On commence par l’interview de François Hollande accordée àL’Express , et le parallèle fait entre l’actualité du moment, le terrorisme et le dérèglement climatique à quelques jours de l’ouverture de la conférence climat à Paris :

« C’est le même combat, affirme le chef de l’État, celui qui consiste d’une part, à protéger l’humanité des actions de mort que porte l’état islamique, d’autre part à préserver la planète de nos propres inconséquences, qui peuvent demain être des sources de conflits et de guerre. Le fanatisme qui tue aujourd’hui. Et l’indifférence qui consume notre planète. La France veut être à la tête de la plus large coalition pour la vie, ajoute François Hollande.

François Hollande qui prend la peine de rappeler qu’il existe dans le domaine de l’environnement une tradition française, de Giscard à Chirac en passant par Mitterrand, il cite même Nicolas Sarkozy et son Grenelle de l’environnement, une citation suffisamment rare pour être relevée ; mais pour parler au nom de la France affirme t il, il faut parler au nom de son histoire. Un président qui se veut optimiste à quelques jours de l’ouverture de la Cop21…même si on est encore loin du compte des engagements de chaque pays pour contenir le réchauffement à 2°, mais s’il y a une cause qui réclame du dévouement et du dépassement, professe le président à l’intention de tous les dirigeants du monde, c’est bien celle du climat

« Coalition pour la vie » défend donc François Hollande. En attendant celle qu’il essaie de mettre sur pied pour lutter contre le groupe État islamique rencontre bien des difficultés…

Après l’épisode d’hier du bombardier russe abattu par la Turquie, Bernard Guetta l’a évoqué il y a quelques instants, toute la presse s’inquiète ce matin, comme Les Échos par exemple, de ce « grave revers » pour la coalition, avant même qu’elle n’ait vraiment vu le jour. Jean Levallois dans la Presse de la Manche regrette une coalition « Tour de Babel », Philippe Gélie dans Le Figaro souligne « qu’avec de tels alliés, la France n’est pas au bout de ses peines » « Turquie et Russie sont indispensables, mais on ne fait pas pire ennemis, explique t il, irréconciliables sur le sort de Bachar el Assad et ambigus sur leur détermination à lutter contre l’Etat islamique ». Pascal Coquis dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace estime lui « qu’avec des adversaires de cette trempe-là, l’organisation de l’Etat islamique a décidément encore de beaux jours devant elle ». Bref, chacun appuyant les efforts de François Hollande, le « John Wayne des champs élysées » comme le surnommait le Guardian ce week-end, mais très largement sceptique sur ses chances de réussite

Dans la presse également ce matin, les premiers éléments concrets sur les futurs centres de dé-radicalisation qui vont ouvrir en France dès 2016

Vos quotidiens d’abord restent abasourdis par les dernières révélations sur l’attitude d’Abdelhamid Abbaoud, revenu le soir même des attentats sur les lieux, notamment aux abords du Bataclan, « Pourquoi ? s’interroge le Parisien, voulait il se repaitre du spectacle de ses crimes, portait-il une ceinture d’explosif pour viser la foule ? Mystère…mais signes en tout cas de son incroyable cynisme », de cet instinct de mort incompréhensible pour nous…Alors, pour éviter d’autres Abaoud, le gouvernement avait promis en janvier dernier, l’ouverture d’un centre de déradicalisation. La Croix a pu en consulter le programme. Le lieu reste à définir, mais le centre doit ouvrir fin mars. Centre fermé destiné à des jeunes de retour de syrie ou d’irak, ou à ceux qui ne sont pas encore partis, mais qui sont déjà endoctrinés. Tous devront être volontaires pour suivre un programme pédagogique de 10 mois. Avec plusieurs phases, centrées autour de modules de citoyenneté, d’insertion sociale, mais aussi et surtout prise en charge psychologique et individuelle, « notre cerveau n’est pas une machine qu’on peut déprogrammer »explique le psychanalyste Fehti Benslama, mais il faut accompagner chaque jeune qui le souhaite pour qu’il se reconstruise et trouve sa place dans la société ». Pas de religion au programme. Inutile d’entrer avec eux dans une confrontation religieuse. Depuis les attentats du 13 novembre, un autre type de structure est annoncée, elle serait destinée cette fois à accueillir des jeunes sous contrôle judiciaire, et fonctionnerait sur injonction d’un magistrat.

Pour ces jeunes qui partent en Syrie en tout cas, c’est souvent un voyage sans retour

Information du journal britannique The Telegraph qui raconte comment une jeune autrichienne de 17 ans, partie l’an dernier en Syrie convaincue d’aller servir Allah, aurait été tuée par le groupe Etat islamique, parce qu’elle voulait rentrer. L’organisation terroriste s’était servie d’elle pour sa propagande, on la voyait entièrement voilée brandissant une kalachnikov ; mais Sabra quelques mois plus tard, écrit à sa famille pour lui dire qu’elle n’en peut plus de l’extrême violence dans laquelle elle vit, qu’elle veut revenir à la maison. Plus de nouvelle, elle disparait..c’est une jeune tunisienne, qui était également partie comme volontaire mais qui s’est échappée depuis de Syrie, qui l’affirme aujourd’hui. Sabra, 17 ans, a été assassinée par ceux qu’elle était partie rejoindre

Et pendant ce temps-là chez nous, on se demande que faire des dépouilles des terroristes, ceux qui se sont fait exploser le 13 novembre comme ceux qui ont été tués à Saint denis. On apprend dans le Figaro que parmi les neuf terroristes morts, seuls deux seront certainement inhumés en France, parce qu’ils y habitaient. Mais les communes évidemment ne se précipitent pas pour les accueillir, même si la loi peut les y contraindre ; c’est ce qui s’était passé pour la ville de Paris avec Amedy Coulibaly en janvier dernier. Quoi qu’il en soit, toutes les sépultures sont anonymes afin de ne pas encourager un pèlerinage malsain.

On termine par deux icônes..

« La chute d’une icône » titre ce matin à sa Une le Havre presse avec la photo de Michel Platini pleine page. Le rapport d’enquête de la Fifa préconisant une radiation à vie du Français du monde du foot est vécu comme un véritable cataclysme. Aujourd’hui en France/le Parisien rapporte que les proches de Platini naviguent entre « stupéfaction et colère ». Parmi eux, Jacques Vendroux, notre Jacques Vendroux, patron des sports ici à Radiofrance et proche du triple ballon d’or depuis 40 ans, Jacques Vendroux furieux : c’est simplement dégueulasse peste t il. J’ai appelé Platini, il m’a dit avec humour « tu as de la chance de me parler. Normalement, je devrais être sur le bûcher »

Autre icône, eh oui, Jacques Chirac, qui fait lui la Une du nouveau magazine Jésus, qui ne s’intéresse pas à ce que vous croyez mais qui entend raconter la grande aventure de la nourriture… « Jacques Chirac, un ogre à l’Elysée ». Anecdotes en pagaille, Jean-Louis Debré raconte ses déjeuners gargantuesques avec Chirac, qui commande aujourd’hui encore pour le même repas, boudin noir, andouillette, tête de veau, escargots et un petit rhum blanc pour terminer, mais surtout on comprend que la Table, son amour de la table a été un outil de communication pour lui. « Oubliés le grand escogriffe ultra-nerveux, le candidat du bruit et de l’odeur, le maire père du système RPR de la mairie de paris. Avec son appétit de bon vivant et ses mots d’esprit rabelaisiens, Chirac est devenu tendance » écrit le journal. « Swag » disent même les jeunes aujourd’hui qui arborent des tee-shirts à son effigie. Manger pour être swag, vous savez ce qu’il vous reste à faire, François Fillon, avant les primaires !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.