Mais qui va acheter nos asperges, les Echos, et qui les produira, le Parisien? Splendeur et déceptions d'Uderzo, le Monde, Libération, l'Equipe. Deux pages grouillantes où des enfants dévorent les vieillards décédés et tirent sur les passants ; le confinement s'il dure trop longtemps, vu par Coco dans Charlie Hebdo.

On parle de légumes ce matin…

Et on parle de fruits, on parle des fraises et des asperges qui entrent me disent les Echos dans leur pic de production, mais qui va les produire ces asperges quand il manque 700 travailleurs des champs en Alsace me dit le Parisien, et 80000 travailleurs agricoles dans le pays, les saisonniers polonais ne viennent plus…. 

Et puis qui va les manger ces asperges ajoutent les Echos, puisque les restaurants ont fermé qui absorbent 40 % de la production… Nos tables confinées sont devenues tristes, nous achetons comme en temps de guerre de des pâtes et du riz…  Et ce ne sont ps seulement les asperges mais aussi nos fromages nos charcuteries nos produits à la coupe dont la demande chute, on manque de gaz carbonique qui sert à conserver la charcuterie emballée, ce gaz est un sous produit de la fabrication des engrais,  mais on ne fabrique plus d’engrais, les usines ferment à cause du virus…

Et voilà des Echos toute la complexité de notre désarroi…

Nos produits frais soufrent pareillement des fermetures des marchés en plein air. On ne va pas arrêter de traire nos vaches se demande dans la Nouvelle République une fromagère privée du marché d’Ambroise qui imagine son lait partir à l’égout.. Hier à Tournay dans les Hautes Pyrénées le marché a eu lieu en dépit de l’avis d’annulation scotché sur les poteaux de la grande halle, me dit la dépêche, oh un marché réduit, il y avait juste Virginie qui vend du pain et Carole qui vend des primeurs  et avait déjà chargé son camion quand elle a appris à l’aube que la fête n’aurait pas lieu, les gens de Tournay patientent a deux mètres les uns de autres qu’elle leur serve poires et poireaux. On trouve injuste a Tournay de payer pour les indisciplinés des villes, et pourquoi laisse-t-on en paix les supermarchés… 

Dans une de ces supérettes, un homme avance masqué ganté, il est dans Midi libre, claude Marhuenda, expert en sécurité sanitaire des aliments, il observe ces clients qui touchent les chariots et tripotent les fruits et légumes et les emballages et nous conseille.

« Les cagettes et les cartons ne doivent pas rentrer dans les maisons. Les emballages de pâtes, de riz de lentilles de gâteaux doivent être passés à la lavette humide imprégnée d’eau de javel. Les fruits et légumes, doivent être trempés 5 minutes dans une Bassine d’eau froide à laquelle on a ajouté une très faible dose de javel. La viande doit etre saisie à l’entrée de la maison dans un four à très haute température, pour un flash pasteurisation…"

Claude Marhuenda a retiré son masque et ses lunettes pour me sourire dans Midi libre, l'hygiène est mon amie mais à quel prix humain?

A Bordeaux me dit  Libération une cliente a photographié Assia, vendeuse en boulangerie, elle veut l'envoyer à son patron pour se plaindre car Assia rend la monnaie sans gants. Assia préfère se laver les mains tout le temps, ses mains sont craquelées à force d'eau et de savon.

Des écrivains nous poussent à la vertu…

Et nos journaux d’enfermés sont riche de pensée. Dans la Croix le philosophe Eric Fiat fait l’éloge de sa tante morte à 87 ans qui toute sa vie s’était effacée pour les autres, et qu’il ne peut enterrer et nous en prend à témoin, pris d’« un certain degré de rébellion intérieure », le mot est de Victor Hugo. Dans Libération l’écrivain David Grossmann  cerne notre fragilité face à la mort planétaire « nous ressentons à quel point chaque homme incarne une civilisation entière, illimitée, dont la disparition dépouillera l’univers d’une composante irremplaçable. » Dans le Monde Leila Slimani trouve des mots juste pour demander la bonté qui nous préserve de l’absurde, elle pense à Vassili Grossman, qui évoquait les petites bontés qui a animaient le peuple de Stalingrad assiégée, dans son chef d’oeuvre vie et destin.

La bonté n’est pas le sujet des états, mais eux aussi peuvent devenir meilleurs. On s’interroge en Europe sur des Coronabonds, une obligation européenne commune qui amènerait 1000 milliards d’euros à noos économies sinistrées.. L’Express et l’Opinon soulignent que ces obligations seraient, un projet politique, une marche vers le fédéralisme.

François Hollande en rêva en vain. Kak dans l’Opinion le montre dans son fauteuil de retraité, sa compagne lui dit: «  Ton rêve pourrait se réaliser grace a un petit microbe de de rien du tout?. » Lui répond: «  Macron? » 

Méchant sentiment.

Et on parle des regrets d’un grand homme…

Un hercule, qui était né avec six doigts à chaque main, et qui de ses paluches dessinait des gaulois au nez trop gros et de tous ces gaulois Obélix était son favori qui lui ressemblait

Albert Uderzo est superbement raconté par le Monde et par Libération, dans sa gloire et ses peines… Il bougonnait qu’on le classa dans l’école franco—belge, lui qui avait tout appris en lisant les américains, il avait été blessé dans son chagrin immense quand à la mort de son ami René Goscinny, on avait prétendu qu’Astérix était fini, qu’il ne saurait pas le poursuivre…

Uderzo inspire aussi à l’Equipe la plus belle des Une ce matin, Asterix aux jeux olympiques, en 2021 Le quotidien du sport raconte qu’Uderzo, amateur de bagnoles avait terrifié Goscinny en l’emmenant faire des tours de Ferrari sur le circuit du Castellet. « Bébert, si tu tiens à te suicider, fais-le proprement avec un revolver ! », avait dit René a Albert, c’était en septembre 1977, un mois avant qu’il s’en aille Bébert a pris le temps.

L’Equipe me parle d’un autre ferrariste, qui aimait si peu perdre qu’il envoyait valdinguer ceux qui le dépassaient sur les circuits de F1… Ce sont des histoires noires de l’immense Michael Schumacher. Ce mauvais esprit me requinque comme un souvenir de nos vies, comme le dessin atroce et magnifique de Coco dans Charlie, deux pages grouillantes de saleté de cadavres de vieillards que des enfants dévorent quand ils ne tirent pas par la fenêtre sur les passants sortis malgré l’interdiction: notre portrait dit-elle si le confinement dure trop longtemps, grace soit rendue à sa méchanceté.s

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