Il ne faut jamais négliger les longs portraits que publie M, LE MAGAZINE DU MONDE : on y apprend toujours quelque chose.

Cette semaine, par exemple : un portrait de Clooney… George Clooney, l’acteur américain – acteur et réalisateur. On sait qu’il est beau, on sait qu’il est riche, on connait sa femme, très riche également, on connait ses enfants, et on sait que certains lui prêtent des ambitions politiques… Il penserait à la Maison Blanche, le matin en se rasant. Bref, sur lui, on a l’impression d’avoir déjà tout lu, et pourtant, sous la plume de Samuel Blumenfeld, c’est un autre homme que l’on découvre. Un homme de 56 ans qui se trouve aujourd’hui vieilli… Usé, dépassé.

Exemple : pour son dernier film, le sixième et le premier dans lequel il n’apparait pas, il a fait tourner Matt Damon, et en le regardant jouer, il n’a cessé de se dire « Il est meilleur que moi… Ce qu’il fait, je ne pourrai pas le faire… » C’est aussi ce qu’il pense d’ailleurs de l’acteur Daniel Day-Lewis : sa capacité de concentration l’épate, sa rigueur, son talent pour s’immerger dans les rôles, s’enfermer dans un monde… « Moi, dit-il, j’ai toujours des réflexes de cabot… » Et visiblement des complexes… Y compris sur son âge. « Je ne peux pas continuer à jouer les séducteurs, dit-il… Quand bien même le voudrais-je, soyons lucides : pour moi, c’est terminé… Il y a une date de péremption pour les comédiens, j’ai dépassé cette date limite. »

George Clooney serait donc fatigué. Fatigué de chercher à plaire… Mais il reconnaît néanmoins qu’il est l’une des incarnations du rêve américain, le rêve du « tout est possible »… Il a démarré en faisant du porte-à-porte pour vendre des assurances. Et à l’époque, il s’achetait des pantalons de costumes trop grands, pour pouvoir couper dans le tissu, et se confectionner une cravate… Et puis, la chance est arrivée : la télé, la série Urgences, et il est devenu une vedette. Une vedette, mais pas une star…« Newman était une star, moi je ne suis qu’une vedette », assure-t-il, en racontant que son père lui a fait comprendre que dans 80 ans, tout le monde l’aurait oublié…

Lucidité d’un homme, qui ne tait pas ses admirations : Damon, Day-Lewis et Newman, mais aussi Barack Obama, un grand ami avec lequel il a très souvent fait des parties de basket – soit chez lui, dans sa demeure sur les collines de Hollywood, soit dans l’ex-résidence de l’ancien président des Etats-Unis… Du basket à la Maison Blanche, mais Obama gagnait toujours… Et Clooney ne tarit pas d’éloge sur le prédécesseur de Trump… « Il est parvenu à accomplir un nombre considérable de mesures en un temps record et dans un climat délétère, en gardant son sens de l’humour… Moi, j’aurais été incapable de ça… Je ne possède pas ce courage, cette ténacité. Je ne suis pas cette étoffe. »

Lucidité, humilité… Voilà, dès lors, ce qu’on se dit. A moins, bien sûr, qu’il ne s’agisse de cabotinage.

Et le grand ami de Clooney, Barak Obama, viendra d’ailleurs la semaine prochaine à la Maison de la Radio !

L’info a été officialisée hier, par un communiqué de la direction de Maison. « Samedi 2 décembre, l’auditorium de Radio France accueillera Barack Obama pour une intervention exceptionnelle. » Suite du communiqué :« L’ancien Président des Etats-Unis est l’invité de marque du 7ème sommet des ‘Napoléons’, un réseau social consacré aux acteurs de l’innovation. » Honnêtement, quand on a lu ça sur nos ordinateurs, on s’est dit :« Quand même, c’est la classe ! Après la Maison Blanche, Obama à la Maison Ronde ! » Et puis, ensuite, on s’est demandé ce que c’était que ce réseau social ‘Les Napoléons’

Ce matin, c’est LIBERATION qui donne les explications… Enquête de Jérôme Lefilliâtre, qui précise, tout d’abord, que ‘Les Napoléons’, c’est une sorte de club, un cercle de pouvoir créé par deux communicants, qui mettent en relation, je cite, « des gens talentueux » et ce, à travers plusieurs grands événements chaque année… Cela dit, précisent-ils, « c’était aussi un lieu de business, et on l’assume totalement. » Business, vous avez dit business… Et LIBERATION nous apprend que la conférence a été financée en grande partie par Orange, dont le patron Stéphane Richard mène en ce moment campagne pour sa réélection à la tête du groupe de téléphonie... Obama à Paris, pour lui, c’est donc un très bon coup… Super publicité pour un patron qui espère conserver son poste ! Mais la dircom’ d’Orange évoque juste un « heureux hasard »… Très heureux hasard, en effet… Quant au montant de la facture – le prix pour la conférence d’Obama – selon le CANARD ENCHAINE, il s’élèverait à 400.000 euros… Une note qui, toujours selon l’hebdomadaire, aurait entièrement été réglée par…Orange.

Cela dit, le sujet du jour, c’est l’attentat d’hier en Egypte. Et il est évident que s’il avait eu lieu en France, il aurait fait la Une de toute la presse ce matin… Il est évident que s’il avait eu lieu à Londres, à Madrid, à Bruxelles, à Rome ou à Berlin, toute la presse n’aurait parlé que de cela. Mais c’est donc en Egypte qu’il s’est produit, et l’on connaît la règle, la terrible règle du mort kilométrique : plus c’est loin de chez nous, moins on s’y intéresse… ou plutôt, moins on considère que cela peut intéresser… Mais ne soyons pas injustes : le sujet est traité, même largement traité, et ce sont deux mots qui reviennent :carnage et massacre… 

Au moins 235 personnes ont donc été tuées hier dans une mosquée de la région du Nord-Sinaï. Une attaque qui a fait aussi plus d’une centaine de blessées. Des hommes armés ont encerclé la mosquée, ils ont fait exploser une bombe, avant de mitrailler les fidèles qui tentaient de s’échapper… « Carnage en Egypte », titre à sa Une LE PARISIEN – ce qui donne, en pages intérieures : « massacre à la mosquée »« Massacre dans le Sinaï », titre à sa Une LIBERATION – ce qui donne, en pages intérieures : « carnage sans précédent »… Sans précédent car pour la première fois, c’est la communauté sunnite qui est frappée, une communauté à laquelle appartiennent la quasi-totalité des musulmans égyptiens… Et, pour le quotidien, cela témoigne de la volonté des terroristes d’ouvrir un nouveau front dans le pays…

« Leurs actes sont aveugles, note pour sa part Christophe Bonnefoy dans LE JOURNAL DE LA HAUTE MARNE…La sauvagerie dont ils font preuve n’est pas sélective, sans distinction de religion ni d’origine : est leur ennemi quiconque n’est pas de leur avis. » Le constat de l’éditorialiste, c’est que « la guerre aux terroristes est loin d’être finie »

« On le savait déjà, dit-il, mais cet attentat perpétré dans le Sinaï nous le rappelle avec force. » Mais, dans SUD OUEST, Yves Harté précise néanmoins que la mosquée visée était fréquentée par des adeptes du soufisme, « le soufisme, un courant mystique que l’obscurantisme des djihadistes ne saurait tolérer… Le soufisme, c’est un Islam qui appelle à l’élévation spirituelle, la recherche du beau et du vrai, ce qu’abhorrent l’intolérance et la folie tyrannique des intégristes. » A ses yeux, ce sont donc des sunnites qui s’en pris à d’autres sunnites, car ils considèrent comme impie leur façon de pratiquer…

Et ce n’est donc pas l’Occident, mais « à l’humanité entière » qu’ils ont déclaré la guerre, se désole Pascal Coquis dans LES DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE… Même point de vue chez Jean Levallois de LA PRESSE DE LA MANCHE : « Tous ces morts et tous ces blessés sont nos sœurs et nos frères en humanité », écrit-il, ajoutant que « ce n’est pas parce que l’horreur est plus lointaine qu’elle est moins horrible ». Au moins 235 morts et plus d’une centaine de blessés… Ce sont nos sœurs, ce sont nos frères, et non, ils n’habitent pas si loin.

Autre grand sujet : la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes… En France, les violences conjugales concernent 223.000 femmes, et plus d’une centaine meurent chaque année « sous les coups de leur conjoint », comme le dit l’expression. Mais trop rares sont celles qui osent parler… « Femmes battues : porter plainte protège », lance, du coup, L’UNION…« Violences et harcèlement : Basta ! », s’emporte NICE-MATIN… Un plan sera présenté ce samedi par Emmanuel Macron, et l’un des axes de ce plan, ce sera la lutte contre la pornographie – ou plutôt, la lutte contre l’exposition des enfants à la violence de la pornographie. C’est le sujet à la Une du FIGARO : voir dès le plus jeune âge des femmes humiliées sexuellement sur Internet, ça n’aide pas à les respecter lorsque l’on grandit.

Enfin, une petite promo à lire dans LA CROIX… Pour souffler les trente bougies de l’émission « L’as-tu lu, mon p’tit loup ? », l’une des trois plus anciennes émissions de France Inter (après « Le Jeu des 1.000 euros » et « Le masque et la plume »), Denis Cheissoux s’installe ce samedi dans le Studio 105 de la Maison de la Radio, pour deux heures de joyeuses discussions et de lectures, en compagnie d’écrivains, d’éditeurs jeunesse et de voix de notre radio… « Il existe des bouquins extraordinaires pour les gamins, et avant on n’en parlait pas, se souvient l’ami Cheissoux. Il fallait rompre avec l’idée que le livre pour enfant peut supporter la médiocrité. Il s’adresse à un petit être social qui a des envies culturelles, et non à un remplisseur de caddies. » Puis il conclue : « Pour bien grandir, il faut de la soupe… et des livres ! » Venez donc voir et écouter Denis Cheissoux tout à l’heure : c’est au moins aussi bien, si ce n’est mieux que George Clooney… ou Barack Obama !

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