Bonjour... Quand on est un homme et que l'on découvre ça, on a la honte aux joues et les poings serrés. Ce titre, dans L'Alsace : "675000 femmes victimes de violences en 2008". L'article que Libération consacre à ce sujet commence par ces mots : "Toutes les 55 heures, un homme tue sa femme en France". Le Télégramme, en première page, invite ses lecteurs à "lutter contre le déni". C'est aujourd'hui la Journée internationale contre la violence faite aux femmes ; le gouvernement présentera aujourd'hui des mesures destinées à renforcer l'arsenal législatif. Dans la banlieue nord de Paris, on expérimente en Seine-Saint-Denis, depuis lundi, un "téléphone portable d'urgence". La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a bien précisé qu'en cas de réussite, le système serait généralisé. Le Parisien-Aujourd'hui en France présente ce matin le dispositif en vigueur en Espagne, dispositif que la secrétaire d'Etat à la Famille et à la Solidarité Nadine Morano est allée voir sur place : un bracelet électronique est installé sur le mari ou le compagnon violent ; s'il s'approche à moins de 500 mètres de sa victime potentielle, une sonnerie la prévient car elle est équipée, elle, d'un boîtier d'alarme. Il faut évidemment une décision de justice pour en arriver là. Une femme sur dix, en France, victime de violences conjugales, c'est "inadmissible" comme le précise Daniel Ruiz dans La Montagne. Vendredi dernier encore, à Meaux, en Seine-et-Marne, Kavidah Bala était transformée en torche humaine par un mari furieux d'avoir été largué. Si elle parvient à survivre à l'horreur, ce sera toujours l'horreur car son corps est brûlé à 70%. Elle n'a que 29 ans. (Nicolas Demorand : "L'actualité du jour n'est pas toujours grave, Alain... Vous avez relevé ce matin une nouvelle histoire de "fiston")... ...Vous avez aimé l'affaire des fils de Sarkozy (le scooter, l'EPAD et tout le toutim), celle du fils de Fillon (conducteur de 4x4 à ses heures)... Vous allez adorer l'histoire édifiante de Jérôme Woerth, le fiston de notre ministre du Budget. Je résume. ...Le 29 juillet dernier, peu avant 23 heures, ce jeune homme de 23 ans rentre chez son papa, Quai de Bercy à Paris. C'est un logement de fonction qui surplombe la Seine. Il est gardé par un planton de la Brigade de surveillance du ministère, un agent des douanes trié sur le volet. Jérôme Woerth actionne l'interphone : pas de réponse. Il réessaie : toujours rien. Le voilà obligé de parcourir 400 mètres pour trouver une autre entrée, celle du tout-venant. ...C'est Le Canard Enchaîné qui le raconte : ces 400 mètres à pied risquent fort d'user le planton des douanes qui a manqué de réactivité. La semaine dernière, il a comparu devant une commission disciplinaire : sanction exemplaire demandée !... Ce pourrait être une mutation d'office avec un salaire amputé de moitié. Verdict dans les prochains jours. "L'hebdomadaire satirique paraissant le mercredi" a contacté le cabinet d'Eric Woerth à Bercy. Promis, juré : "Ni le ministre ni son fils n'ont demandé la moindre sanction" à l'encontre du douanier. Quelqu'un a donc dû faire un peu de zèle... Au fait ? Pourquoi le fonctionnaire n'a-t-il pas répondu à l'interphone ?... Selon ses dires, il s'est laissé absorber par la lecture d'un roman. Le dessinateur Cabu suggère "La Princesse de Clèves"... à moins qu'il ne s'agisse plutôt de "L'Etranger" ?... ...La Une du Canard Enchaîné s'orne cette semaine de ce titre : "Sarko et Albert Camus : 'J'ai pas pu lire 'L'Etranger', Besson l'a expulsé !'". (ND : "Alain Le Gouguec, je vous sens un peu dissipé : revenez donc à une actualité plus sérieuse, s'il vous plaît")... Vous voulez du lourd, en voilà. ...C'est dans Le Figaro Economie. "DSK : 'Il faut revoir notre modèle de croissance'". Dans l'entretien qu'il accorde au journal, le directeur général du Fonds monétaire international l'affirme : "Le contribuable ne paiera pas une deuxième fois pour le secteur financier". Dominique Strauss-Kahn déclare aussi qu'il "reste d'importantes pertes non dévoilées dans les banques... 50% sont peut-être encore cachées dans les bilans". Il ajoute : "Il n'y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques". Dans La Tribune, le directeur du FMI affiche encore une conviction : "Les citoyens n'accepteront plus de sauver le secteur financier en crise si cela se reproduit (...) La prochaine fois, la réaction du public sera beaucoup plus violente". DSK, DG du Fonds monétaire international... DSK, candidat supposé des socialistes à la Présidentielle de 2012. Il "entretient le mystère", nous dit Le Parisien qui cite François Hollande, persuadé que les proches de DSK sont partis pour "une course de lenteur". Les amis de Dominique Strauss-Kahn plaident en faveur d'une primaire organisée le plus tard possible en 2011 "afin de lui laisser tirer profit au maximum de son mandat au FMI, qui court jusqu'à fin 2012". C'est la Une de Libération : "Strauss-Kahn sur la voie royale ?". De passage en France, il se rappelle au bon souvenir du PS et "ménage le suspense pour 2012". Selon Libé, il joue "la stratégie du candidat incognito". Cela inspire à Laurent Joffrin ce commentaire : "Pour gagner, il faut descendre dans l'arène, déclarer sa flamme, accepter l'épreuve de la compétition (...) Il faut ensuite saisir l'événement. Or l'événement, c'est la faillite du tout-financier, l'exigence de renouveau, le besoin d'humanité dans une société trop cruelle et trop injuste". Joffrin ajoute : "La compétence ne suffira pas. Qui souhaite remplacer un manager compulsif par un manager pondéré ? Il faut un rêve réaliste, un enthousiasme en action". Il conclut : "Ce n'est pas exactement ce qu'on apprend au FMI". Quelques pages plus loin, Libération, dans sa rubrique "Séance Tenante", demande au sociétaire de la Comédie-Française Guillaume Gallienne (sur France Inter tous les samedis de 18 h à 19 h) de décrire "un rêve qui pourrait devenir un scénario". Réponse de l'interviewé : "En deux ans, un personnage malheureusement jusqu'ici inconnu, brillant, visionnaire et au-dessus des petites chapelles, apparaît enfin à gauche et gagne la Présidentielle de 2012". Sans transition, je vous livre la couverture du magazine VSD : "Patrick Sébastien. Il se lance en politique. 'Pourquoi je veux défier le pouvoir'". En pages intérieures, je vous rassure, l'artiste (certainement très sincère) déclare ne pas avoir envie d'être candidat. Il reconnaît humblement : "Je ne me sens pas compétent". (ND : "Et dans la presse du jour, Alain, vous en avez remarqué un qui semble se trouver compétent pour la Présidentielle de 2012 ?")... Prénom : Nicolas. ...Il s'est rendu hier en région parisienne pour parler de sécurité, de lutte contre les petits barons de la drogue, de triplement du nombre de caméras de vidéosurveillance... Mais on dirait que personne n'est dupe, dans les journaux, ce matin. - Le Parisien-Aujourd'hui en France : "Sarkozy lance la campagne". - France-Soir : "Sarkozy repart en campagne". - Libération : "Nicolas Sarkozy entre en campagne". - Le Figaro : "En banlieue, Sarkozy lance les Régionales. Le Président renoue avec ses thèmes de prédilection : immigration et sécurité". Incontestablement, il est repéré. Voici quelques phrases prises, ici et là, dans les éditos du jour : - Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace : "Voilà que réapparaissent les banlieues !". - Dans La Nouvelle République, sous la plume d'Hervé Cannet : "Le chef de l'Etat renoue avec les vieilles recettes". - D'Hervé Favre, dans La Voix du Nord : "Il s'expose aux rappels de ses promesses du passé, lorsqu'il parlait comme hier de faire des 'quartiers sensibles' des 'quartiers paisibles'". - Pour L'Alsace, Patrick Fluckiger constate que "à force d'être répétées, les promesses perdent de leur force (...) Il est à craindre que son déplacement ne soit qu'un coup de matraque dans le vide". - Francis Lachat, dans Le Courrier Picard, pointe "une politique délibérée qui, à l'évidence, ne donne aucun résultat mais sur laquelle il compte pour gagner encore les élections". ...Et là, Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, s'interroge : "Nicolas Sarkozy n'est-il pas en train de griller ses dernières cartouches, lui qui est en charge de ce dossier (la sécurité) depuis 2002 ?". Quant à Patrice Chabanet, pour Le Journal de la Haute-Marne, il rappelle simplement que "l'emploi demeure la préoccupation majeure des Français". Il ajoute : "A vouloir trop aspirer les voix de l'extrême-droite, le risque est grand de voir partir celles du centre. Or, c'est bien connu, en France, les élections se gagnent souvent au centre". (ND : "Quoi d'autre, Alain, dans cette revue de presse ?") ...Quoi d'autre ? - Une "journée sans immigrés" en préparation en France pour le 1er mars prochain, à l'initiative d'un collectif baptisé fort opportunément "La journée sans immigrés". Il s'agit d'organiser chez nous l'équivalent de ce que les Latinos avaient fait aux Etats-Unis il y a trois ans (les sans-papiers en provenance d'Amérique Latine avaient cessé le travail ; des secteurs entiers du pays s'étaient trouvés, de ce fait, complètement paralysés). Evidemment, le collectif avoue avoir reçu "une floppée de lettres" destinées à tourner ce mouvement en dérision. Les auteurs de ces lettres (anonymes, sans doute) regrettent déjà que la journée "sans immigrés" ne dure que 24 heures. C'est dans Libération. ...Quoi d'autre ? - Lu dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, cette question : "Le port du voile doit-il être interdit dans les tribunes de l'Assemblée Nationale ?"... Après l'apparition d'une lycéenne couverte d'un foulard au Palais Bourbon le 12 novembre, plusieurs députés UMP crient à la provocation. Ils rappellent qu'en 2000, alors que Laurent Fabius présidait l'Assemblée, un prêtre et une religieuse catholiques avaient été priés d'ôter respectivement leur croix et leur voile pour assister aux débats. ...Quoi d'autre ? - Libération, encore, et cette révélation annoncée comme "le plus important rebondissement de l'enquête sur les sabotages des lignes TGV", l'affaire dite "de Tarnac". Karl Laske nous apprend que la police aurait fait pression sur un témoin dont elle aurait antidaté le PV de l'audition, afin d'accabler Julien Coupat et ses amis. Détails complets dans Libé. ...Quoi d'autre ? - Je reviens, pour finir, à la Une du Canard Enchaîné qui paraît aujourd'hui. La rédaction de l'hebdomadaire s'est procuré un exemplaire des "Nouvelles", un petit journal de la Sarthe, exemplaire daté du jeudi 23 novembre 1989. On y voit le député-maire de Sablé François Fillon donner quelques coups de marteau symboliques sur le Mur de la honte, avec cette légende : "Il était à Berlin jeudi et vendredi derniers". Jeudi et vendredi derniers, ça veut dire les 16 et 17 novembre. Et c'est le 16 au soir qu'il y a a rencontré Nicolas Sarkozy. Pas le 9, comme il l'a prétendu récemment pour aller dans le sens de notre Président. Petit mensonge d'Etat. C'est pas joli-joli...

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