La revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par la rêve européen…comment y croire encore ?

Alors que l’Europe se couvre de murs et de barbelés, qu’elle peine à s’entendre pour lutter contre le terrorisme, Marianne y consacre son dossier cette semaine se demandant si « on ne va pas perdre cette guerre » par impuissance et irresponsabilité dit le magazine, entretien avec Thomas Ostermeier dans Télérama cette semaine. Le dramaturge allemand, pressenti un temps pour diriger le théâtre de l’Odéon à Paris confie à Fabienne Pascaud, ses désillusions sur l’Europe, mais sa soif inextinguible aussi de ne pas renoncer. L’europe de la culture ? elle n’existe pas, la seule idée de l’europe est un marché commun. La relation franco-allemande ? Elle est abîmée. « Sans doute la France confie t il, ne supporte plus ce modèle allemand dominateur qu’on lui vante. Il n’empêche. Nous nous sommes sentis seuls face à l’énorme crise humanitaire que traversent les réfugiés. La grande différence entre la France et l’Allemagne analyse t il, reste que vous avez un gouvernement socialiste mais conservateur face aux réfugiés, et nous un gouvernement de droite mais humaniste, humain face à eux ». Thomas Ostermeier, ne croit pas avec « romantisme » que le théâtre peut changer le monde, le seul salut pour lui reste l’engagement de terrain, il a mis son théâtre berlinois de la Schaubuhne à contribution pour aider les réfugiés », Après tout dit il, le seul avantage des situations de crise, c’est qu’elles permettent aussi d’espérer. On peut tout changer » Ouf un peu d’espoir

Tout changer, face aux réfugiés par exemple ? Le Figaro a son idée, pas forcément celle d’Ostermeier. Alors que l’afflux de « 800 000 libyens prêts à traverser la méditerranée nous « menace » prévient le quotidien, l’éditorialiste Philippe Gélie se demande « pourquoi attendre ? » Puisque la communauté internationale ne fait rien constate t il, il a la solution « si un exode peut être découragé en détruisant dans les ports les embarcations des passeurs, pourquoi attendre ? » En Libye les européens doivent choisir entre divers maux, le moindre » conclut il. Bombarder les bateaux pour empêcher la survie de ceux qui fuient l’Etat islamique, moindre mal ? chacun appréciera

On poursuit Hélène avec la réplique politique en France, suite aux attentats de Bruxelles…

Ou l’art ou la manière de créer des sujets là où il n’y en a pas...depuis que Nathalie Kosciusko Morizet a relancé l’idée d’une peine de perpétuité effective pour les auteurs d’attentats terroristes, suite aux événements de Bruxelles, les politiques s’écharpent sur la question. Sauf que le journal l’Opinion nous apprend ce matin que le 8 mars dernier, les députés ont adopté un article qui permet à une cour d’assises de rendre une peine incompressible en cas de condamnation pour terrorisme. C’est fait donc, il faudrait peut-être leur dire

L’art ou la manière de balancer sur ses collègues sans en avoir l’air…le « phobique de l’administration » l’éphémère secrétaire d’Etat Thomas Thevénoud publie un livre pour tenter de sortir la tête de l’eau et préparer, aussi, sa réélection… Repentance dans l’Express sous la plume d’Elise Karlin, de celui qui est tombé pour avoir accumulé des impayés d’impôt. Et un petit scud au passage, repéré dans le portrait que lui consacre Libération en dernière page: Thévenoud raconte, qu’ « A l’assemblée, il lui faut prendre dans ses bras un frondeur PS qui tremble encore d’avoir pu régulariser, avant que cela ne se sache ». Un frondeur indélicat ? on attend le nom !

L’art ou la manière enfin d’enchainer les dossiers explosifs pour le gouvernement, l’Humanité nous prévient, le prochain, c’est celui des intermittents du spectacle. Mobilisés contre la loi El Khomri mais aussi vent debout contre le document du Medef transmis hier à l’ouverture des négociations d’assurance chômage, le Medef qui entend donner un nouveau tour de vis au régime d’indemnisation de ces intermittents

Et puis enfin, l’art et la manière de rester quoi qu’il arrive, droit dans ses bottes. Première sortie dans la presse de Nicolas Sarkozy depuis la validation des écoutes téléphoniques par la Cour de Cassation, affaire dans laquelle il est mis en examen pour trafic d’influence. Reprises dans la Croix ce matin de l’émission hier, Face aux Chrétiens : Nicolas Sarkozy se dit serein, convaincu dit il, que cette affaire, comme les autres, s’effondrera. Il en profite pour dire son soutien à Monseigneur Barbarin pris dans la tourmente des révélations de pédophilie touchant des curés de son diocèse « Ce déferlement d’actualité sur une personne dit il, est bien éloigné de nos valeurs humanistes »

Dans la presse également ce matin Hélène un coup de colère et une drôle d’initiative dans la campagne américaine

Colère, et un peu de déprime, pour Stéphanie Gibaud, lanceuse d’alerte, c’est elle qui a révélé les pratiques d’évasion fiscale de la banque suisse UBS avec la complicité de sa filiale française et donc joué un rôle dans les enquêtes lancées contre cette institution bancaire. Dans une lettre publiée par Mediapart, Stéphanie Gibaud dénonce le double discours des autorités françaises, Michel Sapin qui promet dans sa nouvelle loi de mieux protéger ces lanceurs d’alerte quand elle, ne voit rien venir. « je n’ai extorqué personne, rien volé, jamais menti, mais l’état français m’a abandonnée » accuse t elle. Stéphanie Gibaud, licenciée, coupée de toute vie professionnelle depuis 4 ans, épuisée…qui a dû il y a 2 jours quitter son appartement faute de ressources.

Et puis aux Etats-unis, comment contrer l’ascension du républicain Donald Trump? En lançant une grève du sexe contre les partisans du plus sexiste des candidats ! C’est l’idée d’un couple d’américains, relatée par le site les Nouvelles News. Mot d’ordre : « pas de sexe, pas de rendez vous, pas de flirt » avec tous ceux qui le soutiennent, il parait que « c’est la meilleure méthode pour obtenir l’attention des hommes quand ils sont bêtes ». Une grève du sexe déjà utilisée comme moyen de contestation,d’Aristophane il y a 25 siècles, jusqu’à la Prix nobel de la paix en 2011 qui avait usé de cette mobilisation contre le régime de Charles Taylor au Libéria

On termine Hélène par une légende…

La disparition de Johan Cruyff qui colore le journal sportif l’Equipe, d’orange ce matin, la couleur de son pays, les pays bas , Orange et 17 pages pour rendre hommage à ce « génie total ». Vincent Duluc se fait lyrique et poétique : « son dribble magique, ses passes qui inventaient une géométrie nouvelle, ses extérieurs du pied comme une caresse de soie, ce port de tête qui révélait une majesté. » Très beau portrait également de Grégory Schneider dans Libération, « il se savait porteur de quelque chose qui n’a jamais existé dans le foot, ni avant lui, ni après, la pensée magique » ! Clope au bec dans les vestiaires de l’Ajax d’Amsterdam ou sur les bancs du Barça qu’il a entrainé, extase face à celui qui a incarné le « football total » …

Et on termine avec le voyage que nous propose le Parisien magazine cette semaine dans la réalité virtuelle. Un journaliste a testé les casques qui sortent à la fin de mois et qui vont nous emmener dans des voyages fictifs, dans des lieux réels ou imaginaires. Ca promet d’être bluffant, vous pouvez marcher sur le mont blanc, piloter un vaisseau spatial, faire l’amour avec des actrices pornos, oui aussi, ou être au fond de l’océan et découvrir une baleine qui s’approche de vous…Retournez-vous Patrick, si ça se trouve, Johan Cruyff est en train de vous contourner avec son dribble magique…

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