Apaisé, serein, le dernier face à face Juppé/Fillon. Qui a gagné? Mme rocco siffredi jalouse, et bernard de la Villardière réac

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

C’était un face à face attendu…verdict de la presse ce matin sur le débat entre Alain Juppé et François Fillon

« Fermes mais courtois » juge L’Ardennais, « Viril mais correct » renchérit la Dépêche du Midi. Le Figaro se réjouit de « l’apaisement », sur Libération.fr, Terreur graphique résume le climat en croquant un Juppé qui susurre à Fillon « j’ai trop envie de te faire des bisous », derrière eux, tout le monde s’endort… »Débat en sous régime » lit on dans le Parisien

Dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, Pascal Coquis constate en effet « qu’après avoir joué les tontons flingueurs tout au long de la semaine, Alain Juppé avait rangé la sulfateuse hier soir », mais Michel KLEKOWICLI du Républicain Lorrain veut croire que « ce que le débat a perdu en peps, il l’a sans doute gagné en pédagogie. Car sérieux, carrés, documentés, l’un et l’autre le sont, la seule différence résidant dans le degré d’amertume de la potion qu’ils envisagent d’administrer aux Français »

Les deux hommes ont pourtant abordé ce débat de façon un peu différente, dans le style. Bruno Dive dans Sud ouest relève que qu’Alain Juppé a manié le tutoiement et donné du « François » à Fillon, quand ce dernier évitait jusqu’à son regard et parlait d’Alain Juppé… « on aurait dit Chirac/mitterrand en 88 rappelle t il, quoi de mieux pour imprimer subrepticement dans l’esprit du public que Fillon est déjà président et Juppé simple challenger »

A part ces différences de comportements, a-t-on appris quelque chose de nouveau des 2 hommes hier soir ?

Le débat a surtout permis d’acter les différences de dosage et d’intensité de leurs projets respectifs, « clash sur les 39 heures résume le Parisien, divergence sur la sécu, fillon plus directif et radical, Juppé plus rond, la russie, et mise au point sur l’IVG » Mais si sur ce sujet, François Fillon a qualifié d’absurde le procès qui lui a été fait, il a eu cette curieuse réplique « Je suis un homme, je ne suis pas une femme, donc ce n’est pas à moi de prendre une position personnelle sur cette question » Succès, enfin, surtout bronca garantie sur les réseaux sociaux où l’on rappelle que « souvent, un bébé ça se fait un deux, donc éventuellement cette décision peut aussi concerner les hommes ». «L’enfer est pavé de bonnes intentions » relève l’Express.fr. A noter par ailleurs, qu’au terme d’une « Surprenante semaine où l’on aura vu les cathos se retrouver au centre du débat politique », La Croix précise ce matin, qu’elle n’a pas l’intention de « décerner un brevet de catholicité à telle personne ou tel programme ». « Nous continuons à penser que sauf circonstances graves nous n’avons pas à apporter notre soutien à un candidat » précise Guillaume Goubert

Et puis, sur le fond encore…c’est Bruno Roger Petit sur Challenge.fr qui monte au créneau pour dénoncer « l’ultime trahison de l’héritage de philippe Séguin » par François Fillon. A l’appui, le discours de Philippe Séguin en 93 dénonçant le Munich social alors mené par le gouvernement balladur « nous retrouvons sur la question du chômage tous les éléments qui firent conjuguer en 1938 la déroute diplomatique » tonnait alors Séguin, qui « fustigeait le pari monstrueux des politiques qui se contentent de transformer l’emploi en variable d’ajustement des économies contemporaines ». Et bien, ce que Séguin reproche à Balladur en 93, il pourrait le jeter à la figure de Fillon en 2016 affirme Bruno Roger Petit, reprenant point par point son programme, qui se résume à l’arrivée par le sacrifice habituel pour la droite classique du salarié. C’est vrai qu’en 93, François Fillon était déjà le zélé ministre de Balladur. Il s’engagera à ses côtés pour la présidentielle. Bref, plus rien de Séguin depuis longtemps chez Fillon. Et encore moins dans sa vision de la France. Quand Fillon veut en faire un « réduit culturel pour blanc judeo chrétiens » l’accuse le journaliste, Séguin disait « La nation, ce n’est pas un clan, pas une race, pas une tribu » Circulez, y avait plus grand-chose de Séguin à voir hier soir

Après cet ultime débat, est-ce que la presse départage ce matin vainqueur et vaincu ce matin ?

Presse prudente, au cas où…au cas où elle serait encore démentie par une « surprise dimanche », Guillaume Tabard dans le Figaro nous la joue à la normande « le favori garde la main, le challenger ne baisse pas la garde ».

Isabelle roberts et Raphael Garrigos du site les jours.fr ont relevé eux tout à la fin du débat, lors de conclusion d’Alain Juppé, un petit geste qui en dit long : « quand de sa bouche, écrivent ils, « les mots « dimanche prochain, vous allez choisir qui de nous deux » sont sortis, de sa main, il a désigné François Fillon. C’est comme ça, le corps, c’est très bavard » concluent ils.Une façon de dire évidemment qu’Alain Juppé lui-même aurait déjà intériorisé sa défaite.

L’actualité ce matin hélène, c’est aussi la guerre

La guerre à Mossoul, formidable double page d’Adrien Jaulmes dans le Figaro, au cours duquel on suit pas à pas l’armée irakienne qui tente de reprendre maison après maison le contrôle de la ville. Les avancées se mesurent raconte t il, en centaines de mètres. La difficulté de reprendre pied dans ces quartiers où vivent encore des civils, où on ne peut faire confiance à personne « surtout pas aux enfants » « parce que les enfants ont été endoctrinés par Daech » dit un des habitant. Jaulmes décrit cette guerre étrange qui évoque à la fois « une version réelle et mortelle de jeux videos comme Call of Duty, et des combats de rue classiques, sporadiques et brutaux », guerre entre technologies modernes et dispositifs bricolés…Ces dispositifs bricolés, ce sont les quelques 200 voitures suicides déjà lancées depuis le début de la bataille, avec une armée de zombies, courageux jusqu’au suicide, sur laquelle s’appuie encore l’Etat islamique »

Et puis la guerre expliquée cette fois, à nos enfants, ceux qui ne la vivent pas mais qui s’interrogent. La presse jeune, J’aime Lire (bayard) s’invite dans l’actualité et publie pour les 7/10 ans « Les 3 étoiles », le récit de 3 copains d’école syriens qui fuient leur pays en guerre pour se réfugier en France, conte de Noel particulier mais super pédago…

Pour finir, quelques portraits que vous nous signalez dans la presse ce matin

Parfois, être « femme de » c’est pas simple, mais quand on est femme de..Rocco Siffredi, c’est carrément hard. A l’occasion du film Rocco, de Thierry demaizière et Alban teurlai qui sort en salles mercredi prochain, le magazine Elle dresse le portrait de Rozsa Siffredi, mariée depuis 22 ans avec le « maestro du sexe cru ». Leur rencontre, leurs premiers tournages en commun, leur bizness, leur famille. On y découvre une femme de tête, très mama avec ses enfants, romantique…et jalouse figurez-vous !, « c’est une chose de comprendre ce qu’est son métier, c’en est une autre de voir, d’accepter la situation ». 5000 partenaires quand même pour Rocco…Mais elle assure que ça va mieux, parce « quand les femmes voient partir leur mari le matin, elles se demandent ce qu’ils font dans la journée, Moi je sais » dit-elle.

Et puis je vous ai gardé le meilleur pour la fin, Bernard de la Villardière qui fait la Une de Society..« Enquête exclusive sur le présentateur réac ! « paraphrase évidemment de l’émission dudit Bernard. Sincèrement, on sent que Marc Beaugé s’est fait plaisir, mais faut avouer que le présentateur de M6 a tout fait pour ! Enchainant les phrases péremptoires sur les « bobos, cette idéologie multiculturaliste à la con », affirmant qu’il est à lui seul « un concept », fustigeant le mépris d’aujourd’hui pour la valeur travail, s’interrogeant sur le plan caché des dirigeants de l’islam en France, sans avoir franchement bossé la question. Mais il assume tout Bernard, il est comme ca. En plus il se dit que ça pourrait le mener loin, il rêve aujourd’hui d’être nommé ambassadeur au Liban. Une bonne façon finalement de prouver que c’est effectivement revenu super à la mode d’être réac.

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