébucher l'euro", analysent Les Echos. En substance, la Grèce n'a plus de sous. Angela Merkel ne veut pas ouvrir son porte-monnaie pour un pays qui a dépensé sans compter. Elle propose de faire appel au FMI. La France est très réticente : ce serait une humiliation, sur le thème "l'Europe n'est même pas capable de régler elle-même ses problèmes". Sommet européen sur le sujet aujourd'hui... Selon Les Echos, Paris semble prêt à infléchir sa position. Dernière précision, pour comprendre les commentaires : la fermeté d'Angela Merkel est très populaire en Allemagne, où l'on est à la veille d'élections régionales et où la coalition Merkel est en difficulté. Alors Mme Merkel, si populaire il n'y a pas si longtemps, a mauvaise presse ce matin... C'est "la Dame de Plomb", écrit Jean Quatremer sur son blog de Libération.fr. Coup de colère du correspondant de Libé à Bruxelles, qui a l'habitude de dire clairement et franchement les choses. Nouvelle illustration... "Depuis le début de la crise en 2007-2008, Angela Merkel ne cesse d'administrer la preuve qu'elle n'a pas l'étoffe dont on fait les grands dirigeants. Pour complaire au journal populaire Bild Zeitung et à sa campagne anti-Grecs d'une puante xénophobie, et surtout pour ne pas perdre une élection régionale qui s'annonce difficile, la Chancelière semble prête à sacrifier la zone euro". Face à ces tirs nourris, Courrier International donne le point de vue allemand via le principal quotidien de la droite, Die Welt... "La Grèce se noie elle-même dans la crise, et elle accuse ensuite les méchants spéculateurs et les Allemands. Et elle croit s'en tirer avec ce genre d'arguments. Il faut que l'Europe retrouve enfin une direction. Mme Merkel, prenez la barre". On verra aujourd'hui à Bruxelles si le moteur franco-allemand retrouve un peu de carburant... (ND : "Quoi d'autre, dans la presse, Bruno ?") Dans la région de Toulouse, une nouvelle formule pour La Dépêche du Midi... maquette plus claire et plus aérée. Au passage, l'édito donne une jolie définition d'un journal régional : "Chaque matin, à l'heure du café ou du facteur, nous vous parlons du monde et de votre jardin, des présidents, des paysans et des commerçants, de l'artiste sur la scène et du rugbyman en herbe, des stars et de vos voisins... C'est la vocation du journal quotidien. Il relie entre eux ses lecteurs, comme un miroir de la vie". A propos de stars... Johnny à la Une de Paris-Match. Ca va mieux : il a pris du repos à Saint-Barth. Et puis une merveille, dans Le Nouvel Observateur... Marilyn Monroe, vue par Tony Curtis, son partenaire dans "Certains l'aiment chaud", la comédie de Billy Wilder... Il raconte le tournage, dans un livre. Dans L'Obs, Didier Jacob rappelle le contexte... Au moment du tournage, Tony Curtis, le beau gosse d'Hollywood, vient d'avoir 33 ans. Il est obsédé par les derrières. Il finit dans le lit de Marilyn, qui s'ennuie avec cet empoté d'Arthur Miller, dont toute l'Amérique se demande combien de temps il allait tenir aux bras de la bombasse. Voilà pour les présentations. Extrait maintenant du livre de Tony Curtis, qui raconte une scène en particulier... "Marilyn était censée m'embrasser. Elle l'a fait, et pour de vrai. Le scénario disait qu'elle devait me grimper dessus : elle s'est exécutée. Billy Wilder avait décidé de nous laisser jouer cette séquence en temps réel. Eh bien, le résultat, c'est que j'ai eu une érection, le genre d'érection qui aurait tué tout homme normalement constitué. Marilyn ne pouvait pas ne pas s'en rendre compte. Elle pressait sa bouche contre la mienne, glissant sa langue entre mes dents. Lorsque, d'une voix douce et tranquille, Billy Wilder a fini par annoncer : 'Coupez !', Marilyn s'est lentement détachée de moi. Elle s'est redressée et, en me regardant droit dans les yeux, elle a souri"... Bonne journée...

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