Un héros français dans le Figaro et (hier) le Parisien, André Hebert, qui pensant à Orwell et à la Catalogne, est allé rejoindre les Kurdes pour vaincre Daech sur le champ de bataille. La Chine s'offre des publi-rédactionnels. Emmanuel Macron fait la leçon à une altermondialiste au crâne fracuré, Nice-Matin.

On parle de soupçon ce matin...  

Qui plane sur une épopée du sport français, notre moisson de médailles, en boxe, aux jeux olympiques de Rio en 2016, moisson qui aurait pu être entachée de favoritisme, dit le Monde avec de louables précautions mais d'une enquête troublante, menée avec un journal bulgare sur les turpitudes et avanies de la fédération internationale de boxe, la boxe risque cette semaine d'être chassée des jeux.  Et le monde raconte ainsi qu'un boxeur de Mongolie, adversaire du français, Sofiane Oumiha, perdit sa demi-finale à rio quand sa délégation refusa de verser 250.000 dollars à un arbitre... et le Monde souligne que c'est un français, Karim Bouzidi, alors secrétaire général de la fédération internationale de boxe, qui avait la haute main sur ces arbitres, et le Monde suggère que ce Français, favorisa son pays, et rappelle qu'il fut chassé de son poste, lui et 7 juges arbitres, à trois jours de la fin des jeux... Les détails sont dans le journal, qui créeront scandale sans doute  et amènent déjà le malaise...   

La presse est parfois un paradoxe absolu. ce même matin où sort l'enquête du monde, un de nos combattants de rio de Janeiro, Tony Yoka, champion olympique des super lourds, est en interview dans l'Equipe, un bon texte, où Yoka, qui va bientôt sortir d'une suspension d'un an -il avait manqué des contrôles anti-dopage, parle de ses ambitions, et aussi d'argent... Il est beau Tony Yoka, et belle sa femme Estelle Mossely , elle aussi boxeuse et championne olympique, et beau leur bébé qu'ils câlinent sur le ring, mais que vaut cette beauté quand on lit le soupçon?  

Mais on nous invite aussi à l'admiration... 

Et le Figaro nous présente un véritable héros qui a vaincu l'Etat islamique sur le champ de bataille, aux côtés des soldats Kurdes de Syrie. On ne connait de ce jeune homme que son nom de guerre Firat, qui signifie Euphrate en kurde, et son nom de plume, André Hebert, sous lequel il publie ses mémoires de guerre, "Jusqu'à Raqqa", "un livre magnifique" écrit le Figaro, "un récit à la hauteur de l'histoire", disait hier le Parisien -l'article est ligne-et nos deux journaux s'abandonnent à une admiration sans réserve, et le Figaro fait de lui l'antithèse de nos passivités...  "Pendant que d'autres jeunes gens de sa génération allument des bougies après les attentats, ou jouent à la révolution en jetant des trottinettes dans des vitrines, cet étudiant français a pris les armes contre ce qu'il considère comme l'incarnation moderne du fascisme." et vous lirez alors ces portraits d'un homme mu par l'idée , qui militait à l'extrême gauche, qui a considéré qu'inévitablement il devait se battre pour cette république du Rojava, l'utopie réalisée des révolutionnaires kurdes, il y est allé ayant en tête le grand écrivain George Orwell et son hommage à la catalogne, témoignage sur la guerre d'Espagne et ses volontaires étrangers...  André Hebert qui s'étonnait, après les attentats de 2015, de ne pas voir arriver plus de français...  

Et nous avons donc ce matin, quand Libération, le Figaro à sa une comme le New York Times,nous avertissent que Daech n'est pas fini, même si le si le califat terrestre a été submergé, un héros qui est un remords.  

Est-il trop dur, André Hebert, avec nos douceurs contemporaines? Libération est allé à Bagdad en Irak, autre pays épuisé de guerres et d'attentats, où des jeunes gens organisent des concerts électro, jouent du rock quand bien même des religieux y voient la musique du diable, ils résistent en vivant, nos distractions sont leur courage?   

A la une de la Dépêche, c'est le nouveau procès du frères du tueur djihadiste de Toulouse et Montauban. le caporal Loïc  Liber, en fauteuil et paralysé, est dans la Dépêche, Samuel Sandler, père de Jonathan et grand père d'Arie et Gabriel, est dans libération, et pour eux, le temps est immobile.   

En Turquie, le Président Erdogan est en campagne municipale et le Monde le raconte en meeting triturant le passé. Il veut ré-islamiser Aya Sofia, qui fut la basilique sainte Sophie, puis une mosquée, et aujourd'hui un musée; il menace aussi australiens et néo zélandais de les renvoyer chez eux "dans des cercueils", référence galvanisante à la bataille des Dardanelles de la première guerre mondiale. En Allemagne, le gouvernement veut combattre l'influence turque sur l'islam local, c'est dans le Financial times.   

Dans la forêt de Dreux, je le lis dans l'Echo républicain, des américains cherchent les sépultures de deux aviateurs de la seconde guerre mondiale, Le navigateur Edwin Insley et le radio opérateur Bryan  Ambrose, dont l'avion, le lady Godiva, fut abattu le 5 juillet 1944. Le pentagone veut ramener les boys à la maison. Parfois, les guerres cessent.  

Et de la publicité pour finir!     

Qui nous vient d'un autre homme fort de notre temps. Si vous lisez le parisien, et les échos, l'Equipe aussi un peu, mais surtout le figaro, vous constaterez une multiplication de pages de publi rédactionnels achetées par le gouvernement chinois à sa gloire... Celle de Peng Linyüan -Mme Xi Jinping- qui s'engage beaucoup pour l'éducation des filles, mais aussi d'une joueuse du PSG, et aussi des trains de fret Chine-Europe, car la route de la soie est aussi la route du vin, et cette propagande commerciale est étrange, mais illustre aussi bien que les analyses le jeu de la chine, "l'Europe désunie face au chinois", titre l'opinion... Les confrères n'ont pas les moyens... 

Emmanuel Macron a dîné avec Xi Jinping sur la Côte d'Azur,  il  a commenté ce dîner dans Nice Matin, et en fin d'interview, il fallait cela, a lâché ce qu'on appelle en communication une punchline, a propos  de Geneviève Legay, septuagénaire et militante altermondialiste, renversée et victime de plusieurs fractures du crâne dans une charge de police contre une manifestation de gilets jaunes samedi: "Je souhaite d’abord qu’elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. Je pense que quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci. Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse."  La phrase, vous vous en doutez, se promène depuis ce matin. Elle était faite pour ça.  

Il n'y a pas de bus à Cambrai ce matin ni à Proville, Raillencourt-Sainte-Olle, Sailly-lez-Cambrai, Neuville-Saint-Rémy et Escaudœuvres, et le transport scolaire  des lycéens et collégiens ne sera pas assurés, je lis dans la voix du Nord que 6 bus de la société Vectalia, ont été "massacrés" dans leur dépôt de la rue du Colonel Nicoll, et l'on n'en sait pas plus à la lecture du journal qui se passe de commentaire, on le lit en sachant que l'on subit.

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